Chronique album
Paris
07/07/2009 -
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Restait donc à transformer l’essai. Conscient de ce qu’il représente, le chanteur a cherché à mettre la barre plus haut, tout en faisant preuve de pragmatisme : lors de sa tournée en France l’an passé, il a observé le public pour comprendre ce qui le faisait réagir. Du coup, pour ce second album intitulé Rappel à l’ordre, il a choisi de prendre la direction d’un reggae qu’il qualifie de "nu roots", moins orienté vers le dancehall et davantage chanté. Enregistrés à Paris, joués par une poignée de musiciens expérimentés et mixés par Godwin Logie qui a quelques chefs d’œuvre du reggae à son actif, les treize morceaux claquent et dégagent une vraie fraicheur.
S’il invite le vétéran jamaïcain Winston McAnuff sur Jah Kingdom, Takana Zion n’oublie pas sa dimension africaine. Sa culture mandingue est bien présente, que ce soit en duo avec le Burkinabé Victor Démé (Reggae Donkili) ou dans sa voix sur Sekou Ko Non qui rappelle que Sékou Touré avait sur dire "non" à la France du Général de Gaulle pour conduire son pays à l’indépendance.
Alors que les reggaemen africains se sont faits une spécialité de s’en prendre au dirigeants de leur continent, Takana Zion préfère véhiculer un message "éducationnel" comme sur Jeune Fille. Ce rasta convaincu, né musulman et qui a "toujours ressenti un besoin de dieu" dans sa vie, estime que son rôle est plutôt de "lutter contre le mal sous toutes ses formes et le détruire avec les mots et le son sans accuser qui que ce soit". Avec le Français Manjul, multi-instrumentiste et sorcier du son présent à ses côtés depuis plusieurs années, le Guinéen peut compter sur un allié solide pour l’aider dans son entreprise. Cette fois encore, le binôme fonctionne à merveille.
Bertrand Lavaine
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