Zebda

Pays : France
Langue : Français
Genre musical : Raï / Rock / Chanson
Membres : Magyd Cherfi, Hakim Amokrane, Mustapha Amokrane, Joël Saurin, Rémi Sanchez

Rock, raï, reggae, funk, tout y passe. Tout passe dans la moulinette Zebda. Ce collectif bigarré emmené par des tchatcheurs de premier choix aime faire la fête, opte parfois pour la provocation mais ne laisse jamais de côté sa conscience politique. Magyd, Hakim, Joël et les autres prennent la scène pour une tribune. Mais n'est-ce pas là une variante un peu fun de la chanson engagée ?

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  • Rock, raï, reggae, funk, tout y passe. Tout passe dans la moulinette Zebda. Ce collectif bigarré emmené par des tchatcheurs de premier choix aime faire la fête, opte parfois pour la provocation mais ne laisse jamais de côté sa conscience politique. Magyd, Hakim, Joël et les autres prennent la scène pour une tribune. Mais n'est-ce pas là une variante un peu fun de la chanson engagée ?

    Zebda (le beurre en arabe) se compose de sept musiciens. En 85, le groupe se forme pour les besoins d'un film vidéo tourné par une association de quartier à Toulouse, dans le sud de la France. Magyd Cherfi animateur de son état, recherche des musiciens. Il fait appel à des copains de lycée, rockers, Joël Saurin (basse), Pascal Cabero (guitare) et Vincent Sauvage (batterie). L'animateur devient à l'occasion chanteur et recrute deux choristes de choc, les frères Amokrane, Mustapha et Hakim.

    Le courant passe très bien entre eux à tel point que l'aventure va durer au-delà du tournage. En effet, pendant quelques temps, ils vont continuer à s'associer et se produiront comme animateurs musicaux au sein de projets de quartier. Puis l'expérience va s'arrêter pour cause d'usure.

    Mix explosif

    En 88, ils se retrouvent pour un véritable projet musical. Se réclamant de Clash comme de James Brown, Zebda fusionne en fait de nombreuses influences comme le rock, le rap, le raï, le reggae, etc. Ce mélange détonnant est servi sur scène par un collectif survolté.

    Après avoir donné de nombreux concerts dans leur région, ils sont sélectionnés fin 89 pour les Découvertes du Printemps de Bourges. Ils se produisent au festival en 90 et enchaînent sur une tournée à travers la France, l'Italie et l'Angleterre.

    Ce n'est qu'en 92, qu'ils vont enfin se pencher sur l'enregistrement d'un album. Grâce à Peter Murray (connu pour avoir signé quelques années plus tôt les Pogues et Négresses Vertes), Zebda va sortir "l'Arène des rumeurs" sur le label Nord/Sud (Barclay). Le groupe allie militantisme et humour, suivant ainsi de près leurs aînés Massilia Sound System et Fabulous Trobadors.

    S'ils ne tardent pas à remonter sur scène, ils organisent en septembre 93, et pour la troisième fois, le festival Ça bouge au Nord, grande fête qui mobilise plusieurs quartiers défavorisés de Toulouse. Pour la soirée de clôture, de nombreux artistes sont venus apporter leur soutien (gratuit) à cette entreprise, Noir Désir, Saï Saï, les Satellites ou Idir.

    1995 : "Le Bruit et l'odeur"

    Le travail que Zebda accomplit sur le terrain social lui sert à alimenter les textes de ses chansons. Avec "le Bruit et l'odeur" (titre qui fait référence à une allocution du président Jacques Chirac) album sorti en 95, le groupe dénonce toujours les inégalités sociales, les problèmes liés à l'immigration, le racisme et l'obscurantisme en général. Cet album connaît un succès public et médiatique important, relayé évidemment par une tournée, intitulée l'Heureux tour.

    Les membres de Zebda ne sont pas à court d'idées pour poursuivre leur action militante : trois d'entre eux, Magyd, Mustapha et Hakim montent en 97 une association Tactikollectif. Outre l'organisation d'une fête locale pour soutenir des sans-papiers (immigrés clandestins), ce collectif publie un album autoproduit intitulé "Motivés", rassemblant dix chansons de lutte, d'époques et d'origines diverses. "Le Chant des partisans" est repris et adapté avec un nouveau refrain "Motivé, motivé, il faut rester motivé", sorte d'appel, qui donne le ton à l'ensemble de ce disque.

    1998 : "Essence ordinaire"

    Retour à l'aventure Zebda en août 98 avec la sortie d'un nouvel album "Essence ordinaire", mixé aux Etats-Unis avec un ingénieur du son new-yorkais Nicholas Sansano. Ce nouveau pas artistique amène le groupe toulousain à enrichir ses morceaux avec des samples, notamment de musique orientale, comme pour marquer un peu plus le mélange des genres. Le premier simple extrait de l'album s'intitule "Je crois que ça va pas être possible", reprenant hardiment la croisade contre l'intolérance. Croisade qui se poursuit par une tournée hexagonale pendant laquelle le groupe rencontre un grand succès. Il se produit notamment devant un Olympia comble, à Paris le 9 novembre. Le courant avec le public passe très bien et les échanges joyeux entre la scène et la salle où tous chantent et dansent, démontrent le lien affectif évident instauré entre le groupe et ses supporters.

    L'année 99 est consacrée en grande partie aux tournées. Au cours de l'été, on les voit sur les scènes des festivals de Québec le 9 juillet à Nyon, en Suisse, le 22 en passant par les Francofolies de la Rochelle le 16, et avant de retrouver Paris à la rentrée. Au même moment, le groupe reçoit un disque de platine pour 300.000 exemplaires vendus. Il faut dire que le simple "Tomber la chemise" est le tube de l'été ce qui favorise sans doute les ventes d'albums.

    Leur énorme succès leur vaut une rentrée chargée. Ils sont partout. En septembre, ils envahissent La Cigale pour une semaine puis repartent en province avant de donner la der des ders le 23 novembre au Zénith de Paris. Mais, on les retrouve cependant lors de quelques dates hors tournée au cours du mois de décembre.

    La reconnaissance du public et des professionnels vient avec la remise de la Victoire de la Musique du meilleur groupe de l'année ainsi que celle de la Meilleure chanson pour "Tomber la chemise". Leur popularité est immense mais le groupe semble garder les pieds sur terre. Par ailleurs, on comptabilise 600.000 albums vendus ce qui constitue un vrai score.

    Convaincu que la culture (et la musique en particulier) est un moyen de lutte important, Zebda, joyeuse bande de musiciens, sait allier action sociale et projet artistique, démontrant ainsi qu'il n'existe pas de barrière entre les genres. D'ailleurs, en mai 2000, ils annoncent qu'ils veulent parrainer les élections municipales du printemps 2001 en mettant au point une liste de candidats indépendante des listes de partis. Le score de cette liste, "Motivé-e-s", dont certains des membres (Hakim Amokrane et Magyd Cherfi) font partie obtient un score très correct.

    2002 : "Utopies d'occase"

    L'année 2002 marque le retour du groupe sur la scène musicale avec la sortie de leur quatrième album, "Utopies d'occase" le 28 août. A nouveau réalisé par le producteur Nicholas Sansano, cet opus fort attendu (depuis l'énorme succès d'"Essence ordinaire") poursuit dans une veine musicale entre ragga, reggae et raï, teinté de touches très rock. Car le ton de ce disque se veut plus noir que le précédent.

    Toujours aussi militants, sincères dans leurs propos, les membres du groupe n'ont pas opté pour la facilité vers laquelle aurait pu les entraîner le succès de "Tomber la chemise". Le premier simple extrait de l'album s'intitule "l'Erreur est humaine". Mais Zebda est aussi et surtout un groupe qui révèle tout son potentiel sur scène. Il commence les répétions à Angoulême dès le mois d'août avant d'entamer une première tournée jusqu'au mois de novembre. Tournée qui devient disque avec la sortie en novembre 2003 du premier album live des Toulousains : "La Tawa".

    Parenthèses

    Le 11 octobre 2003, après 18 ans de vie commune, cinq albums studio, plus d'un millier de concerts, et beaucoup d'engagement, les membres de Zebda décide de mettre le groupe entre parenthèses après un dernier concert à Ramonville dans la banlieue de leur ville rose, Toulouse.

    L'expérience de groupe, jalonnée de compromis, a visiblement lassé des auteurs-compositeurs-interprètes talentueux, dont les aspirations solitaires se faisaient de plus en plus fortes. Mais, cette mise entre parenthèses ne signifie pas pour autant séparation. Ce que les Toulousains crient haut et fort. Le combo n'est qu'en suspens, le temps pour ses membres de se lancer dans leurs projets solo respectifs.

    Le premier à se lancer est Magyd Cherfi qui, en Mars 2004, sort "Cité des Etoiles". Album intimiste, produit entre autres par Imhotep (IAM) et Matthieu Chedid (-M-), où, comme Brassens en son temps, le récit prime sur la musique. L'ex-leader de Zebda prolonge cette expérience en sortant dans la foulée un recueil de nouvelles intitulé "Livret de Famille".

    Après avoir multiplié les collaborations, notamment avec Cheb Mami, Brigitte Fontaine et Tiken Jah Fakoly, les frères Amokrane (Mouss & Hakim) sortent en 2005 leur propre album, "Mouss et Hakim ou le contraire", qui contient entre autres, un texte écrit pour eux par Claude Nougaro, peu de temps avant sa disparition. On retrouve les compères sur de nombreuses scènes lors d'une grande tournée à travers la France.

    On retrouve Magyd en solo avec un nouvel album en avril 2007, "Pas en vivant avec son chien", sortie suivie d'une tournée française. La même année, il publie chez Actes Sud, une série de récits, "la Trempe".Mouss et Hakim, quant à eux, se replongent dans un répertoire qui leur est cher, celui de l'immigration maghrébine : des succès chantés en arabe, en kabyle, voire en français et rassemblés dans un opus intitulé "Origines contrôlées" qui sort en octobre 2007. Là aussi, les deux compères s'embarquent sur les routes de France pour donner de nombreux concerts.

    Pendant la tournée des frères Amokrane, intitulée "Vingt d'honneur" qui célèbre leurs 20 ans d'activisme artistique, en 2010, on retrouve à quelques occasions Magyd sur scène avec eux, préfigurant d'un nouveau travail collectif.

    En effet, Zebda est de retour et commence à écrire des chansons en prévision d'un album à venir. Le premier rendez-vous avec le public a lieu les 14 et 15 octobre 2011 aux Docks de Cahors, juste avant que le groupe ne prenne la route pour une tournée qui se poursuit jusqu'à la fin de l'année (avec 3 dates au Centre Fleury de la Goutte d'or à Paris du 8 au 10 décembre). Au programme, d'anciennes chansons mais aussi des nouvelles, rodées avant la sortie de l'album. Cinq membres historiques de Zebda sont là : Magyd, Mouss et Hakim ainsi que Joël Saurin (basse) et Remy Sanchez (clavier et accordéon). Les cheveux ont un peu blanchi mais l'énergie et la combativité sont toujours là.

    2012 : "Second tour"

    Dans les premiers jours de l'année 2012, sort donc ce nouvel album tant attendu, "Second tour". Zebda reprend le combat. Artistes engagés, les membres du groupe veulent donner de la voix sur les sujets sensibles de l'immigration, de la laïcité, ou de la mixité sociale. Un album sciemment mis en route avant l'élection présidentielle française de 2012 afin de participer, à leur manière, au débat. Dans le premier simple extrait de l'album, "Un dimanche autour de l'église", est clairement évoquée la problématique de l'identité nationale. Si les thèmes abordés sont sérieux, le groupe comme à son habitude, propose une musique assez enjouée et festive.

    Les concerts reprennent en mars 2012.

    Janvier 2012

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