Catherine Lara

Né(e) : 29/5 /1945 à Poissy (France)
Pays : France
Langue : Français
Qualité : Auteur / Chanteuse / Compositeur
Genre musical : Chanson

Depuis les années 70, Catherine Lara est une figure importante de la chanson française féminine. Issue du classique, elle se tourne vers un répertoire aux contours électriques et développe une carrière qui mêle tubes et échecs. Chanteuse au tempérament persévérant et passionné, Lara est une artiste qui cultive la franchise et l'humanité.

Depuis les années 70, Catherine Lara est une figure importante de la chanson française féminine. Issue du classique, elle se tourne vers un répertoire aux contours électriques et développe une carrière qui mêle tubes et échecs. Chanteuse au tempérament persévérant et passionné, Lara est une artiste qui cultive la franchise et l'humanité.

Catherine Lara nait Catherine Baudet le 29 mai 1945 à Poissy, dans la banlieue parisienne. Son père Fred est médecin, et à l'occasion, violoniste amateur. Sa maman, dite Mado, élève ses quatre enfants, deux garçons et deux filles. L'ambiance est très joyeuse à la maison où on écoute beaucoup de musique. Catherine se met au violon à 11 ans et entre au conservatoire de Versailles dont elle ressort deux ans plus tard avec un premier prix. Parallèlement, elle étudie la trompette et fait de la danse.

Femme violon

Son succès au conservatoire la mène directement au Conservatoire National de Paris à partir de 1958. Elève douée mais un peu rebelle, elle se fait déjà remarquer par un tempérament artistique enthousiaste et curieux, à tel point que l'univers du classique lui semble parfois trop sévère et trop étroit pour assouvir sa soif de découvertes musicales. Ses prestations scéniques en tant qu'élève sont fantaisistes et exubérantes. Ceci ne l'empêche pas de décrocher le deuxième prix de violon en 1965 et l'année suivante, le premier prix de musique de chambre.

Tout semble aiguiller la jeune fille vers une carrière classique. Elle intègre la formation des Musiciens de Paris avec laquelle elle donne de nombreux concerts pendant plusieurs années. En 1968, la Fondation de la vocation lui décerne le prix du meilleur violon solo.

Parallèlement, Catherine se taille une petite place dans le milieu de la chanson en accompagnant au violon, quelques grands noms dont Nana Mouskouri, Mireille Mathieu, Juliette Gréco et Claude Nougaro. Elle accompagne même ce dernier avec son propre quatuor, le Quatuor Lara. Pendant cette période de transition entre deux univers, Catherine mène de front plusieurs expériences. Outre son quatuor, elle joue dans des orchestres symphoniques, fait la première partie de Jean Ferrat avec les Musiciens de Paris en 70, et se met à la composition de ses propres chansons.

1971 : "Ad Libidum"

C'est l'auteur Daniel Boublil qui, le premier, écrit des textes pour Catherine Lara. Auteur de toutes ses musiques, Lara confiera la plupart de ses textes à des auteurs de choix. La collaboration avec Boublil s'avère tout de suite très prolifique et ensemble, ils mettent au point le premier album de la jeune femme, "Ad Libidum", qui sort en 1971. Encore assez connoté classique, cet album est remarqué pour un titre, "Morituri". Sur certaines radios, cette chanson est diffusée plusieurs fois par jour. Déjà un public fidèle s'intéresse à cette jeune artiste au répertoire différent et au tempérament énergique.

Ces prémices de succès lui valent une entrevue télévisée avec Denise Glaser le 3 avril 1972. Depuis les années soixante, cette dernière a reçu dans son émission "Discorama" tous les noms principaux de la chanson française, débutants ou confirmés. Pour Catherine Lara, c'est donc un honneur d'être conviée dès son premier album à parler de son travail pendant 45 minutes devant les caméras de la télévision française. Mais les deux femmes sont déjà amies depuis le début des années 70 et c'est Denise Glaser qui avait présenté la jeune artiste au grand patron de CBS, Jacques Souplet.

Cette même année, elle sort un deuxième album toujours écrit par Boublil, "Tu sais mieux que personne". Mais surtout en 72, elle rencontre Barbara avec laquelle elle écrit deux titres, "Accident" et "Clair de nuit". Les deux femmes deviennent très amies.

1974 : "le Square des Innocents"

Indéniablement, Catherine Lara se fait une place dans la chanson dès ses débuts. Mais il faut attendre les années 80 et neuf albums pour décrocher le succès commercial. Cependant, Catherine ne court pas après les Disques d'or et continue d'écrire, d'enregistrer et de multiplier les albums. En 1974, sort "le Square des Innocents" aux sonorités très folk, dans l'air du temps. Sur cet album, Boris Bergman s'est joint à Daniel Boublil pour l'écriture des textes. Le titre qui ressort nettement du lot est cette fois "la Craie dans l'encrier" sur lequel on distingue la voix du chanteur Gilbert Montagné mêlée à celle de Lara.

En 75, c'est "Nil", un album plus morose. Boublil disparaît au profit d'Alain Lacaux, mais refait surface en 76 dans "Jeu de société", album nettement plus optimiste et plus rythmé que les précédents. A cette occasion, on découvre Claude Engel, un guitariste qui se retrouvera souvent dans l'ombre de Catherine, en tant qu'arrangeur, compositeur et ami. D'ailleurs, dès l'album suivant, "Vaguement", Engel se charge de la réalisation.

Très amie avec William Sheller dont le parcours musical est similaire au sien (formation classique suivie d'un virage musical à 360°), Lara joue sur un titre que le chanteur lui dédie en 77, "Catherine".

A partir du 16 janvier 1978, Catherine Lara fait sa première grande scène au théâtre des Champs-Elysées, antre prestigieuse de la musique classique à Paris. La scène est pour Lara un espace de création et d'expression tout à fait exceptionnel où s'épanouissent son tempérament et sa fougue. Très vite, on lui reconnaît des talents de "bête de scène" qu'elle ne démentira jamais.

1979 : "Coup d'feel"

Après avoir un peu touché à tout pendant les années 70, Catherine Lara se tourne à grand renfort de promotion vers le rock. C'est ainsi qu'en 1979 l'album "Coup d'feel" marque un virage rock et une ouverture sur les années 80. Enregistré dans les superbes studios de Morin Heights au Québec, ce disque est considéré par beaucoup comme un des plus aboutis de la chanteuse. Il est réalisé par Claude Engel et déborde d'énergie, de chœurs et de romantisme. Les textes sont signés par Boublil, et par les Québécois Luc Plamondon (qui s'est illustré l'année précédente en signant les textes de la comédie musicale "Starmania") et Jean-Pierre Ferland.

Cette année-là, Lara fait quelques premières parties de Georges Moustaki.

Cette fois, Lara semble plus sûre d'elle. Avec l'album "Géronimo" en 1980, elle se consacre aux minorités. Excellente occasion pour mettre à jour les combats féministes auxquels elle adhère depuis toujours. Lara est une des rares artistes à ne pas camoufler son homosexualité et pour affirmer sa féminité, elle pose torse nu le poing en avant dans les pages intérieures de l'album. Ce dernier disque marque l'entrée dans l'univers de Lara de l'auteur Etienne Roda-Gil, compagnon de route de Julien Clerc.

1981 : "Johan"

1981 est une année de changements pour Catherine Lara. Elle quitte son label CBS pour Tréma et le premier album qu'elle sort avec cette nouvelle maison de disques est un énorme succès, le premier de sa carrière. C'est le titre "Johan" qui remporte tous les suffrages du public. Cette ballade tendre sur le thème de l'enfance est co-signée par Pierre Grosz pour le texte, nouvelle plume dans la galaxie Lara.

Entre deux années brillantes, 1982 est une parenthèse sombre dans le parcours de la chanteuse. Avec ses amis Bob Decout et la comédienne Annie Girardot, Catherine Lara écrit une comédie musicale "Revue et corrigée" montée en grandes pompes sur la scène du Casino de Paris. Cette salle légendaire, fermée depuis des années, est réouverte pour l'occasion. Le spectacle interprété par Annie Girardot, Jacquie Quartz et Catherine est un échec. La production perd énormément d'argent et les critiques ont la dent très dure avec toute l'équipe. Pour Catherine, cette expérience est suivie d'une longue période de déprime et de fatigue couplée à une maladie des poumons. Elle reste donc plusieurs mois à l'écart de l'actualité musicale.

Mais dès 1983, elle effectue un retour remarqué dans les bacs avec deux albums en une année. Tout d'abord, paraît "Une femme libre" sur des textes de Grosz et Boublil. Mais c'est surtout "la Rockeuse de diamants" qui mène directement Catherine dans les hits-parades grâce à la chanson-titre. Pour la première fois, Lara confie l'écriture de ses textes à une femme, Elisabeth Anaïs.

Dans la même veine que "Coup d'feel", l'ensemble est très rock avec un violon éminemment électrique. Le public adhère en force à ces transformations et se précipite aux deux concerts que l'artiste donne à l'Olympia les 21 et 22 février 1983. Un album live, le premier, se fait l'écho des grandes fêtes que sont les concerts de Lara à cette époque. Même succès au Festival du Printemps de Bourges en avril.

1984 : "Flamenrock"

En 1984, l'album "Flamenrock", écrit en deux semaines, tape dans le même répertoire rock et énergique. Souvent revêtue de cuir, Lara joue sur une image de femme forte façon espionne et film noir. Le titre "Dom Juane", signé Anaïs, enfonce un peu plus le clou quant à ses goûts en matière de séduction. Mais son travail est toujours enveloppé d'une grande pudeur et d'une grande tendresse. Beaucoup de franchise mais pas de provocation. Catherine Lara assume ses choix sans jamais les imposer.

En mars, Catherine est de retour sur la scène de l'Olympia pour une semaine, et entame une tournée de 80 dates au cours de l'été. Cette époque est sans doute la plus triomphale de sa carrière. A tel point qu'en février 85, c'est au Zénith devant près de 4.000 spectateurs, qu'elle monte un show avec ballets et orchestre de neuf musiciens. Cependant, une partie de son public ne la suit pas du tout dans cette mise en scène un peu trop flamboyante.

En revanche, il la suit en 86 lorsqu'elle sort l'album "Nuit magique" dont la chanson titre (signée Plamondon) est LE tube de sa carrière. Sur ce disque, elle travaille pour la première fois avec un jeune musicien chilien, Sebastian Santa Maria, qui l'accompagnera sur ses prochains albums.

Après 15 ans de carrière dans la chanson, Catherine Lara reçoit en 86 la Victoire de la Musique de la Meilleure interprète féminine de l'année. Cette reconnaissance professionnelle est doublée d'un succès public au beau fixe au cours des années 80. Du 26 septembre au 6 octobre, l'Olympia est à nouveau occupé par Catherine Lara et son équipe.

Femme romantique

Deux albums un peu secondaires paraissent en 87, "A travers les autres" et en 88, "Rocktambule". On note juste dans ce dernier album le titre "IEO" dédié au chanteur Daniel Balavoine disparu deux ans plus tôt. Deux semaines à l'Olympia en 88 se soldent par un succès en dépit d'une mise en scène un peu froide.

En revanche, Lara délaisse quelques temps les grandes scènes en se lançant dans une tournée de 100 dates à travers les petites salles de France. Accompagnée de trois musiciens, une guitare, un clavier et une choriste, elle nomme cette tournée "Rock en chambre".

On la retrouve en 1991 à la tête d'une expérience de taille, une comédie musicale autour de George Sand, femme écrivain française du XIXème siècle, célèbre pour son esprit d'indépendance et ses conquêtes amoureuses (Alfred de Musset, Frédéric Chopin). Sur des textes de Luc Plamondon, ce spectacle donne lieu à un album interprété par Maurane, Véronique Sanson, Daniel Lavoie ou Richard Cocciante.

Mais en novembre 92, c'est sur la scène du théâtre du Châtelet que se déploie la magie romantique du spectacle mis en scène par l'exubérant Argentin Alfredo Arias. Après le succès du titre "Entre elle et moi", duo Sanson/Lara, le spectacle est monté à nouveau dans une nouvelle mise en scène au printemps 93 au théâtre du Gymnase sur les grands boulevards parisiens. Il reste six mois à l'affiche avec un succès mitigé.

Femme généreuse

La même année, sort "Maldonne", un album de remise en question sur des textes d'un nouvel auteur, Jean-Jacques Thibaud. Une tournée suit. Mais en 93, on voit aussi Catherine Lara participer au concert exceptionnel donné au profit de l'association Sol En Si (Solidarité Enfants Sida). Elle est entourée pour l'occasion d'une brochette d'artistes hors pair : Michel Jonasz, Alain Souchon, Maurane, Maxime Le Forestier et Francis Cabrel. Elle rééditera l'expérience en 95 et 97 pour la même cause. On la voit aussi souvent aux côtés des artistes engagés pour les Restaurants du coeur, association créée par l'humoriste Coluche en 85.

Les concerts remplissent l'année 94. Elle s'installe pour cinq soirées au Casino de Paris début mai, puis le festival de Montauban lui fête ses 20 ans de chansons ainsi que les Francofolies de la Rochelle. Elle parcourt également de nombreux pays étrangers dont le Québec où elle reçoit toujours un accueil chaleureux.

Après une pause en 95, paraît "Mélomanie" en 96, dix chansons très mélodieuses concoctées avec Jean-Jacques Thibaud pour l'écriture et arrangées par Sylvain Luc, un jeune musicien qui avait déjà participé à ses derniers albums en tant qu'instrumentiste. Cet album est suivi d'une grande soirée au Printemps de Bourges en avril et de trois soirées à l'Olympia les 12, 13 et 14 juin 96. Lara est aussi l'auteur en 96 du générique de la série de télévision, "Terre Indigo". Elle avait déjà touché un peu à la musique de film dans le passé: "On s'est trompé d'histoire d'amour" en 73, "Docteur Françoise Gailland" en 75, "les Hommes préfèrent les grosses" en 81 et "la Triche" en 84.

Enfin en 96, Catherine Lara soutient la lutte contre le sida, une cause qui lui tient à coeur en participant au Sidaction, énorme soirée télévisée en France sur le sujet. Mais cette lutte très précise passe pour Lara par de nombreuses actions personnelles loin des projecteurs.

Expériences

En 1997, elle retrouve le classique en revisitant l'"Arlésienne" de Georges Bizet (auteur du célébrissime "Carmen"). Monté pour la scène aux Folies Bergères, cet opéra est adapté par Roger Louret pour les textes et les comédiens Bernadette Lafont et Jean Marais en interprètent les principaux rôles.

Un peu en perte de vitesse sur le plan discographique, Catherine Lara continue de multiplier les expériences artistiques. C'est ainsi qu'au printemps 99, elle se transforme en animatrice d'une émission de variétés à la télévision. Elle avait déjà animé pendant plusieurs années une émission de radio et ses nombreuses amitiés dans le milieu artistique lui permettent de réunir de prestigieuses affiches.

La chanteuse fait son retour discographique avec "Aral" au début de l'année 2000. Mais point de textes, de chant, de voix (à part quelques choeurs) sur cet album entièrement instrumental. Mystique et énigmatique, ce disque ne remporte guère de succès en dépit d'une forte promotion sur TF1, la plus puissante chaîne de télévision française et du soutien de Zazie, auteur des quelques lignes de la pochette.

En 2002, elle co-écrit la chanson officielle de l'équipe de France de football à l'occasion de la Coupe du monde. Le titre, "Tous ensemble", est interprété par Johnny Hallyday. Puis en janvier 2003, du 25 au 27, elle accompagne au violon le spectacle des cavaliers du Cadre Noir de Saumur à Bercy.

En 2004, Catherine Lara est faite officier de l’ordre de la légion d’honneur.

Début 2005, sort "Graal" un disque qui s'inspire de la légende du même nom. Catherine Lara participe à l'écriture de cet album aux côtés d'Adrien Blaise et de Thierry Eliez.

2005 : "Passe-moi le ciel"

Après neuf ans d’absence discographique, elle publie un nouvel album original en 2005. Il s’appelle "Passe-moi le ciel" et se caractérise par une profonde tristesse, dans les textes (qui parlent des sans-domiciles fixes, des amours perdues, du coup de foudre…) comme dans les mélodies, toujours portées par le violon fétiche de la chanteuse. Encore une fois, celle-ci mise plus sur le lyrisme et l’atmosphère que sur sa technique de chant. Catherine Lara donne un concert au Casino de Paris en octobre, accompagnée par l’orchestre symphonique de Moscou.

Le tournée de "Passe-moi le ciel" se poursuit en 2007 dans plusieurs villes de France. En 2008, Catherine écrit un nouvel album instrumental qu’elle co-réalise avec Eric Mouquet et qui fait la part belle au violon et aux musiques balkaniques. Elle l’intitule "Au-delà des murs" et le transforme vite en spectacle musical mêlant mêle violon, chansons, danse contemporaine et hip hop… Chorégraphié et mis en scène par Giuliano Peparini et Franco Dragone, du Cirque du Soleil, il est joué et enregistré à Mons en mars 2008. Le tout sort en DVD en 2009.

Le 23 juin 2009, Catherine Lara présente "Au-delà des murs" au Palais des sports, à Paris.

2010 est le début d'une série de concerts. Catherine, qui désire ardemment aller vers son public, prépare de nouvelles dates en France.

2011 : Lara chante Ferré
 

Pendant l'été 2010, Catherine Lara prépare un album de reprises des chansons de Léo Ferré, qu'elle a toujours admiré. Elle pare d'arrangements flamencodes classiques comme"Avec le temps", "Jolie môme" ou encore "Richard", avec Juan Carmona à la guitare, Minino Garay aux percussions et Pierre Jacquot à la réalisation. Le disque paraît le 14 mars 2011 chez Universal sous le nom de "Catherine Lara, une voix pour Léo Ferré". Une petite tournée française s'ensuit, avec deux dates parisiennes à l'Alhambra les 17 et 18 juin 2011.
 
Juin 2011 

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