Paris
27/11/2001 -
"Pour les mecs de banlieue, Dick Rivers, c'est total respect", dixit son attaché de presse. C'est vrai qu'en France, tout le monde connaît ce chanteur. A lui seul, il rassemble trois générations de fans et tout ça sans esbroufe. Pas étonnant qu'il ait dédié ce nouvel album studio à ce public qui le suit depuis quarante ans et une trentaine d'albums, depuis que le jeune Hervé Fornieri faisait ses débuts dans un des groupes phares de la vague yéyé, les Chats sauvages, en 1961.
Pourtant, depuis 40 ans, Dick Rivers est le sujet de quelques clichés tenaces qu'il convient de dépoussiérer. Particulièrement celui de l'indécrottable rocker à la dégaine de Lucky Luke et aux bottines fatiguées. Car à 55 ans passés, Dick tient bon la rampe et ce, malgré les modes. Il a regardé passé la variétoche, le disco, la techno ou la jungle sans jamais, lui, zigzaguer entre les styles. Fidèle, c'est l'une des qualités qu'il faut retenir du personnage, dans l'idée qu'il se fait de la musique et dans ses amours. 
Pas bloqué sur le rock des années 50, et Dieu sait qu'il en connaît un rayon, (le chanteur a longtemps animé sur Radio Monte Carlo une émission musicale L'âge d'or), l'admiration de Dick Rivers se porte aussi vers des groupes bien actuels, comme Noir Désir et Louise Attaque. Concernant ces derniers, il apprécie qu'il n'aientt pas eu besoin d'une major pour prouver qu'ils savent faire de la bonne musique, avec cependant une pointe de regret : "Moi, je ne l'ai plus ce côté rebelle, mais j'essaie de garder une certaine spontanéité dans ce que je fais", avoue le rocker au phrasé si particulier.
Enfin, on connaît Dick Rivers chanteur, on connaît moins Dick auteur. Celui-ci vient de publier un second livre Texas Blues (Lattès). Très à l'aise dans son époque, il a aussi joué le jeu récemment pour l'hebdomadaire l'Evènement du Jeudi en testant les effets du Viagra sur sa personne. Bilan : "Après, je me suis endormi comme un bébé". Et puis, il faut une bonne fois pour toutes tordre le cou aux mythes : "Non, je ne suis pas le pote de Johnny Hallyday et d'Eddy Mitchell, j'ai beaucoup plus d'affinités avec un mec comme Bashung". Voilà, c'est dit.
Pascale Hamon
03/04/2006 -