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Chronique album


Gino Sitson

Way to Go


Paris 

13/05/2009 - 

Alors qu’il avait pris l’habitude de réunir sur un même disque des titres a cappella et d’autres orchestrés, le jazzman camerounais Gino Sitson joue la carte du quartet tout au long de l’album Way to Go. Le but ? Mettre en avant un répertoire développé en interaction avec ses musiciens.



Une contrebasse, un piano et une batterie qui accompagnent un chanteur : avec cette orchestration classique, la tentation est grande de vouloir considérer Way to Go comme du jazz de type traditionnel, à la mode new-yorkaise. Mais au micro, il y a Gino Sitson, capable de faire ce qu’il veut de sa voix sur quatre octaves. L’ancien batteur devenu chanteur est nourri aussi bien par les chansons de Marvin Gaye que par les chants grégoriens et, naturellement, les musiques camerounaises. Pour autant, il ne cherche pas la performance vocale. Sa priorité est autre : "Ce sont les mélodies et les harmonies qui m’importent, le rythme est là pour colorer", aime dire celui qu’on compare souvent à Bobby McFerrin − dont il fut d’ailleurs l’invité, l’an dernier, sur la scène du prestigieux Carnegie Hall de New-York.

Si la plupart des textes sont écrits en medumba, la langue des Bamileke, le chant n’est pas obligatoirement synonyme de mots chez Gino Sitson. Pour "dévisualiser" les images qu’il voit, il n’hésite pas à utiliser des onomatopées, des sons. C’est le cas de Peaceful Journey, dédié à son père, tout comme Daddy, un morceau instrumental sur lequel le chanteur utilise la sanza offerte par son parent récemment disparu. En consacrant aussi une chanson à sa fille, Lucia, et une autre à sa mère, Magny Marcelline, il semble placer la notion de famille au cœur de cet album, y compris sur le plan musical. 

Au lieu de céder à la tentation d’inviter des pointures du jazz comme il l’avait fait pour Bamisphere en 2006, il a préféré privilégier les liens étroits tissés avec les musiciens qui jouent avec lui depuis de nombreuses années : le pianiste Helio Alves, le batteur Willard Dyson et le contrebassiste Lonnie Plaxico, également directeur musical de la chanteuse américaine Cassandra Wilson. Une complicité qui donne une véritable fluidité à l’album Way to Go.



 Ecoutez un extrait de Way to go


Gino Sitson Way to Go et Listen (Alessa Records) 2009

Bertrand  Lavaine