Isabelle Boulay

Né(e) : 6 /7 /1972 à Sainte-Félicité (Canada)
Pays : Canada
Langue : Français
Qualité : Chanteuse
Genre musical : Chanson

Dans la grande tradition des "chanteuses à voix" que le Québec affectionne, Isabelle Boulay est une interprète particulièrement émouvante. Avec sa longue chevelure rousse, ce petit bout de femme a en quelques années séduit sa Belle Province puis l'Europe francophone.

Dans la grande tradition des "chanteuses à voix" que le Québec affectionne, Isabelle Boulay est une interprète particulièrement émouvante. Avec sa longue chevelure rousse, ce petit bout de femme a en quelques années séduit sa Belle Province puis l'Europe francophone.

Isabelle naît le 6 juillet 1972 dans la petite ville Ste Félicité, en Gaspésie, à l'est du Québec. Elle est l'aînée de trois enfants. Ses parents sont restaurateurs et la petite fille a dès son jeune âge, l'occasion de chanter pour la famille et les amis autant que pour la clientèle du restaurant. Chanson populaire, musique country, c'est avec un répertoire étendu qu'elle gagne ses premiers concours et ses premiers prix dès sept ans. Dans la région, elle fait figure d'enfant prodige.

En 1980, suite à un accident, son père part vivre en forêt. Elle ne le reverra jamais jusqu'à sa mort en 1995.

Concours et découverte

A 16 ans, Isabelle entame des études littéraires à Limoilou dans un Cegep (intermédiaire québécois entre le lycée et les études supérieures). Mais la chanson demeure toujours une passion. Un jour, ses amis l'inscrivent dans un concours de chant amateur, le festival de la chanson de la Petite-Vallée à Matane. Elle y connaît un grand succès et époustoufle tout le monde par sa voix. Un journaliste présent, Joselito Michaud, est emballé par cette jeune femme surprenante et décide de la convaincre de se lancer dans la chanson. Isabelle hésite quelques mois, continue ses études, puis finalement, accepte d'essayer. Michaud devient alors son agent.

Nous sommes à l'aube des années 90. Isabelle Boulay, timidement, suit les conseils de Joselito Michaud qui croit très fort en elle et rêve d'en faire une star. En 1991, il l'inscrit au prestigieux concours du festival de la chanson de Granby, manifestation révélatrice de talents tels Jean Leloup ou Lynda Lemay. Elle remporte le grand Prix en interprétant "Amsterdam" de Brel et "Naufrage" du Québécois Dan Bigras. Cette victoire finit de la convaincre de faire de la chanson, son métier.

Scènes et disques

Dès l'été 91, à 19 ans, Isabelle Boulay fait ses premiers pas sur la scène des Francofolies de Montréal. Puis l'année suivante, elle est déjà programmée en France, au petit Théâtre Dejazet, en première partie de Bill Deraime. Mais sa première tournée solo a lieu chez elle, en Gaspésie. On la voit aux côtés de plusieurs artistes québécois dont surtout Dan Bigras avec lequel elle fait 75 concerts comme choriste entre 92 et 93.

En août 93, la chanteuse remporte le trophée de la chanson francophone, la Truffe de Périgueux, dans le Périgord. Décerné par la Communauté des radios publiques de langue francophone, ce prix est décerné à Isabelle Boulay en tant que représentante de Radio Canada. Ce prix lui permet d'être repérée peu de temps après par Luc Plamondon qui cherche à renouveler la distribution de "Starmania". Il lui propose le rôle de Marie-Jeanne, créé par Fabienne Thibault en 1978. Elle tient ce rôle entre 95 et 98 et en tire une large notoriété au Québec et en France. Mais ce qui la rend aussi très populaire au Québec, c'est sa participation à la bande originale de la série télé Alys Robi, du nom de la première grande chanteuse québécoise.

En dépit de ces premiers succès, le vrai souhait d'Isabelle Boulay est d'enregistrer un album personnel. Elle cherche alors à rencontrer des auteurs-compositeurs dont Franck Langolff, qui s'est illustré en écrivant "Joe le Taxi" pour Vanessa Paradis. Finalement, ce sont les Québécois Daniel DeShaime et Daniel Bétan qui vont finalement lui écrire son tout premier disque, "Fallait pas", qui sort en 1996. L'accueil n'est pas bon mais Isabelle continue son chemin contre vents et marées. Le 24 juin 96, elle remporte le Dial d'Or au Café de la danse à Paris, résultat d'un concours de la chanson entre 20 artistes. Puis, on la retrouve à nouveau aux Francofolies de Montréal 1996 où elle participe à un hommage au chanteur québécois, Raymond Lévesque. Enfin, Isabelle donne son premier concert solo à Montréal sur la scène du Spectrum.

Solo et célèbre

En 1997, Isabelle Boulay quitte "Starmania" et se lance dans l'enregistrement de son deuxième album. Désormais, une artiste connue et reconnue, elle s'entoure de noms tels que Zazie, Richard Cocciante, Luc Plamondon, Zachary Richard et... Franck Langolff qui lui écrit "Le Saule". Le disque sort au Québec le 12 février 1998 et est sans aucun doute l'album de la consécration. La parution est entourée d'une intense promotion médiatique, suivie d'une tournée à travers la Province.

A l'automne, la chanteuse reçoit un disque d'or pour 100.000 albums vendus. Elle participe en vedette au gala de l'Adisq, le cousin québécois des Victoires de la musique. Forte de quatre nominations, elle n'en concrétise aucune mais est une des vedettes de la soirée. L'album sort en France en novembre et est présenté au Musée Grévin le 9 novembre. Avec le simple "Je t'oublierai", elle connaît son premier grand tube et devient une chanteuse très populaire en France.

Début décembre, elle retrouve Montréal pour deux concerts au Théâtre St Denis. Elle s'y entoure d'invités dont Jim Corcoran, Michel Rivard, Eric Lapointe. Enorme succès critique.

Duos

En 99, Isabelle Boulay va souvent faire l'aller-retour entre la France et le Québec. Fréquemment invitée des médias hexagonaux, elle est de plus sur la scène du Théâtre Dejazet - scène de ses débuts français - en mai. Très appréciée par de nombreux artistes français, et pour des besoins promotionnels, elle est amenée à les retrouver sur scène. C'est ainsi qu'on la voit souvent aux côtés de Serge Lama pour "l'Aventure c'est l'aventure". Le chanteur l'invite d'ailleurs à l'Olympia pour ce duo mais aussi pour chanter quelques-uns de ses titres en solo. A l'automne, elle fait la première partie de Francis Cabrel au Zénith et l'accompagne en tournée. Enfin, lors de la tournée québécoise de Julien Clerc en novembre, elle sera également sa première partie à Montréal.

Entre temps, elle fait la tournée des festivals d'été dont une nouvelle fois les Francofolies de Montréal où elle donne un concert, entourée de nombreux invités (Daniel Seff, Michel Rivard, Laurence Jalbert, France d'Amour…). Ce récital donne lieu à un album live qui sort au Québec au printemps 2000. Tout naturellement, Isabelle reçoit le Félix de la meilleure interprète féminine pour l'année 99 lors de la cérémonie des 20 ans de l'Adisq le 20 octobre 99.

Lors de la tournée québécoise de Francis Cabrel début 2000, Isabelle Boulay l'accompagne pour un duo sur "C'était l'hiver". Puis en mai, c'est avec Patrick Bruel qu'elle chante sur la scène du Zénith à Paris. Après les hommes, la Québécoise partage la scène avec deux chanteuses en juillet aux Francofolies de la Rochelle : l'Israélienne Noa et la Française Patricia Kaas.

Enfin, en septembre 2000 sort son troisième album studio, "Mieux qu'ici bas". L'affiche des auteurs et des compositeurs qui ont travaillé pour elle est prestigieuse : les Québécoises Louise Forestier, Diane Tell et France D'Amour, et les Français Jimmy Kapler (pseudo de Robert Goldman, frère de Jean-Jacques Goldman), Zazie, Patrick Bruel, Richard Cocciante, Daniel Seff et Jean Fauque.

Consécration

Cette sortie est doublée d'une tournée québécoise d'octobre à février, avec une brève mais importante halte parisienne à l'Olympia le 4 décembre. Elle retrouve d'ailleurs la France en février 2001 pour une mini tournée de cinq dates qui la ramène à l'Olympia les 21 et 22 février. Les Français affectionnent particulièrement la belle rousse car quelques jours après, elle reçoit la Victoire de la Musique comme Artiste Découverte de l'année ainsi que celle décernée pour l'Album Découverte pour "Mieux qu'ici bas".

De retour au Québec, elle effectue une série de 100 concerts qui prend fin en septembre. Sur sa lancée, elle entreprend une tournée en Europe avec un passage triomphale au Zénith de Paris le 16 octobre. Quelques jours plus tard, pendant le 23ème gala de l'Adisq, Isabelle Boulay rafle le prix de l'interprète féminine de l'année, le prix du meilleur album (populaire) de l'année pour "Mieux qu'ici bas" et enfin le prix du meilleur spectacle de l'année.

Ses incessants allers et retours entre le Québec et la France mènent la rousse Isabelle au Palais des Congrès à Paris les 30 et 31 mars 2002. On la retrouve les 4 et 5 avril à Montréal accompagnée de l'Orchestre Symphonique de la ville pour deux concerts à la salle Wilfried-Pelletier. De ces dernières prestations en France et au Québec est tiré le live "Au moment d'être à vous", seulement disponible en Europe. En octobre, le 24ème gala de l'Adisq lui decerne une fois de plus le Prix de l'interprète féminine de l'année.

2004 : "Tout un jour"

Mai 2004, "Tout un jour", son nouvel et septième album est un peu comme le faire-part de naissance d'une nouvelle aventure : "Tout ce travail d'enregistrement n'a finalement qu'un but : partir sur les routes à la rencontre du public, chanter, le captiver, lui donner ce bonheur qu'il vient chercher en venant me voir". C'est à des auteurs et compositeurs comme Francis Cabrel, Zachary Richard, Daniel Belanger, Louise Forestier, Lionel Florence, Patrice Guirao, Pascal Obispo, Daniel Lavoie, Etienne Roda-Gil, Daniel Seff et d'autres encore, qu'Isabelle Boulay confie ses chansons. Malgré cette diversité de plumes, l'album se veut intimiste. Il est réalisé conjointement par Benjamin Biolay et Pierre Jaconelli.

La chanteuse entame en septembre une tournée de plus de six mois, bilan de quinze années de travail. Coup d'envoi à Laval, au Québec le 7 septembre, avant de faire le tour de la France jusqu'en novembre. En janvier 2005, elle repart sur les routes du Québec jusqu'en avril. Elle revient ensuite en France jusqu'en juin. Elle se produit à l'Olympia à Paris du 25 au 30 avril alors que son album s'est déjà vendu à plus de 300.000 exemplaires.

"Du temps pour toi" est l'enregistrement live qui immortalise la tournée. Il sort en 2006. L'année suivante est marquée par la sortie d'un album country, intitulé "De retour aux sources", une escapade musicale qui n'est pas sans lui rappeler les influences de son enfance. De grands noms participent à l'écriture des chansons : Michel Rivard, Zachary Richard, Louise Leforestier, Luc de la Rochellière, Jorane ou encore André Gagnon. Dans cet album, Isabelle reprend aussi une chanson de Joe Dassin "Mon village au bout du monde".

2008 : "Nos lendemains"

Après quelques dates de concerts au Québec, la belle rousse sort en mars 2008 un nouvel album "Nos lendemains". Réalisé par Dominique Blanc-Francard, cet album rassemble des auteurs compositeurs de talent : Julien Clerc ("Reviens, reviens"), Maxime Le Forestier, Jean-Louis Murat, Benjamin Biolay ("Ne me dis pas qu'il faut sourire"), Jacques Veneruso. Une chanson country de Ron Sexsmith, dont le titre original est "Tomorrow in her eyes" et adaptée en français par Guillaume Vigneault, donne le titre à l'album "Nos lendemains". Une reprise de la chanson "Coucouroucoucou Paloma" nous rappelle l'admiration de la jeune Québécoise pour son aînée Nana Mouskouri.

Isabelle Boulay démarre alors une tournée française qui débute du 21 au 23 mars par un passage à l'Olympia à Paris.

 

Le 20 octobre de cette même année, Isabelle Boulay donne naissance à un petit garçon prénommé Marcus. Le père n'est autre que le producteur de la chanteuse, Marc-Antoine Chicoine.
 
Deux semaines plus tard, lors du Gala de l'Adisq, Isabelle Boulay reçoit 3 Félix, celui de l'interprète féminine de l'année, celui de l'artiste québécois s'étant le plus illustré hors Québec, et celui du meilleur spectacle (interprète).
 
Elle donne encore quelques concerts au Québec et en Europe avant de se consacrer à un nouvel album. Celui-ci sort uniquement au Canada en novembre 2009 et s'intitule "Chansons pour les mois d'hiver", un disque dédié à une saison qu'Isabelle Boulay affectionne particulièrement. Elle y interprète entre autres, "le Patineur" de Julien Clerc, "Hors-saison" de Francis Cabrel et "Je reviens chez nous" de Ferland.
 
2011 : "Les grands espaces"
 
C'est à l'automne 2011 que la Québécoise sort un album intitulé "Les grands espaces", que la critique estime très réussi. Elle a une nouvelle fois fait appel à Benjamin Biolay pour la réalisation de cet opus aux accents très americana. La folk-country sied à Isabelle Boulay qui érige ainsi un pont entre les deux rives de l'Atlantique. Elle reprend là aussi des chansons qui font partie de son tour de chant : "Jolie Louise" de Daniel Lanois, ou "True Blue" qu'elle est allée enregistrer à Nashville avec la superstar de la country, Dolly Parton. Jean-Louis Murat lui écrit "Amour aime aussi nous voir tomber", Benjamin Biolay "Voulez-vous l'amour", Hubert Mounier (ex-Affaire Louis Trio), "Voyager léger" et Steve Martin "Les grands espaces". Un univers qui lui semble familier et qui permet au public de voyager avec elle.
 
Elle se produit au Casino de Paris du 1er au 4 décembre avant d'entreprendre une grande tournée française puis québécoise.
 
Juillet 2012

 

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