Paris
28/03/2001 -
Après ses débuts dans le groupe de Christian Vander Magma, puis sa rencontre avec celui qui deviendrait son maître Stéphane Grappelli, en 76, Didier Lockwood n'a eu de cesse de faire des rencontres et des expériences musicales diverses avec les guitaristes Christian Escoudé et Philip Catherine, avec Michel Petrucciani ou au sein de son propre groupe Phoenix.
Aujourd'hui, il se prépare pour un concerto unique au Théâtre des Champs-Elysées et à un autre spectacle courant mai avec des musiciens indiens. Le violoniste revient sur ses nombreux projets.
Le 31 mars, à quoi ressemblera ce spectacle dans un antre de la musique classique au Théâtre des Champs-Elysées ?
D'autant plus qu'avec cette école que vous venez de créer, vous risquez de susciter d'autres vocations. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce centre d'apprentissage ? Compte tenu de l'ingratitude de l'instrument, de sa difficulté à le maîtriser, qu'est qui fait selon vous que l'on a ou pas des prédispositions à jouer du violon ?
On devient un bon instrumentiste quand on a su dans un premier temps être touché par un artiste. Tout passe alors par l'envie d'imiter avant de forger son propre style, sa propre voie et sa personnalité musicale. Le don vient par une forte envie de jouer d'un instrument et c'est vrai qu'il est difficile de jouer du violon, surtout en improvisation. Je crois que l'intérêt de cette école permettra de s'intéresser de près à l'étude des cordes improvisées et de mieux en comprendre la maîtrise.
En dehors de ce concert du 31 mars et de l'ouverture de cette école, quels sont vos projets ?
Il va y avoir un enregistrement live au Cirque d'Hiver à Paris avec un danseur indien, Raghunath Manet qui danse la danse karmatique et qui joue de la vina, l'ancêtre de la sitar. On est accompagné par un percussionniste qui s'appelle Burgan. Et puis, il y a Caroline Casadesus qui chante. C'est un spectacle qui aura lieu de nouveau du 15 au 18 mai au moment de la sortie du disque en attendant mon prochain album.
J'avais rencontré Raghunath lors d'une tournée en Inde et il avait entendu certains de mes disques, il y a une vingtaine d'année. Il m'a expliqué lors de cette rencontre qu'il voulait jouer avec moi. J'étais enthousiasmé ! Il s'agit d'une rencontre entre Orient et Occident. Elle ne va pas dans le sens d'expériences comme celle de John McLaughlin dans les années 70 où les musiciens européens allaient dans le sens de la musique indienne. Avec ce spectacle, je garde mon identité européenne et Ragunat conserve son identité artistique. Simplement, la fusion s'opère harmonieusement. J'improvise au-dessus et autour de cette danse et de sa chorégraphie.
Frédéric Garat
26/03/2008 -