Annie Cordy

Né(e) : 16/6 /1928 à Laeken (Belgique)
Pays : Belgique
Langue : Français
Qualité : Chanteuse
Genre musical : Chanson

Non, Annie Cordy n'est pas seulement la rigolote qui fit chanter toute la France avec ses mémorables tubes dont "la Bonne du curé" ou " Tata Yoyo" ! Outre une incroyable artiste de scène à l'énergie inépuisable, Annie Cordy est une comédienne hors pair qui a maintes fois prouvé la diversité de ses talents. Autant à l'aise dans la comédie la plus délurée que dans le drame, cette artiste continue de mener sa carrière tambour battant en dépit d'une image un rien désuète.

Non, Annie Cordy n'est pas seulement la rigolote qui fit chanter toute la France avec ses mémorables tubes dont "la Bonne du curé" ou " Tata Yoyo" ! Outre une incroyable artiste de scène à l'énergie inépuisable, Annie Cordy est une comédienne hors pair qui a maintes fois prouvé la diversité de ses talents. Autant à l'aise dans la comédie la plus délurée que dans le drame, cette artiste continue de mener sa carrière tambour battant en dépit d'une image un rien désuète.

C'est en Belgique, à Laeken, que naît Léonie Cooreman le 16 juin 1928. Son enfance se déroule au rythme des cours de danse et de piano. Mais, c'est surtout le chant qui passionne l'adolescente. Dès qu'elle le peut, elle s'inscrit à de nombreux concours qu'elle remporte très souvent. C'est ainsi qu'elle remporte un Grand Prix de la Chanson en 1944 à l'âge de 16 ans.  

De Bruxelles à Paris

Elle se lance dans la voie du spectacle avec une énergie qui ne la quittera jamais. Dès ses 18 ans, elle est meneuse de revue à Bruxelles C'est là que la repère Pierre-Louis Guérin, patron du plus grand cabaret parisien, le Lido. Installée à Paris, elle ne tarde guère à s'y faire un nom. C'est justement à cette époque que son premier pseudonyme, Annie Cory devient Annie Cordy. De plus, c'est au Lido qu'elle fait la connaissance de Henri Bruneau, dit Bruno, célèbre agent parisien, qui devient son mari, son agent et celui qui va faire d'elle une vedette.

Entre 1951 et 1952, Annie Cordy mène de nombreuses revues sur les scènes du Lido, mais aussi de l'ABC et du Moulin Rouge. En 1952, elle accompagne le Tour de France cycliste, fameuse manifestation populaire qui, à cette époque, rassemble autant de vedettes que de sportifs. C'est une consécration pour la chanteuse qui obtient le Prix Maurice Chevalier à Deauville. On célèbre déjà ses nombreux talents de chanteuse, meneuse de revue et surtout fantaisiste.

Mais 1952 marque surtout son entrée dans le monde de l'opérette, sorte de comédie musicale populaire et ensoleillée, très en vogue et largement appréciée par le public. C'est aux côtés de deux stars du genre qu'elle fait ses débuts, Bourvil et Georges Guétary, dans l'opérette "la Route fleurie" de Francis Lopez et Raymond Vinci. C'est un énorme succès et le spectacle reste à l'affiche de l'ABC pendant trois ans. Parallèlement, Annie Cordy entame une carrière de chanteuse en solo. Ses premiers titres sont autant de réussites ("la Petite Marie", "Les Trois bandits de Napoli", "Léon").

Les revues, l'opérette, la chanson, ce n'est pas encore assez pour la jeune femme qui en 1953 se lance aussi dans le cinéma. C'est sous la direction du célèbre auteur dramatique Sacha Guitry qu'elle joue son premier rôle dans "Si Versailles m'était conté". Véritable super production dans le cinéma français de l'époque, ce film réunit alors le gratin des comédiens français.

Triomphe populaire

Désormais, Annie Cordy se partage en permanence entre ses nombreuses carrières. Très professionnelle, elle mène de front plusieurs engagements avec une énergie qui lui garantie une réussite exemplaire. La France est devenue son pays d'accueil et sa popularité y est déjà très solide. Son entrain et sa bonne humeur constante font d'elle une artiste très aimée du public.

Suite au tournage de "Si Versailles m'était conté", elle entame une longue tournée internationale en Afrique du Nord et en Amérique du Nord. En 1954, elle monte pour la première fois sur la prestigieuse scène de l'Olympia à Paris mais pour assurer la première partie du chanteur d'origine américaine, Eddie Constantine. En revanche l'année suivante, c'est en vedette qu'elle y chante. En 55, on la voit aussi aux côtés d'Henri Salvador dans le film chantant "Bonjour Sourire". Enfin toujours en 55, Annie Cordy prouve qu'elle n'est pas qu'une chanteuse fantaisiste. Elle obtient le Prix de l'Académie Charles-Cros pour son interprétation de "Oh Bessie", titre plus grave en hommage à la chanteuse de jazz Bessie Smith.

Dès 1956, on retrouve Annie Cordy à l'affiche de la version filmée d'une célèbre opérette, "le Chanteur de Mexico". Elle y retrouve Bourvil, mais le héros est interprété par Luis Mariano surnommé "Le Prince de l'opérette" et véritable superstar du genre. La même année, Annie Cordy est la vedette du spectacle organisé à l'occasion du mariage entre Grace Kelly et le Prince Rainier de Monaco. Cet engagement lui vaut un contrat aux Etats-Unis. On la voit à Rio et à New York.

En 1957, elle joue avec Jean Richard dans l'opérette "Tête de linotte" qui reste à l'affiche jusqu'en 1960. Parallèlement, elle enchaîne film sur film : "Tabarin" et "Cigarette, Whisky et P'tites pépées" en 1958, "Tête folle" en 59.  

Activité incessante

Annie Cordy entame les années 60 avec une série de récitals au Canada. En octobre 1960, elle fait sa grande rentrée parisienne sur la scène de Bobino. Son spectacle y bat tous les records de recette jusque-là détenus par Yves Montand.

Elle retrouve Luis Mariano en 1961 pour l'opérette "Visa pour l'amour". Ensemble, ils assurent le triomphe du spectacle jusqu'en juin 1964 ! Dès octobre 64, Annie Cordy retrouve Bobino pour une rentrée parisienne. Maurice Chevalier, emballé par son énergie, lui conseille de monter un spectacle dans lequel pourraient s'épanouir tous ses talents de comédienne, de chanteuse et d'artiste de scène. En février 65, Annie Cordy présente donc aux Parisiens "show" où chaque chanson donne lieu à une mise en scène, à des ballets et des costumes : "Annie Cordy en deux actes et 32 tableaux".

En octobre 65, c'est Bourvil que Annie Cordy retrouve dans la comédie musicale "Ouah Ouah". Ils la jouent à l'Alhambra jusqu'en avril 66. Les représentations de la comédie musicale sont à peine terminées, qu'elle enchaîne sur une tournée internationale qui la mène de Berlin à Madrid en passant par Moscou. Puis, de retour en France pour l'été, elle sillonne le pays pour une série de galas de 100 jours. La station de radio Europe 1 lui met à cette occasion une caravane à disposition et parraine la tournée.

En octobre 1967, nouvelle comédie musicale à Paris avec Darry Cowl, "Pic et Pioche". Puis un an plus tard, on la retrouve sur la scène de Bobino pour un spectacle qui donne cette fois lieu à un disque, "Annie Cordy, Bobino 68".

Pendant toutes ces années, Annie Cordy ne cesse de tourner des films, de chanter et d'enregistrer des titres qui se transforment souvent en succès commercial. Elle est si occupée, qu'elle doit même refuser certains contrats dont une série de concerts au Canada.  

Comédienne dramatique

Star de la fantaisie et de la bonne humeur, Annie Cordy démontre en cette fin des années 60 une facette inédite de son talent de comédienne. En 1969, le metteur en scène René Clément lui confie le rôle de la mère de Marlène Jobert dans "le Passager de la pluie" avec aussi Charles Bronson. Le public découvre une Annie Cordy dramatique et poignante, très loin de la charmante rigolote qui fait courir les foules depuis plus de 15 ans.

Si sa carrière de fantaisiste est la plus en avant, cette première expérience est renouvelée dès 1970. Cette année-là, Annie Cordy se retrouve sur la même affiche que deux géants du cinéma français, Simone Signoret et Jean Gabin, dans "le Chat" de Pierre Granier-Deferre. Mais parallèlement, elle est sur la scène du théâtre Européen pour une pièce comique avec Pierre Doris, "Indien vaut mieux que deux tu l'auras".

1972 est une grande année pour l'artiste belge puisqu'elle crée un des plus célèbres personnages de sa carrière. Le 3 mars, a lieu la toute première représentation de "Hello Dolly", adaptation française de la comédie musicale avec Barbra Streisand. Après une tournée en province, les représentations parisiennes démarrent le 28 septembre à Paris au théâtre Mogador. C'est un énorme triomphe. La chanson titre demeure un des tubes de son répertoire. Quant à son interprétation, elle est récompensée du prix Triomphe de la Comédie Musicale. Après quelques tournages, la tournée reprend jusqu'en avril 74. 

Divertissement de rigueur

Dans les années 70, Annie Cordy aligne les tubes. Son image est définitivement celle d'une Annie Cordy amuseur public. A presque 50 ans, la chanteuse n'hésite pas à se déguiser et à chanter des chansons qui ont pour seul but de divertir. Son énergie semble décupler avec l'âge et son succès est au beau fixe. Fin 1974, sort le titre "la Bonne du curée" qui va se vendre à 1 million d'exemplaires et entrer dans les annales de la chanson française. Toute la France connaît cet air qui remporte un vif triomphe auprès des enfants, comme nombreux des titres de l'artiste à cette époque.

Début 76, Annie Cordy retrouve l'Olympia pour quatre semaines de récitals. Elle en profite pour fêter les vingt ans de son premier concert en vedette sur cette scène. Puis, après un été de répétitions, elle attaque en octobre une nouvelle comédie musicale, "Nini la Chance". Cette histoire d'une infirmière française aux Etats-Unis qui rentre au pays après la Deuxième Guerre mondiale remporte un vif succès. Entourée d'une équipe de chanteurs, de comédiens et de danseurs, Annie Cordy prouve une nouvelle fois de quel incroyable entrain elle est capable. La performance est d'autant plus remarquable que sort au même moment un film belge, "Rue Haute", dans lequel Annie Cordy joue un personnage de tragédie à l'opposé de Nini. Elle y est méconnaissable et vieillie.  

Adieux ?…

En 1979, Annie Cordy passe quatre mois sur la scène de l'Olympia. Du 26 avril au 1er septembre, l'artiste réussit l'exploit de remplir la salle durant tout l'été, à une époque où Paris est déserté. Cette série de récitals est annoncée dans la presse comme les adieux de la chanteuse. Annie Cordy souhaite à cette époque aller plus loin dan son travail de comédienne.

Cependant après une tournée à travers la francophonie, elle reprend son rôle dans "Nini la Chance" et enregistre un nouvel album. Ses adieux se révèlent très vite être une fausse alerte. Les projets d'Annie Cordy sont légion et elle ne prend guère le temps de se reposer.

En 1980, année d'un autre de ses plus gros tubes, "Tata YoYo", elle tourne tout l'été dans les villes balnéaires françaises. Puis après de brèves vacances, retrouve la route en septembre. On la voit dans des shows de télévision où elle interprète Tchekhov et Claudel, puis elle reprend le rôle de "Madame Sans-Gêne", grand classique des rôles comiques féminins du théâtre français. Enfin, elle entame le tournage d'une série télévisée, "Madame SOS", dans laquelle elle interprète une milliardaire au grand cœur.

En 81, le Maire de Paris, Jacques Chirac, lui remet la Médaille de la Ville de Paris.

Elle dément définitivement ses adieux en 82 en retrouvant la scène de l'Olympia. L'année suivante, nouvelle expérience dans la comédie musicale avec "En avant la musique" qu'elle mène d'une main de maître à partir de janvier au théâtre de la Porte Saint-Martin. 

Le spectacle continue

Fin décembre 84, Annie Cordy présente aux Parisiens un nouveau show, "Annie Cordy en liberté". Du 24 décembre au 5 janvier 85, elle passe le nouvel an sur la scène de l'Olympia. Quelques mois plus tard, sort l'album "Cho Ka Ka O" dont la chanson titre est encore un triomphe commercial. Sur cet album, on trouve des titres signés de jeunes chanteurs, Romain Didier et François Valéry.

Retour au théâtre en 86 dans une pièce de Pierre Rey, "La mienne s'appelait Régine" avec Pierre Dux. Puis dès le 3 janvier 87, elle reprend le rôle de Madame Sans-Gêne au théâtre du Gymnase.

Annie Cordy est à cette époque moins présente dans les médias. Mais, en dépit d'un répertoire loin de la mode, ses spectacles accueillent toujours un public très fidèle. Sa vitalité et sa gentillesse font d'elle une artiste très respectée par la profession. Lorsque son mari décède le 9 février 89, Annie Cordy n'annule aucun engagement.

En 1989, elle apparaît dans une série télévisée qui remporte un fort succès, "Orages d'été", et dans lequel elle compose aussi un rôle dramatique. Avec les années 90, c'est surtout à la télévision qu'on la voit. Elle enregistre moins et fait peu de tournées. En 1992, paraît le disque "Oh là là, quelle soirée !" qui renferme des titres inédits et de nombreuses reprises.

En 94, sort une compilation d'anciens titres réorchestrés et une compilation de ses plus grands duos. Elle apparaît aussi dans "la Vengeance d'une blonde" avec Christian Clavier, et remonte sur scène à Bruxelles pour la pièce "Six heures au plus tard".

C'est aux côtés d'un grand nom de la chanson, Charles Aznavour, qu'Annie Cordy tourne dans un autre téléfilm en 1995. Tous les deux, vedettes de la chanson et excellents comédiens, se retrouvent dans "Baldipata". Aux antipodes de sa personnalité, Annie Cordy y interprète une femme discrète et passive.

Peu de nouvelles de l'artiste avant 1998. Mais quelles nouvelles ! Cette année-là, Annie Cordy, qui vient de fêter ses 70 ans, sort une autobiographie, une compilation de ses meilleurs titres et une nouvelle version de "Hello Dolly". Mais 98 marque surtout ses 50 ans de music-hall. Treize ans après son dernier Olympia, elle retrouve la salle en septembre pour un double anniversaire. Elle y est entourée de sept musiciens dont plusieurs transfuges de l'orchestre du Spendid. Une tournée s'ensuit puis Annie retrouve les plateaux de télévision.

Au cours de l'été 2000, la chanteuse retrouve le théâtre grâce à une pièce inspirée de Shakespeare, "Les Joyeuses commères de Windsor". Elle la joue d'abord lors d'une croisière théâtrale puis en tournée dans divers festivals d'été.

De bonne du curé à baronne de Belgique

En 2003, l'actualité est chargée pour Annie Cordy. Après les planches, ce sont les studios de cinéma qu' elle retrouve. Elle participe au long-métrage "Madame Edouard" de Nadine Monfils dans lequel elle partage l'affiche avec Michel Blanc et Josiane Balasko.

N'oubliant pas son rôle de "super mamie", la chanteuse fait aussi profiter les plus jeunes amateurs de septième art de sa voix gouailleuse. En effet, l'artiste la plus pétillante du royaume de Belgique "double" le personnage nommé Nanaka dans la superproduction Disney de l'hiver 2003 "Frères des ours". 

Cette année-là, Annie Cordy débute également un nouveau récital intitulé "Que du bonheur !". A travers la France, la Belgique et la Suisse, elle présente ainsi ses plus grands succès dans un show où plumes, strass et paillettes sont de rigueur. 

Avec un tel succès depuis tant d'années, il est logique que la chanteuse soit récompensée. C'est chose faite le six juillet 2004, Albert II, roi des Belges nomme Annie Cordy au titre honorifique de Baronne de Belgique. 

Que l'on apprécie ou non son parcours de fantaisiste à toute épreuve, la carrière d'Annie Cordy est exceptionnelle. A la tête de 500 titres enregistrés, de 4000 galas à travers le monde, d'une dizaine d'opérettes et de comédies musicales, de rôles à la télévision, au cinéma et au théâtre, Annie Cordy est indéniablement une artiste aux talents multiples. 

Annie Cordy s'embarque ensuite dans différents projets pour le théâtre, la télévision, voire le cinéma ("Lily et Lily", "Disco"…). En 2008, elle apparaît dans la tournée "Age tendre et têtes de bois", spectacle qui réunit des "idoles" de la chanson française comme Herbert Leonard, Patrick Juvet ou encore Marcel Amont. En 2009, elle donne 70 représentations de la pièce "Laissez-moi sortir", dans laquelle elle incarne une star de télé qui fête ses soixante ans de carrière, au moment où elle-même souffle ses 60 bougies d'artiste multi-facettes. De septembre à novembre 2010, elle joue sur la scène du théâtre Daunou, à Paris.
 
En novembre 2010 sort un coffret de ses chansons enregistrées entre 1948 et 1969, le premier du genre. En 2011, elle fait à nouveau partie du casting de la tournée "Age tendre et têtes de bois" avec entre autre, Demis Roussos, Julie Pietri et Michel Delpech.
 
Juin 2011 

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