Paris
02/04/2002 -
Commençons par le meilleur, c’est à dire par la fin. Surprenante, enthousiasmante que cette reprise du Nature Boy, standard signé d’Eden Ahbez et immortalisé, entre autres crooners, par Nat King Cole. Un piano seul et une voix qui donne, dans la simplicité, toute la palette de sa richesse. Selon Céline Dion, c’est lors d’une conversation téléphonique au sujet de sa grossesse qu’elle eut l’idée de reprendre cet air qui est proche de la berceuse. Un arrangement symphonique était à l’origine prévu mais c’est la prise de départ qui fut privilégiée avec Jorge Calandrelli (pianiste de Barbra Streisand et de Tony Benett) au clavier. Celle qui est capable des plus fantasques pirouettes vocales, relevant parfois plus du grand chapiteau que de l’agrément acoustique, nous saisit là par l’émotion de son timbre et la justesse de ses respirations. Comme elle l’expliquait il y a quelques jours lors de sa conférence de presse parisienne dans un grand hôtel, depuis la naissance de son fils, Céline Dion chante plus avec son cœur qu’avec ses cordes vocales. La technique et la rigueur sont laissées de côté au profit de l’émotion du moment et d’un peu plus de liberté, ce qui nous donne par moment sur ce disque moins d’emphase, mais plus d’extase, ô combien ! Céline Dion, chanteuse à voix, s’attaque encore au registre d’autres aînées qui quarante ans auparavant, exerçaient dans ce registre sans, malheureusement, connaître le même succès. C’est ainsi qu’Etta James se voit "dérober" son At Last écrit par Gordon & Warren. Il s’agit là d’un soliloque soul où Dion, soutenue par la fine corde d’un violon, chante la joie d’un amour enfin venu. Bel exercice qui laisse entrevoir toute la trame blues qui existe sous la tenue un peu trop proprette de cette "star internationale", comme se plaît à le répéter sa maison de disques, adepte de la méthode Coué. 
Pour le reste, attendez - vous à ne pas être surpris. La machine à débiter du tube est toujours aussi bien huilée et cela tombe bien puisqu’à grand renfort d’émissions spéciales à la télévision et de conférences de presse où le tout-média se presse, Céline et René, le couple le plus en amour de la chanson, annonce 600 concerts en trois ans à Las Vegas exclusivement et dans un théâtre construit sur mesure. La mobilisation des foules vers le Nevada sera encore plus motivée par la sortie en mars 2003 d’un album, cette-fois francophone, supervisé par un jeune espoir auteur-compositeur-interprète, Jean-Jacques Goldman, et co-écrit par de non moins jeunes auteurs en devenir : De Palmas et Obispo... Voilà pour ce qui est de la musique. Pour le reste, que ce soit les premiers rototos du petit René-Charles, l’état d’un deuxième embryon qui attend la jeune maman quelque part dans un bidon cryogénisé à New York ou l’amour sans faille de Rrreenéh et Céline face aux accusations diverses, veuillez-vous référer à votre magasine people habituel. Frédéric Garat
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