Ziskakan

Date de création : 1979
Pays : France
Langue : Créole
Membres : Gilbert Pounia, Harry Perrigone, Patricia Payet, Lucay Canon, Jimi Mariapin, Laurent Ladauge

Dans la sève rebelle du maloya, miroir de la bouillonnante culture créole réunionnaise, Gilbert Pounia, leader du groupe Ziskakan, a trouvé matière à nourrir son coeur. Groupe pionnier dès la fin des années 70, Ziskakan a fait du maloya son cheval de bataille et de la défense de la culture créole son credo.

Dans la sève rebelle du maloya, miroir de la bouillonnante culture créole réunionnaise, Gilbert Pounia, leader du groupe Ziskakan, a trouvé matière à nourrir son coeur. Groupe pionnier dès la fin des années 70, Ziskakan a fait du maloya son cheval de bataille et de la défense de la culture créole son credo.

Pendant longtemps, le maloya fut banni par les autorités réunionnaises. Les temps changent. Aujourd’hui, il vit en pleine lumière grâce à ces guerriers de l’ombre qui ont tout fait pour qu’il ne meure pas. Parmi ceux ayant choisi de se mobiliser en sa faveur et pour la reconnaissance de la langue créole, hier complètement niée par les élites locales, figure aux avant-postes le groupe Ziskakan.

Créé en 1979 sous la forme d’une association culturelle ayant pour but "la valorisation et la propagation de la culture réunionnaise", Ziskakan va au départ faire figure de laboratoire d’études pour la langue créole (création d’un groupe d’études et de recherches créoles - GREC – regroupant intellectuels, chercheurs, historiens, lancement du magazine Sobat-koz, d’une radio libre - radio Ziskakan -). Mais Ziskakan est aussi un véritable groupe artistique. Un ensemble militant qui à travers le théâtre, la poésie, la danse, le chant, le conte, la musique, perpétue tout un faisceau de valeurs représentatives de la culture réunionnaise.

Le groupe enregistre son premier album (autofinancé) et commence à tourner en dehors de l'île de la Réunion (Maurice et Seychelles). En 1983, sort un double album (encore autofinancé), "Pei Bato Fou", suivi en 1987 par "Moringer" (toujours autofinancé). Fin 1988 et début 1989, Ziskakan brandit pour la première fois l’étendard du maloya en métropole. D’autres albums suivent, au cours desquels Ziskakan, emmené par son charismatique leader, d’origine tamoule, Gilbert Pounia, ne cesse de développer une conception moderne du maloya sans en renier les racines.

Ambassadeur du maloya

Très remarqué lors de son passage à l’Olympia en 1992 à l’occasion de la soirée "La Réunion des Musiques", le groupe est repéré par Philippe Constantin, regretté directeur chez Polygram. Le résultat ne se fait pas attendre : Ziskakan enregistre à Dakar "Kaskasnikola", son septième album et le premier chez une major (sur Mango, label satellite d’Island). En 1994, le groupe participe à des festivals importants en Europe (Musiques Métisses à Angoulême, le Havre, Montreux, Francofolies de La Rochelle) et à la tournée "Africa Fêtes" aux Etats-Unis avec Angélique Kidjo et Kassav’ (à l’issue de la tournée, il est classé au Top Ten Californie).

Deux ans plus tard sort "Soley glasé", enregistré à Londres et Bruxelles, et réalisé par Phil Delire, qui avait travaillé notamment avec Alain Bashung. L’album s’achève sur une reprise de "Bato fou", un titre datant de 1981, l’un des plus grinçants qu’ait écrit Gilbert Pounia (" Ils nous ont donné l’ordre de nous blanchir la peau, d’apprendre le français vite fait pour que les patrons français n’aient pas trop de problèmes… "). En 1998, alors qu’il vient d’entamer une tournée de six mois qui doit passer par Miami pour le Midem latino, Ziskakan se disloque. Surprise. D’après les explications de Gilbert Pounia, fournies au journal réunionnais Le Quotidien, l’ambiance était devenue tendue depuis l’arrivée d’une forte somme d'argent attribuée par les collectivités locales pour le montage de la tournée.

Après quelques mois de réflexion, Gilbert Pounia remet le pied à l’étrier. Il réunit une nouvelle formation, entièrement acoustique et entre en studio. Enregistré en 1999 à la Réunion, mixé à Paris, "4 ti mo" (sorti en 2001 chez Créon Music), mêle aux instruments du maloya (rouleur, cayamb…) sitar et tabla indiens et contient un texte dédié au chanteur Kaya (décédé de façon suspecte dans les prisons de l’île Maurice). Ziskakan se produit à Paris le 3 novembre 2001 au Café de la Danse.

Retour aux origines

Gilbert Pounia renoue avec la terre de ses ancêtres en 2001. En effet, il se rend à Bombay en Inde pour enregistrer les morceaux qu'il a préparés à la Réunion. Il travaille sur les sons d'instruments tels que sarod, shennai ou flûte, cette dernière étant confiée à Rupark Kulkarnik, élève du fameux musicien Hari Trasad-Chaorasia. En décembre 2001, sort donc cet album aux sonorités indiennes intitulé "Rimayer". En janvier 2002, Ziskakan s'embarque pour l'autre côté de l'Océan indien et se produit à New Delhi ainsi qu'à Ariboa, une ville située sur le Gange.

Ziskakan se produit alors sur de nombreuses scènes  : sur l'île Maurice, en métropole et en Suisse. Le 28 avril 2003, le groupe donne un concert au Casino de Paris. L'enregistrement fait l'objet d'un disque qui sort l'année suivante. Gilbert Pounia et ses acolytes sont pendant cette année 2004, en tournée à la Réunion, en France, en Suisse et au Canada. 

En 2005, ils partent jouer dans les villes indiennes de Bombay, Jaïpur, Madras, Goa, New Dehli… Le chanteur choisit d'autoproduire son album suivant qu'il enregistre dans un studio de Montpellier. Là-bas se créent des liens avec le groupe raï rock, les Boukakes, dont l'un des musiciens est invité à participer aux sessions de l'album.

Toujours influencé par l'Inde, "Banjara" fait référence aux Gitans, croisés ici ou ailleurs, avec lesquels l'artiste se sent de réelles affinités. Programmé au festival Sakifo qui se tient à La Réunion en août, il lance son disque deux mois plus tard. Sa popularité est restée intacte : en deux mois, "Banjara" s'écoule à 8000 exemplaires, un très bon score sur cette île de 800.000 habitants.

En févier 2007, Ziskakan se produit en Afrique du Sud. Lors de la quatrième édition du Sakifo, en août, il préside le jury chargé de remettre le prix Alain-Peters à l'un des artistes de l'océan Indien participant au festival et choisit d'attribuer cette récompense au duo Lo Griyo, composé de Sami Pageaux-Waro et Luc Joly.

Septembre 2007

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