Nicoletta

Nicoletta
Né(e) : 11/4 /1944 à Vongy (France)
Pays : France
Langue : Français
Qualité : Auteur / Chanteuse
Genre musical : Chanson

Intransigeante et indépendante, Nicoletta a un parcours ponctué d'expériences et de succès divers. Après des débuts triomphaux au cours des années 60, cette chanteuse à la voix impressionnante a choisi de mener seule sa carrière. Mais le public apprécie toujours son tempérament explosif et surtout, son indéniable talent d'artiste de scène.

Intransigeante et indépendante, Nicoletta a un parcours ponctué d'expériences et de succès divers. Après des débuts triomphaux au cours des années 60, cette chanteuse à la voix impressionnante a choisi de mener seule sa carrière. Mais le public apprécie toujours son tempérament explosif et surtout, son indéniable talent d'artiste de scène.

C'est dans les Alpes savoyardes, à Vongy, que naît Nicole Grisoni le 11 avril 1944. Elle est élevée en grande partie par sa grand-mère, personnage essentiel de sa vie et dont elle parlera souvent au cours de sa carrière. Nicole suit sa scolarité au collège et suit même des cours aux beaux-arts à Lyon. Mais son talent et son goût pour le chant se dessinent déjà sérieusement. Le jazz, le blues et le gospel sont de loin ses musiques préférées et en dépit d'une carrière très "variétés", ces styles musicaux referont toujours surface dans son répertoire.

"Il est mort le soleil"

Au début des années 60, encore toute jeune, Nicole "monte" à Paris. Avant de percer dans la chanson, elle est disc-jockey dans des clubs à la mode, en particulier à Saint-Germain-des-Prés. De fil en aiguille, de rencontre en hasard, elle finit par être repérée par Léo Missir, directeur artistique de la grande maison de disques de l'époque, Barclay. C'est ainsi qu'elle enregistre son premier disque en 1966 et pour l'occasion, reprend un célèbre titre d'Edith Piaf, "l'Homme à la moto", adaptation d'un titre américain. Dans le même album, on trouve une reprise du tout premier titre de Nino Ferrer, "Pour oublier qu'on s'est aimé". Cependant, Nicole, devenue Nicoletta, ne se reconnaît pas dans le répertoire réaliste de la grande interprète décédée trois ans plus tôt.

L'année suivante, sort un second 45 tours, "la Musique". Mais c'est surtout "Il est mort le soleil" la même année qui marque l'entrée de la jeune femme dans la cour des artistes à succès. Ce titre est un tel tube que le chanteur américain Ray Charles décide de l'adapter en anglais.

Dès lors, Nicoletta impose l'image d'une chanteuse au tempérament exigeant voire difficile. Les règles du show-biz ne lui conviennent pas toujours, en particulier le principe du play-back contre lequel elle luttera souvent. En revanche, le public l'apprécie énormément pour sa voix exceptionnelle, mais aussi pour sa personnalité joyeuse et rebelle. En 1968, elle est de tout cœur aux côtés des manifestants, allant parfois chanter pour les grévistes dans les usines.

"Mamy Blue"

Outre ses succès discographiques, Nicoletta entame une belle carrière sur scène. Très populaire, elle crée un vrai contact avec le public et son fort tempérament artistique s'épanouit parfaitement dans ces moments-là. Tous les ans, elle traverse la France, mais apparaît aussi dans de prestigieux festivals comme San Remo en Italie ou le MIDEM de Cannes (Marché international du disque). Sa popularité dépasse alors les frontières pour s'envoler jusqu'au Japon.

Nouveau tube en 1970 avec "Ma vie c'est un manège", reprise d'un titre américain. Puis en 1971, sort un autre de ses plus célèbres succès, "Mamy Blue". Signée du Français Hubert Giraud, cette chanson est très empreinte de gospel et l'interprétation de Nicoletta confirme son talent, rare en France, pour un tel répertoire. Le titre sera repris très souvent au cours des années suivantes par des artistes comme Demis Roussos, Dalida ou le quatuor américain du Golden Gate Quartet.

L'album que Nicoletta sort cette année-là est déjà son quatrième et se nomme "Visages". Accompagnée par le groupe Zoo, elle y reprend un titre de Léo Ferré, "Dieu est nègre", et de Gilbert Bécaud, "la Solitude ça n'existe pas ". Un autre texte est signé Julien Clerc mais fut écrit spécialement pour l'occasion. Après avoir commencé sa carrière discographique par une reprise, Nicoletta n'aura de cesse de donner sa voix à des titres déjà connus.

"Fio Maravilla"

Le début des années 70 est une période d'incessants voyages pour Nicoletta. En 1972, elle tourne en Turquie, en Afrique, fait 100 dates en France au cours de l'été puis à l'automne, c'est le Japon et enfin le Brésil à la fin de l'année ! Elle est accompagnée pour ces tournées par un groupe de huit musiciens, T.N.T.H.

A cette époque durant laquelle on la voit aussi beaucoup à la télévision, elle continue de plus belle sa lutte contre le play-back quasiment obligatoire et auquel se livrent la plupart des artistes en vogue sur les plateaux de télé. Son indépendance passe aussi par la création de son propre label, Rapa Nui, en 73. Mais plus que se promouvoir elle-même, son but est d'aider et de promouvoir les jeunes artistes. Enfin, elle se lance un peu dans l'écriture de textes.

Dans l'album "Nicoletta 73", la chanteuse reprend un tube du Brésilien Jorge Ben, "Fio Maravilla". L'adaptation française signée Boris Bergman est un gros succès. Citons aussi la présence de la chanson générique du film de Jean-Claude Brialy, "les Volets clos".

Nicoletta continue de tourner dans le monde entier et d'enregistrer des disques en différentes langues. En 1974, elle remporte le Prix Charles-Cros avec le disque "Enfants venez chanter l'espoir". Elle est également choisie pour interpréter le générique de la version française du film "Papillon" de Franklin J.Schaffner.

Enfin, alors qu'elle a déjà tourné dans toute la France et dans le monde entier, Nicoletta passe pour la première fois en vedette sur la plus prestigieuse scène parisienne en 1975, l'Olympia.

"Idées noires"

A part quelques 45 tours, Nicoletta ne sort rien avant l'album "Palace" en 1978. L'année suivante, elle monte en vedette sur les planches du music-hall parisien Bobino pour une nouvelle série de concerts. Mais pour Nicoletta et son mari Patrick Chapuis, un bijoutier suisse, l'événement en 79 est la naissance de leur fils Alexandre.

Un album sort en 1980, "Naturel ma belle", puis un en 1983 produit par Rachid Bahri, "Qu'est-ce qui m'arrive ?". Mais aucun succès n'en est tiré. En revanche en 1983, on la retrouve aux côtés de Bernard Lavilliers pour un duo qui se place très bien dans les ventes et dans les classements de disques de l'époque : "Idées noires". Puis nouvelle éclipse jusqu'en 1985, année de son divorce. Son nouveau 45 tours se nomme "Il n'y a vraiment que l'amour" et inaugure son nouveau label, Alex Productions. Mais aucun album à la clé.

Retour sur scène en 1987 mais pour une nouvelle expérience collective. En effet, Nicoletta se glisse dans le rôle de Jenny, personnage de l'opéra "Grandeur et décadence de Mahoganny" écrit en 1930 par les Allemands Kurt Weil et Berthold Brecht. Deux ans plus tard, c'est le chanteur et musicien William Sheller qui lui offre le rôle d'Esmeralda dans sa comédie musicale "Quasimodo" inspirée du roman de Victor Hugo, "Notre Dame de Paris". Ce rôle de gitane en perfecto lui sied comme un gant. Le spectacle attire 200.000 spectateurs.

A la fin des années 80, Nicoletta rencontre quelques soucis financiers qui l'obligent à multiplier les galas et les tournées. Mais ce n'est pas pour lui déplaire…

Connivences

De longues années se passent avant que Nicoletta ne travaille sur un nouvel album. En 1995, sort "J'attends, j'apprends", dont certains textes sont écrits par William Sheller, Richard Cocciante et Pierre Delanoë. Le disque paraît le 17 mai 95 et remporte un succès mitigé.

Après le décès de sa grand-mère, Nicoletta avoue un retour vers la foi. Ceci se traduit vers une nouvelle aventure musicale. Elle se lance dans un répertoire gospel et revisite ses succès entourée d'une chorale de chanteurs antillais. Ensemble, ils entament une longue tournée dans les églises de France mais aussi de Suisse, de Belgique. La tournée, d'environ 180 dates, va durer plus d'un an et traverser aussi bien le village natal de la chanteuse que le Japon. A Paris, l'ensemble chante à l'Eglise St Roch, paroisse des artistes, en mars et en octobre. Lors des concerts de mars, un enregistrement est effectué et donne lieu un album live, le premier de la chanteuse. Le répertoire est composé d'anciens titres, mais aussi de reprises ("Quand on a que l'amour " de Jacques Brel), de titres purement gospels ("Oh ! Happy Day") et même de chants classiques ("Ave Maria" de Charles Gounod).

Dans la foulée, Nicoletta entreprend l'écriture d'un nouvel album et retrouve pour l'occasion son ami William Sheller. Enregistré durant l'hiver 97-98, l'album "Connivences" sort le 20 septembre 1998. Nicoletta signe les textes de deux titres. Quant aux musiques, elles sont signées bien sûr Sheller, mais aussi Serge Perathoner, l'Italien Romano Musumarra ou l'Américain Paul Breslin.

Concerts et générosité

Du 5 au 9 octobre 1999, Nicoletta fête ses trente ans de carrière au Casino de Paris. Elle chante ses propres tubes mais aussi les standards qu'elle aime, que ce soit du jazz, du blues ou de la variété. Puis la chanteuse reprend ses spectacles gospel avec beaucoup de succès. On la voit sur de nombreux festivals, de chanson, de jazz ou de blues (Festival du Creusot 2000, Ete Frappé Festival 2001). En mai 2001, elle donne plusieurs concerts à la Réunion et à Mayotte, deux îles françaises de l'océan Indien. Elle répond aussi présent pour chanter au profit de certaines causes. C'est ainsi qu'elle est aux côtés de nombreuses autres chanteuses le 8 mars 2000 pour le concert destiné à recueillir des fonds pour les Voix de l'espoir, une association qui cherche à apporter de meilleurs soins aux enfants du tiers-monde. Nicoletta est depuis un des piliers de ces concerts organisés par Princess Erika tous les ans, le 8 mars. En novembre 2001, elle est aussi invitée avec ses Gospel Voices, au centenaire de l'Action Catholique Générale Féminine, une association de femmes.

A l'automne 2001, une émission de télévision, Star Academy, rajeunit la notoriété de Nicoletta. En effet, les candidats de ce concours destiné à faire émerger une future vedette de la chanson, reprennent un de ses tubes de 1967, "La Musique". Cette reprise se vend à près de deux millions d'exemplaires. Dans la foulée, la maison de disques de la chanteuse ressort une compilation de ses succès, "30 ans de passion" (originellement parue en 1999), intégrant bien sûr "La Musique".

Nicoletta enchaîne sur une grande tournée européenne où elle joue la plupart du temps à guichets fermés jusqu’à la fin de l’année 2002.

2006 : "Le Rendez-vous"

On n’entend guère parler d’elle jusqu’en octobre 2006, où elle sort l’album "Le Rendez-vous" chez Universal Classics. Elle y reprend des standards de jazz comme "Summertime" ou "Georgia on my Mind", mais aussi des titres écrits par Bernard Lavilliers, Patrick Eudeline et Manu Chao. 

Elle publie en 2008 aux éditions Florent Massot une biographie intime qu’elle intitule "La Maison d’en face", celle de son père qui ne l’a jamais reconnue. Elle y dévoile son enfance difficile, ses fragilités d’adulte et y couche ses souvenirs de tournées avec Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell, entre autres. Une compilation de cinquante des ses chansons suit de près la parution de ces mémoires ainsi qu’une nouvelle tournée qui l’emmène notamment en Nouvelle-Calédonie.

Du 14 au 18 octobre 2009, Nicoletta fête ses quarante ans de carrière à l’Alhambra, à Paris. Elle y chante ses plus grands tubes ("Il est mort le soleil", "Mamy Blue", "Ma vie c’est un manège"…), ses gospels ("Happy Days", "Nobody Knows"…) et ses interprétations de standards du jazz ("Où es-tu passé Saint-Germain-des-Prés", "Summertime"…). Elle se lance ensuite dans une grande tournée en province jusqu’à la fin de l’année 2009.

Puis ses plus grands titres chantés à l'Alhambra sont immortalisés sur un double CD et DVD live, qui parait fin 2010.

En octobre 2011 Nicoletta réapparaît là où on ne l'attend pas… en duo avec JoeyStarr sur le nouvel album du rappeur, "Egomaniac". Cette rencontre inattendue a donné naissance au titre "Mamy", qui s'inspire directement du tube "Mamy Blue".

L'expérience enthousiasme la chanteuse, qui fait alors appel au producteur de l'album de JoeyStarr, Kimfu, pour réaliser son nouvel opus. "Ici et ailleurs", son quinzième album studio, paraît en mars 2013, porté par deux duos, l'un avec Florent Pagny ("Tu es libre man"), l'autre avec JoeyStarr à nouveau ("La voix des anges"). En août, la chanteuse entame une tournée française qui l'amène sur la scène du Bataclan, à Paris, les 22 et 23 novembre, où elle retrouve le rappeur en invité d'honneur.

Février 2014

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