Frères Jacques

Frères Jacques
Date de création : 1944
Date de séparation : 1983
Pays : France
Langue : Français
Genre musical : Chanson
Membres : François Soubeyran, Georges Bellec, André Bellec, Paul Tourenne

Ce quatuor vocal a marqué l'histoire de la chanson française pendant près de 40 ans. Non seulement par l'excellence de leurs interprétations mais surtout pour leur célèbre facette scénique. Justaucorps, collants, gants et chapeaux les caractérisent à jamais aux yeux du public, sans compter leurs mises en scène savamment chorégraphiées pour chaque chanson. Mêlant comédie, humour et musique, les Frères Jacques ont une place bien particulière dans le répertoire français.

Ce quatuor vocal a marqué l'histoire de la chanson française pendant près de 40 ans. Non seulement par l'excellence de leurs interprétations mais surtout pour leur célèbre facette scénique. Justaucorps, collants, gants et chapeaux les caractérisent à jamais aux yeux du public, sans compter leurs mises en scène savamment chorégraphiées pour chaque chanson. Mêlant comédie, humour et musique, les Frères Jacques ont une place bien particulière dans le répertoire français.

C'est en 1944 que les quatre futurs Frères Jacques ont créé leur ensemble. Il est composé de deux frères, André et Georges Bellec, de François Soubeyran et de Paul Tourenne.

Il était une fois…

Les frères Bellec sont de Saint-Nazaire. André (12/2/14) a suivi une formation juridique avant de passer quelques années dans l'armée. Après l'Armistice de 1940, il devient instructeur d'art dramatique dans des chantiers de jeunesse. C'est là qu'il rencontre des compagnies théâtrales et qu'il se forme au chant, à la danse et au mime. Son frère Georges (18/3/18) a une formation plus artistique. Fan de jazz, il devient un excellent trompettiste. Parallèlement, il s'inscrit pendant la guerre aux Beaux-Arts de Paris. Pour échapper au STO (Service de Travail Obligatoire), il retrouve son frère André dans les chantiers de jeunesse du sud de la France. A la Libération, il retrouve les Beaux-Arts et la trompette. Mais son tempérament comique et sa superbe voix font de lui un candidat idéal pour le quatuor qu'André cherche alors à monter.

Outre Georges, il engage également François Soubeyran (19/8/19), le campagnard du groupe originaire de la Drôme. Ce dernier, mobilisé en 1939, rejoint les rangs de la Résistance en 1942. Après la guerre, il monte à Paris pour prendre des cours d'art dramatique. Sa voix lui permet de faire quelques remplacements dans des opérettes. André Bellec le rencontre par l'intermédiaire du comédien Yves Robert qui lui-même avait décliné la proposition de chanter.

Enfin le quatrième larron est le Parisien Paul Tourenne (25/2/23). Marié et père à 20 ans, il est employé des Postes pendant la guerre. Lors d'un spectacle monté pendant des colonies de vacances dont il s'occupe, Paul est repéré par un créateur d'émissions de radio. Cette rencontre le mène à un poste de régisseur d'orchestre. Après la guerre, il travaille un temps à Travail et Culture, un organisme chargé de la promotion des Arts. C'est là qu'il rencontre André Bellec, lui-même administrateur au TEC. Le quatuor est alors au complet pour attaquer une longue carrière.

Chant et théâtre

Tout à la fois comédiens et chanteurs, les Frères Jacques (de l'expression "Faire le Jacques", faire l'imbécile) intègrent la troupe Grenier-Hussenot, la première troupe de théâtre à se monter à la Libération. C'est là qu'ils rencontrent Pierre Philippe, pianiste de la compagnie, qui devient très vite le pianiste attitré des Frères Jacques et le cinquième membre du groupe. Pierre Philippe va mettre en place leur musicalité, leur sonorité si particulière. Il va les faire travailler très dur pour fignoler au maximum leurs morceaux.

Outre Pierre Philipe, ils rencontrent aussi Jean-Denis Malclès, décorateur de théâtre qui créé leur célèbre costume : collants noirs, justaucorps d'une couleur différente pour chacun, gants et chapeaux multiples selon les chansons. Ce costume très inspiré par la danse et pour le moins moulant sera souvent source de blagues et de discussions, choquant les uns, amusant les autres. Mais les quatre hommes ne le quitteront jamais jusqu'à leur dernier tour de chant en 1982. Malclès est aussi l'auteur de leur décor qui ne connaîtra guère de variations au cours de leur carrière.

Pendant quelques années, les Frères Jacques allieront en permanence théâtre et chant. Les nuits sont longues entre les représentations théâtrales et les récitals dans divers cabarets de la Rive Gauche. Cette multitude de prestations leur donnent une notoriété assez rapide, du moins dans la capitale. Leur humour, leur style, leurs mises en scènes réglées au millimètre et bien sûr leurs costumes font d'eux des artistes qu'on remarque.

Ils connaissent leur premier succès en 1946 sur la scène du cabaret d'Agnès Capri avec le titre "L'Entrecôte". Inspiré de la vie quotidienne, leur répertoire aborde souvent des thèmes apparemment très banals comme une entrecôte mais les mises en scène, l'orchestration et leur interprétation teintée d'humour met en valeur n'importe quel sujet.

Premiers microsillons

En 1947, les Frères Jacques font leur premier music-hall aux Folies-Belleville. Mais, c'est sur la scène du cabaret la Rose Rouge qu'ils vont se créer une vraie notoriété. Pendant cinq ans, ils collaborent essentiellement avec ce cabaret dont ils sont des piliers. Ils y multiplient leurs premiers succès, "le Manège aux cochons roses", "Nous voulons une petite soeur" ou "Sérénade de la purée". Tout naturellement, ils viennent à enregistrer leur premier 78 tours de quatre titres en 1948.

Désormais, les Frères Jacques naviguent entre d'innombrables engagements. En 1949, ils participent à leur dernière production avec la Compagnie Grenier-Hussenot, dans "les Gaietés de l'Escadron" de Georges Courteline au Théâtre de la Renaissance. A l'automne, ils sont engagés cinq mois à Bobino où ils jouent les Pieds Nickelés mis en scène par Yves Robert.

Mais l'événement essentiel de cette année-là est leur rencontre avec Jacques Canetti, agent artistique chez Polydor et Philips et surtout découvreur de talents. Non seulement, il leur fait signer un contrat pour plusieurs enregistrements mais surtout, il leur propose le répertoire de Jacques Prévert et Joseph Kosma. Si Prévert semble sceptique sur les interprétations de ses textes par les Frères Jacques, et si ces derniers ne se sentent pas dans un premier temps à la hauteur du défi, c'est pourtant un succès puisqu'en 1950, le quatuor obtient le Grand Prix du disque pour la chanson "L'inventaire". Parallèlement, Canetti leur fait enregistrer quatre 78 tours d'affilée. Leur notoriété prend ainsi son envol et sort du cadre étroit du tout-Paris.

1951 : Premiers voyages

Dès 1951, les Frères Jacques entament leur première tournée internationale. Il y en aura beaucoup d'autres. Ils commencent par l'Afrique du Nord, puis de juillet à septembre, découvrent l'Amérique du Sud. Le 5 octobre, ils sont de retour sur la petite scène de la Rose Rouge.

L'année 52 marque un tournant puisque dès lors, les Frères Jacques auront une vraie carrière d'artistes de music-hall avec un récital à part entière construit du début à la fin dans le décor unique de Jean-Denis Malclès et exploité sur scène pendant environ deux à trois ans. Ce premier du nom est donc joué pour la première fois au Théâtre Daunou.

Le succès s'imposant, les tournées vont tout naturellement s'enchaîner à des rythmes intensifs. En 52, ils visitent la Turquie et le Liban, puis partent en avril pour les Etats-Unis et le Canada. L'année suivante, ils tournent avec Line Renaud et Yves Montand, déjà une immense vedette. Pendant toute leur carrière, ils passeront de nombreux mois en voyage.

Ils trouvent cependant le temps d'enregistrer quelques disques qui se vendent de mieux en mieux, et de faire du cinéma. C'est ainsi qu'en 53, les quatre hommes font une apparition dans un film de Jean Boyer, "le Pays des clochettes", aux côtés de Sophia Loren.

Alors qu'ils avaient joué pour la première fois sur la scène de la Comédie des Champs-Élysées en 1945 à leurs tout débuts, c'est ce théâtre qu'ils choisissent en 1955 pour fêter leur dixième anniversaire. Ils le considèrent comme leur théâtre fétiche. Du chemin a été parcouru depuis la fin de la guerre, et le récital monté pour cette occasion a un tel succès de février à juin qu'il est à nouveau à l'affiche d'août à octobre. Bien sûr, une tournée française est mise en place dans la foulée et confirme l'immense popularité d'alors des Frères Jacques. Que ce soit à Paris ou en province, leurs facéties vocales et leurs mises en scène précises et irrésistibles ont un succès immense. Même auprès des touristes, ils deviennent une valeur sûre et tellement "typique" au même titre que la Tour Eiffel.

Scènes et triomphes

Lorsqu'en 1956, ils jouent dans l'opérette "la Belle Arabelle", c'est la dernière fois qu'ils participent à un travail de troupe. Mis en scène par leur ami Yves Robert, ce spectacle est représenté au Théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu'en juin 1957. La musique est co-écrite par leur pianiste Pierre Philippe et les textes par le comédien et humoriste Francis Blanche.

Dès qu'ils terminent les représentations de "la Belle Arabelle", et avant de le reprendre en fin d'année, ils passent un mois sur la caravane du Tour de France qui à l'époque entraîne de nombreux artistes dans son sillage. Y participer est un signe de grande popularité auprès du public.

Grands travailleurs, les Frères Jacques ont un rythme très régulier. Quand ils mettent au point un nouveau récital, ils travaillent plusieurs mois à l'écart des médias. Puis pendant souvent plusieurs mois, ils présentent le spectacle à Paris avant de l'emmener en tournée européenne et enfin mondiale. Le processus est, à partir de la fin des années 1950, assez systématique.

C'est exactement ce qu'il se passe à partir de la fin 58 où ils préparent leur troisième récital. Les années 1959 et 1960 sont donc consacrées à son exploitation : Paris, la province française, l'Europe puis le monde entier. De Tel Aviv à Tokyo, le quatuor est réclamé sur toutes les scènes du monde telle une enseigne de prestige représentant la France.

Yéyés et tradition

En 1961, le même schéma se reproduit avec leur quatrième récital. Leur style est désormais définitif et la nouveauté de chaque spectacle vient juste de leurs nouvelles chansons et des chorégraphies qui les accompagnent. Mais s'ils étaient très novateurs à leurs débuts, les Frères Jacques deviennent au cours des années 190 des figures de plus en plus classiques. La rude concurrence des nouvelles musiques venues d'Amérique, rock'n'roll et autre twist, ne les déstabilisent pas mais ne fait rien pour les moderniser aux yeux du public. Pourtant, les salles sont toujours combles que ce soit en France ou à l'étranger.

1962, 1963, les tournées se suivent avec peu de place pour d'autres activités. Cependant, en 1963, les Frères Jacques trouvent le temps d'enregistrer avec d'autres comédiens des pièces de Molière pour une encyclopédie sonore des éditions Hachette. Ils repartent encore en 1964 et chantent même sur le paquebot France.

Cette année-là, la nouveauté vient de la décision de Pierre Philippe de prendre sa retraite. Après environ 20 ans de collaboration, cette décision est tristement vécue par les Frères Jacques qui considèrent leur pianiste comme le cinquième membre du groupe. C'est d'ailleurs ainsi que la presse le présente souvent. Mais il se passe quand même deux ans avant son départ définitif. En 1965, les Frères Jacques passent au music-hall du Marais au centre de Paris. C'est un des derniers récitals de Pierre Philippe avec eux. Celui qui a largement participé à créer leur image. Il laisse sa place à Hubert Degex en 66. Ce dernier assiste aux dernières représentations avec Pierre Philippe afin d'enregistrer tous les accords.

Les Frères Jacques inaugurent cette nouvelle collaboration en janvier 1966 à Lyon puis sur la scène du Théâtre Fontaine en septembre. Son prédécesseur ayant laissé une trace certaine, Hubert Degex mettra plusieurs mois à affirmer son style personnel. Mais il se distingue en inventant une troisième pédale qui lui sert à commander les lumières du spectacle.

Enfin en 1965, les Frères Jacques s'attaquent à un répertoire qu'ils abordent avec talent : les Fables de La Fontaine, petits chefs-d'oeuvre de la littérature classique du XVIIème siècle dont l'humour et la précision collent parfaitement au style de groupe.

Récompenses

Véritables personnalités de la scène culturelle française, les Frères Jacques sont nommés Chevaliers des Arts et Lettres en 1966. Ils traversent les modes sans ombrage. En 1968, ils retrouvent le Théâtre Fontaine pour trois mois à partir du 26 septembre. C'est le sixième récital et le premier réellement préparé par Hubert Degex. On y entend des nouvelles chansons comme "la Chanson sans calcium" (de Jean-Claude Massoulier), "le Fric" ou "les Deux escargots". La tournée va durer une bonne partie de l'année 69 avec en particulier un tout premier voyage en Union soviétique.

Toujours en 1969, ils reçoivent le très rare Prix In Honorem de l'Académie Charles-Cros pour l'ensemble de leur oeuvre.

Les années suivantes naviguent de tournées en voyages entrecoupés de scènes parisiennes : Bobino en 1970 (avec Catherine Sauvage), le Palais Royal en 1971, le Théâtre Saint-Georges en 72 (récital n°7). Les nouvelles chansons sont toujours au rendez-vous, de "Bon Dieu, où est ce peloton?" à "la Fanfare". De plus, Prévert fait toujours partie de leur répertoire via "la Pêche à la Baleine" ou "En sortant de l'école". Les Frères Jacques comptent 25 ans de carrière et une forme excellente. Leurs costumes moulants et leurs spectacles riches en chorégraphies les obligent à entretenir leur santé physique. Et bien qu'à cette époque, ils aient à peu près tous fêté leurs 50 ans, ce sont des artistes pimpants qui se présentent chaque soir sur scène.

En 1972, ils passent au Théâtre de la Ville, théâtre avant-gardiste, où ils se frottent à un public plus jeune. Mais la rencontre est une réussite. Plus ils vieillissent, plus leur enthousiasme séduit les jeunes générations.

Au printemps 73, ils emmènent le récital n°7 en tournée. Il les mènera jusqu'en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti, mais aussi dans les universités anglaises et américaines. Avec un passage à Bobino en septembre. Puis l'année suivante, c'est toute l'Afrique qu'ils parcourent et pas moins de treize pays les découvrent. Leur venue est à ce point un événement que dans presque chaque pays, ils jouent en privé devant le président en fonction.

Baisser de rideau

En 1975, les Frères Jacques attaquent leur huitième récital. C'est le dernier qui présentera des créations toujours ancrées dans les petits travers de la vie quotidienne : "les Fesses", "les Pompistes" ou "Il fait beau". A la tête d'un immense répertoire, ils peuvent presque jouer chaque soir un programme différent. On commence à évoquer la retraite et les Frères Jacques eux-mêmes y songent. Mais à cette époque, ils ont encore quelques années bien remplies devant eux.

C'est en 1976 qu'ils fêtent leur 7.000ème récital au Théâtre Antoine. Cette année-là, ils emmènent leur spectacle à travers la France puis en Amérique du Sud. En 77, ce sera le tour de quelques pays européens et de l'Algérie. Enfin en 78, ils retrouvent une ultime fois l'Afrique où leur succès est immense. Après l'Afrique, ils passent aussi une dernière fois dans l'océan Indien (Madagascar, Réunion, Maurice). D'ailleurs, désormais, les tournées internationales seront souvent les dernières.

Parenthèse théâtrale en 1977 avec des retrouvailles entre les Frères Jacques et leurs anciens compagnons de la troupe Grenier-Hussenot qu'ils avaient quittés depuis la fin des années 50. C'est donc un événement quand ils participent avec eux à une pièce musicale qui évoque la Belle Epoque.

1979 marque le début de la fin. Le 16 octobre, les Frères Jacques montent sur la scène de leur théâtre fétiche de la Comédie des Champs-Élysées pour leur neuvième récital, aussi nommé sur les affiches "Récital d'adieu". Aucune création mais un large inventaire de leurs succès. Ce spectacle tournera deux ans en France et dans les pays environnants. La tournée ira jusque dans de très petites villes. Les quatre artistes tiennent à saluer une dernière fois le plus grand nombre de leurs admirateurs.

Si la fin officielle de la carrière des Frères Jacques date de 1982, leur ultime concert a lieu début 1983 au Théâtre de Boulogne-Billancourt en banlieue parisienne.

Héritage

Les Frères Jacques ont eu une carrière riche en bons moments. Avec des milliers de concerts, près de 400 chansons et des tournées qui les ont menés dans 68 pays, ils ont rencontré un exceptionnel succès artistique, public et critique tant en qualité que dans la durée. Ils ont chanté sur les plus prestigieuses scènes et devant les plus fameuses personnalités de Charlie Chaplin à la Reine d'Angleterre. Leur style unique a engendré quelques descendants comme Chanson Plus Bifluorée ou l'ensemble à cordes comico-instrumental le Quatuor. Ces artistes sont d'ailleurs présents lorsque les 12 et 13 janvier 1996 est organisé un jubilé au Casino de Paris qui célèbre le cinquantième anniversaire de leur création. On y voit aussi les ensembles jazzy-vocal TSF et Orphéon Célesta, ainsi que leur vieux complice, auteur de nombre de leurs chansons Ricet-Barrier. A cette occasion, de nombreuses compilations sont éditées.

Le 21 octobre 2002, François Soubeyran âgé de 83 ans, décède à Paillette-Montjoux, un village de la Drôme où il était retiré. Les autres membres du groupe ont une retraite active au cours de laquelle chacun s'adonne à sa passion : Georges Bellec reprend la peinture et expose régulièrement. Paul Tourenne continue de jouer les photographes puisque au cours de leurs innombrables tournées, il avait déjà prouvé son talent dans ce domaine. Enfin André Bellec a animé quelques années le groupe artistique des anciens du spectacle. Il décède le 3 octobre 2008 à l'âge de 94 ans.

De la plus pure poésie à la chanson paillarde en passant par les textes d'auteurs tels Vian, Brassens, Queneau, Ferré, Sartre, Bernard Dimey ou Jean Cosmos, les Frères Jacques ont réussi une synthèse entre théâtre et musique en créant un style où le visuel est aussi essentiel que la voix.

Octobre 2008

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