Musique du monde

Fanfaraï, toujours en mode festif
Nouvel album, Tani

11/06/2013 -

Sur scène lors des concerts ou dans la rue à l’occasion de déambulations, le groupe Fanfaraï fait donner cuivres et vents sur des airs populaires de la musique algérienne, marocaine voire même turque, en les réarrangeant à sa mode énergique. Avec son deu- xième album Tani, la troupe prolonge la visite dans le passé réactualisé, tout en commençant à présenter ses propres morceaux.

Un bateau, ou plutôt une embarcation un peu surchargée, naviguant sur des flots bleus qu’on imagine méditerranéens, avec la terre qui se dessine à l’horizon : à première vue, l’illustration sur la pochette du CD de Tani se lit comme un clin d’œil aux candidats à l’immigration clandestine qui risquent leur vie en traversant la mer entre l’Afrique et l’Europe.

Raba El Haraba
Fanfaraï
Tani
(Tour'n'sol prod / rue Stendhal)
2013

En y regardant de plus près, il y a une seconde lecture : les passagers, réunis sous le pavillon de Fanfaraï, font en fait le trajet dans l’autre sens, de Marseille à Oran, et dans une ambiance festive. Comprendre : ces musiciens-là se pensent sur les deux rives de la Grande Bleue, avec des "Nordistes" et des "Sudistes", comme ils aiment à le dire. Et l’actualité de Fanraraï en témoigne, car au cours des dernières semaines, la joyeuse troupe s’est aussi bien produite au Festival Mawazine, au Maroc, que dans le cadre de la Coupe du monde des fanfares, à Dole, dans le Jura français.
 
Deux ans après un premier disque qui lui a servi de carte de visite, mais sans être complètement représentatif, le groupe fondé en 2005 par le percussionniste Samir Inal s’est remis à l’ouvrage. Avec cette fois, l’ambition de restituer le mieux possible l’énergie que dégage ce brass band quand il est sur scène.
 

Membres de Fanfaraï

Pour ce faire, il a fallu trouver la bonne méthode en studio, faire jouer celui-ci avec celui-là sur une même prise, pour garder l’esprit live. Sur le fond, l’idée de cette fanfare qui s’est étiqueté "raï cuivrée" reste essentiellement d’explorer "les rythmes traditionnels classiques et populaires algériens ou marocains en les épiçant subtilement d’influences latines, afro-cubaines, tsiganes et jazz", lit-on dans le livret de l’album.
 
Avec même une pointe de reggae, sur Raba El Haraba, empruntée à Boutaïba Sghir, l’un des pères du raï moderne – que Khaled avait d’ailleurs invité pour sa série de concerts baptisée Café d’Oran en 2010. On y trouve donc une reprise du chanteur kabyle Idir (Zwit Rwit), ou encore une nouvelle version d’Achdhah a taous du faiseur de chansons Ammar Azouz, devenu l’un des titres forts du répertoire que joue Fanfaraï.
 

 
 
Et logiquement, à force de s’approprier les œuvres d’autres artistes, le groupe franco-maghrébin a trouvé la formule pour développer dans le même schéma quelques-unes de ses propres compositions qui figurent sur le disque. Une façon aussi de s’affirmer et de prendre une forme d’indépendance sur le plan artistique.
 

 
 
Fanfaraï Tani (Tour'n'sol prod / rue Stendhal) 2013
Site officiel
En concert le 15 juin à Toulouse (31) et en tournée dans toute la France

Fanfaraï est un Talent édition RFI

 
 
Réagissez à cet article
Commentez cette article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer