Rajery

Né(e) : 1964 à Ambohimanga (Madagascar)
Pays : Madagascar
Qualité : Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical : musiques du monde

Germain Randrianarisoa, dit Rajery (prononcez "Rajer") est auteur, compositeur, percussionniste et chanteur. Il est surnommé le "prince de la valiha" (on dit "vali") et est le lauréat 2002 du Prix RFI Musiques du Monde.

Germain Randrianarisoa, dit Rajery (prononcez "Rajer") est auteur, compositeur, percussionniste et chanteur. Il est surnommé le "prince de la valiha" (on dit "vali") et est le lauréat 2002 du Prix RFI Musiques du Monde.

Fils de paysan, Rajery perd l'usage des doigts de sa main droite alors qu'il n'a pas encore un an. L'amputation de ce membre s'avère inévitable. Malgré ce handicap, le jeune garçon veut vivre la vie des enfants de son âge. Opiniâtre, il récuse la facilité : plutôt que de mendier, il décide de travailler. A Ambohimanga, une des nombreuses collines qui entourent Antananarivo, la capitale malgache, Rajery a une enfance heureuse bercée par les chants d'églises et les musiques du folklore des Hauts-Plateaux.

A 15 ans, il décide d'apprendre tout seul à jouer de la valiha, cette harpe tubulaire en bambou dont les notes évoquent tour à tour la harpe, le clavecin, la kora ou la sanza. Originaire d'Indonésie, la valiha est à Madagascar ce que la kora est aux pays sahéliens. Au fil des ans, il apprivoise l'instrument béni des ancêtres et s'initie à la profession de comptable.

En 1983, il débute avec le groupe Tsilavina et décide de rafraîchir le répertoire traditionnel. Dans son élan, il crée le premier grand orchestre consacré à la valiha avec 23 solistes jouant chacun d'une forme que l'instrument a pris dans l'histoire de la Grande Ile.
 
C'est en 1993 qu'il décide d'organiser à Antananarivo la première semaine nationale de la valiha, afin de populariser l'instrument à travers la Grande Ile. Homme à relever les défis, "Il a vaincu son handicap", est une phrase qu'il n'aime pas entendre, il devient facteur de valiha, compositeur, chanteur et s'occupe d'aider les gamins des rues de la capitale à s'en sortir. Il leur dispense son savoir et œuvre comme musicothérapeute.
C'est en rencontrant par l'intermédiaire d'amis français Christian Mousset, le créateur du festival des Musiques Métisses d'Angoulême que la carrière internationale de Rajery va démarrer.
 
En 1999, Mousset lui fait enregistrer son premier CD, "Dorotanety" (feu de brousse) sur son label d'alors, le fameux Label Bleu, album qui connaîtra un succès d'estime.
 
2001 : "Fanamby"


En septembre 2001 sort son second opus "Fanamby" (le défi), dans lequel Rajery et son quartet nous offrent un album d'une rare authenticité. Un disque acoustique avec lequel ils réussissent le fanamby d'une fusion entre l'héritage musical malgache et leur propre culture musicale. Les polyphonies 'a cappella' que le groupe Senge nous avaient fait découvrir côtoient les rythmes chaloupés du Salegy de Jaojoby, le blues mélodique des Hauts-Plateaux est évoqué comme les rythmes entêtants des danses Antandroy ou le groove du rija Betsileo.
 
Une série de concerts suivra la sortie de l'album, notamment à la Cité de la musique à Paris les 7 et 10 novembre dans le cadre du cycle consacré aux musiques de Madagascar, puis en décembre lors du festival Africolor.
 
En mai 2002, Rajery s'envole avec son groupe pour une tournée nord-américaine, qui débute à La Nouvelle-Orléans, passe par les festivals de La Fayette et d'Houston pour s'achever à Chicago. C'est aux Etats-Unis qu'il apprendra sa nomination comme lauréat du Prix RFI Musiques du monde 2002.
 
Un concert est organisé les 10 et 11 octobre à La Cigale de Paris pour fêter l'événement au cours duquel Rajery partage l'affiche avec le Brésilien Lénine.
 
En 2003, Rajery reprend la route avec des concerts en Afrique Australe courant janvier et février, puis une tournée malgache au cours du printemps avant de rejoindre l'Europe pour une tournée d'été.
 
Rajery cisèle chaque album. En 2004, trois ans après "Fanamby", il sort son troisième opus, "Volontany" (la couleur de la terre, la couleur rouge qui symbolise l’île de Madagascar en malgache). Entouré d’un quartet de musiciens triés sur le volet et aussi efficaces dans un répertoire jazz que dans celui des musiques traditionnelles de Madagascar, il étrenne les nouveaux morceaux sur les scènes de France en mars. Le 19, il participe notamment au festival Chorus des Hauts de Seine. Le 30, il joue à Paris au célèbre New Morning avant de passer en première partie de la chanteuse malienne Rokia Traoré, les 7 et 8 avril à la Cigale.
 
En décembre 2004, la première édition du festival Angaredona ("effort collectif", en malgache) monté par Rajery se tient dans la ville de Majunga. A travers cette manifestation, l'artiste a l'ambition de faire la promotion des musiques vivantes de Madagascar auprès de ses compatriotes.
 
Le festival prend rapidement de l'ampleur. La seconde édition se tient à Antananarivo, la capitale, tout comme la troisième à laquelle participent plus de soixante groupes de toute la Grande Île entre le 15 et le 24 septembre 2006. Quelques musiciens étrangers comme Driss El Maloumi sont invités à la fête. Le joueur de oud marocain et le Malgache se sont rencontrés quelques mois plus tôt au festival Timitar organisé à Agadir. C'est à cette occasion que le projet 3MA (pour Mali, Madagascar, Maroc) à commencer à prendre forme autour de Rajery, Driss El Maloumi et Ballaké Cissoko, monté dans le train après le désistement de Toumani Diabaté. Depuis longtemps, le joueur de valiha rêvait d'une aventure commune avec un koriste. Avec le soutien du Centre culturel français d'Antananarivo, les trois hommes enchaînent les résidences artistiques à Madagascar pour peaufiner leur création qu'ils présentent pour la première fois sur scène le 9 mars 2007 dans la capitale malgache, avant de s'envoler vers l'île de La Réunion pour enregistrer en studio le résultat de leurs travaux.
 
2007 : "Sofera"

En avril 2007, Rajery sort son quatrième album, "Sofera" ("chauffeur", en malgache). Avec les musiciens de son nouveau groupe, il a préparé les morceaux pendant toute une année dans son local de Besarety et il ne leur faut que cinq jours pour les enregistrer en studio à Angoulême lors de leur passage en mai 2006 au festival Musiques Métisses. En août 2007, Rajery retourne au festival Sakifo à La Réunion où il était programmé l'année précédente, mais cette fois il est invité à participer au jury présidé par le chanteur Ziskakan pour remettre à un artiste de la zone océan Indien le premier Prix Alain-Peters.

En quelques années, Rajery le "prince de la valiha" s'est imposé comme l'un des artistes les plus actifs et les plus brillants de la Grande Île, développant au delà de la musique de nombreuses activités connexes qui reflètent sa motivation à vouloir faire connaître la culture malgache. Un travail qu'il n'oublie pas de mener d'abord à l'échelle nationale tout en menant une carrière internationale.
 
L’année 2008 se déroule en grande partie sous le signe du projet 3 MA, et elle revêt un caractère international sans précédent pour Rajery. Entre le Yemen en janvier et l’Italie en décembre, le trio malgacho-maroco-malien se produit en effet 45 fois dans près de 25 pays dont la moitié sur le continent africain, et passe bien sûr à Madagascar. L’album, commercialisé en avril, obtient un succès critique qui contribue à asseoir encore davantage la réputation du musicien malgache.
 
Parallèlement, il joue sa carte personnelle et donne des concerts avec son groupe à Paris et Bruxelles. La tournée 3 MA se poursuit en 2009, avec environ 25 prestations au programme, toutes sur le sol européen, en particulier en Suède où le trio fait escale dans une dizaine de villes.
 
Rajery est aussi à l’affiche de quelques festivals sous son nom, et parfois monte sur scène en solo comme au festival Sud à Arles, en France, ou à la Journée de la francophonie qui se tient au Liban. Il retrouve ses complices El Maloumi et Sissoko en Belgique au début de l’année suivante, pour une nouvelle série de concerts qui lui donne l’occasion de se rendre en Roumanie, Slovénie, Pologne…

Sur le marché malgache, il reste présent avec la parution d’un best of réunissant des chansons de la période 1999-2010 et célèbre dans un club de la capitale ses 30 ans de valiha. On le voit aussi aux côtés du jeune groupe Vetson-Kira, dont les membres, passés d’abord par un tremplin musical télévisé, ont choisi de se réorienter vers les chants évangéliques, démarche à laquelle Rajery pense aussi de son côté, dans le cadre d’un projet spécifique.

Début 2011, il profite également du passage sur la Grande Île de la chanteuse-conteuse franco-malgache Talike pour esquisser une collaboration. Mais c’est avant tout la préparation de son cinquième album, qui va l’occuper avec son groupe dans les mois suivants, avec pour objectif d’aller vers plus de simplicité. Invité une nouvelle fois au festival Musiques Métisses à Angoulême, en France, lors de l’édition 2012, il est aussi à l’affiche de Madajazzcar qui se tient dans la capitale Antananarivo en octobre. 
 
2012 : "Tantsaha"


"Tantsaha", qui contient onze chansons enregistrées dans son pays, sort quelques semaines plus tard. Son auteur y évoque surtout le sort des paysans et ses préoccupations environnementales. L’album est d’ailleurs lié au projet de reforestation Arbre de vie mis en œuvre par l’association Les Amis de Rajery, un euro par CD vendu étant reversé à cette cause. Sur deux morceaux, le joueur de valiha devient joueur de ngoni, un instrument à cordes d’Afrique de l’Ouest dont il affectionne le son. Il se produit en France au mois de novembre dans le cadre du festival des Musiques du Monde en banlieue parisienne, puis à Strasbourg avec le Burkinabé Moussa Coulibaly à l’issue d’une résidence d’artistes, avant de revenir jouer à Paris dans l’ambiance intimiste du Studio de l’Hermitage.

Novembre 2012  

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