Paris
01/03/2001 -
"Je suis américain, francophile à défaut d'être francophone. La musique de Charles Trenet, je l'ai rencontrée pour la première fois en voyant le film Toto le héros il y a dix ans (ndlr : film belge de Jaco Van Dormael 1991). Je l'ai récemment revu et je ne me souvenais pas que ce film était si troublant. En fait, j'avais oublié le film sauf la chanson Boum! qui m'avait enchanté sur le champ.
» Je suis désolé de sa mort. J'aurais voulu rencontrer, un jour, cet esprit chaleureux, vif, et léger ! Ce qui m'impressionne le plus dans ces chansons, c'est leur qualité spontanée provenant d'une générosité divine. Mon intérêt musical principal, c'est le Lied et la mélodie classique, mais les chansons de Trenet s'approchent de ces mélodies, par les textes autant que par la musique. Je n'exagère pas ! Il faut se rappeler que la mélodie française a évolué de Gounod jusqu'à nos jours, mais il y a beaucoup de compositeurs classiques doués également pour le populaire, dont Hahn, Satie, De Severac, Poulenc, même Ravel qui a prêté sa plume, sinon son nom, à Fascination.
» Comme interprète, Mr Trenet était si charmant mais puissant également. Avec la chaleur de sa belle voix et la clarté de sa diction, la prosodie de ses vers souvent un peu "tordue" semble toujours gaie, fraîche et franche comme une fleur. De son style, j'ai appris beaucoup sur le rythme de la langue française.
» Pour imaginer une telle étoile dans le firmament américain, il faudrait marier Frank Sinatra et Cole Porter, tous les deux, avec un cuillère de Tony Bennett, Leonard Bernstein et Doris Day!
» Pour Mardi gras, j'ai fabriqué un masque de Charles Trenet emprunté à l'une de ses caricatures. Ça m'a fait du bien dans ma tristesse. C'est étrange de me voir pleurer en écoutant ses chansons ! Ma favorite est Moi, j'aime le music-hall. Mais ça changera peut-être, parce que avant son décès je ne me suis pas aperçu qu'il a continué d'écrire après 1955."
Terry Serres
Minneapolis, MN, Etats-Unis
Serge Giguère
Québec
"Mon Charles Eternel. Anna Guerranti
Georges GALOPA, vice-président de l'association "Carlos Gardel" de Toulouse (France).