Chronique album
Paris
26/08/2009 -
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Si un titre d’album aussi précis a le mérite de donner en un instant une idée du contenu ou tout au moins de le situer, ce qui s’avère utile pour un artiste encore méconnu, la tentation est grande de lui coller aussitôt une étiquette réductrice.
Que Samba Touré, originaire du nord du Mali, se revendique comme l’un des héritiers de son compatriote Ali Farka Touré, disparu en 2006, est plus que légitime. Le légendaire guitariste, dont le nom continue d’incarner le blues du désert, fut son professeur. Il l’a emmené sur les scènes du monde entier pour le former, puis a produit son premier album Fondo en 2004.
Il lui a permis de renouer avec son identité, une démarche clé dans la carrière et la vie de Samba : dans son pays, il s’est d’abord fait connaître au sein de Farafina Lolo, un groupe qui accommodait à sa façon les rythmes congolais dans un répertoire destiné en premier lieu à faire danser.
Puisant aujourd’hui dans la culture du peuple songhaï, cet artiste de 41 ans veut à son tour en faire connaître la richesse, avec ses armes et sa propre expérience. Aux côtés de ses musiciens qui l’accompagnent pour certains depuis longtemps, il a enregistré les treize morceaux de ce nouveau CD dans l’un des studios les plus réputés de Bamako.
Certains, comme Ali Farka ou Anbafo, figuraient sur sa première cassette commercialisée à l’échelle nationale. D’autres sont parus en 2007 sur Aïto, à l’image de Yawoye, une chanson "pour flatter les femmes de Tombouctou qui ne sortent qu’une fois par an", à l’occasion de la fête du Mouloud. Un concentré de traditions.
Bertrand Lavaine
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