Chanson française

Tété se dévoile
Nouvel album, Nu là-bas

© D. Costeresize
Tété
25/02/2013 -

Le troubadour de la chanson française offre un cinquième album, Nu là-bas, et une grande tournée hexagonale pour défendre ce nouvel opus annoncé depuis juillet dernier sur les réseaux sociaux. Tété propose cette fois des titres plus personnels et définitivement plus blues.

 

La bande son de ta vie
Tété
Nu là-bas
(Cinq 7)
2013

Quinze ans après avoir débuté timidement sa carrière dans des bars parisiens, il a aujourd’hui à son compteur plus de 1 000 concerts à travers le monde, et un demi-million d’albums vendus. Tété revient avec une collaboration avec le producteur renommé Julien Delfaud. Ce nouvel opus est un recueil de treize titres, accompagné de sa guitare et de sa voix toujours aussi suave et expressive. Il livre des rythmes pop-folk teintés de blues, avec parfois des sonorités rétro. "Petit, j’écoutais avec mes grands-parents antillais du blues de la Jamaïque qui est un mélange d’influences, dont celle des radios américaines des années 1950."

La vie des autres
 
Né au Sénégal, d’un père sénégalais et guinéen, et d’une mère antillaise de la caraïbe francophone et anglophone, Tété est un citoyen du monde. Son enfance il l’a passe à Saint-Dizier, en Champagne Ardenne. "Je ne serai pas le même si je n’avais pas grandi dans une petite ville. J’ai appris la notion du vivre ensemble sur les bancs de l’école où le fils d’ouvrier était dans la même classe que le patron de l’usine locale", confie Tété.
 

Son expérience télévisuelle Tété ou Dédé, commencée en 2008 avec le pianiste-compositeur André Manoukian, une émission autour du voyage et de la musique sur France 5, ne l’a pas non plus laissé indifférent : "Quand on est artiste on a un rapport hyper égocentrique, on arrive en interview, on sait qu’on va parler de son parcours, de ses chansons. On peut avoir toutes les bonnes intentions du monde mais il arrive qu’on ne soit pas dans le partage. Les rencontres avec les citoyens, avec d’autres cultures, m’ont fait prendre conscience de l’importance de l’humilité et de l’écoute pour comprendre les conditions de vie de ceux qui m’ont ouvert leur porte" avoue-t-il.
 
De ces rencontres est née l’envie de faire Nu là-bas, un album "ADN", un terme pour parler de l'empreinte des autres sur nos vies, mais aussi pour quitter son personnage un peu trop flou. Dans le titre De l’autre côté du bonheur, Tété confie qu’il n’a plus peur du vide, car ses angoisses le poussaient à tout faire par lui même. "Ma hantise était de perdre mon contrat, car je ne savais pas ce que je pouvais faire d’autre de ma vie. J’ai passé mon temps à me protéger et à tout faire tout seul, mes vidéos, ma musique. C’est au bout de dix ans que j’ai enfin lâché prise", avoue t-il le regard rieur, avant d’ajouter : "Quand je pense à mon arrière grand-mère couturière qui a élevé seule mon grand-père en Martinique, et que je me lève le matin avec comme seul problème la contrainte de finir une rime pour achever une chanson, je réalise combien j’ai de la chance."
 
Journal intime

Chacun des albums de Tété répond à une démarche sincère et correspond à une étape de sa vie. L’air de rien, sorti en 2001, a été enregistré à une époque où l’enfant de Saint-Dizier voulait se faire remarquer, notamment par la gent féminine. "J’avais envie de dire : Trouvez-moi intéressant, je sais jongler, je fais des claquettes, des blagues, regardez-moi", explique Tété avec le sourire. A la faveur de l’automne, sorti en 2003, évoquait une histoire d’amour déçue, avec un esthétisme soigné voguant du rock au folk en passant par le hip-hop et la variété française. Cet album est celui qui l’avait propulsé et fait connaître au public.
 
Dans Nu là-bas, Tété se livre vraiment et aborde les zones les plus sensibles de sa vie. Revenir sur ses racines, rendre hommage à ceux qu'il aime, Tété le fait dans cet album en pointant aussi du doigt un malaise qui touche de nombreux enfants, nés de parents aux origines différentes. Dans Ritournelle, il parle de "sénégaulois", et s’interroge la prononciation "je t’aime" ou "je suis fier de toi", des mots dont il aurait aimé connaître la traduction dans la langue de son père. Le Sénégal de son enfance, il en garde un souvenir douloureux car il ne parlait pas wolof, un frein à l’intégration au sein de ses proches. Comment te dire est un hommage touchant à sa maman, car le soleil qui brille en lui est celui qu’elle lui a légué.
 
Ce cinquième album, qui oscille entre mélodies douces et entraînantes, est parfaitement réussi. Les titres défilent à la façon d'un journal intime musical et nous rapprochent un peu plus de Tété.
 
Tété, Nu là-bas (Cinq7 / Wagram) 2013
En tournée dans toute la France à partir du 1er mars 2013 et au Trianon à Paris le 19 mars.
Site officiel

 

 

Par Ekia Badou
TAGS : Chanson - France - album - Tété
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