Chronique album
Paris
12/05/2000 -
- Vous avez pris votre temps depuis votre dernier disque...
- C'est une vieille passion?- Vous travaillez votre voix?
-Il y a quatre ans, une amie m'a parlé d'un professeur américain d'improvisation de jazz. Je suis parti travailler avec lui une dizaine de jours et ça m'a été utile: il ne m'a rien appris. Ce qu'il m'a montré, je le savais déjà, puisque je l'avais déjà utilisé: chanter tantôt de pleine voix, sur la gorge, ou en voix de tête en faisant fonctionner tous les résonnateurs naturels qu'on a dans le corps et dans la tête. Je connaissais ces techniques mais le fait de les avoir travaillées intensivement avec lui m'a donné envie de pousser dans cette direction, ce que j'ai commencé à mettre en pratique dans Soul Music Airlines, et encore plus dans Pôle Ouest. Dans cet album, il n'y a presque rien en pleine voix, j'y mets moins en avant la puissance, mais plus une intériorité, une chaleur, un souffle. Alors que c'est moins impressionnant, que ça a l'air plus facile, ça m'est beaucoup plus difficile. La démonstration vocale ne m'intéresse pas. Je n'ai pas envie que les gens disent «qu'est-ce qu'il chante bien», mais qu'ils soient touchés.
- C'est une évolution récente?
- Ma façon de chanter aujourd'hui est certainement différente de ce qu'elle était au début, mais c'est peut-être lié à une certaine tranquillité en moi. Au début d'une carrière, on en veut, on est dans un ego très fort, on est beaucoup plus démonstratif. Il n'y a pas de place pour tous les êtres humains qui veulent être artistes. Et, dans ces premières années, il y a une espèce de force, de hargne, qui vous porte. Cette chose-là s'est calmée dans ma vie. Maintenant, je peux faire des spectacles quand je veux, même s'il y a que cinq cents spectateurs au lieu de cinq mille dans la salle. Je peux faire des disques, même si 50.000 personnes l'achètent au lieu de 300.000. Alors, je ferais juste des albums moins chers, mais je continuerai à écrire des chansons. Maintenant, je n'ai plus à me battre pour que mon nom existe.
Bertrand Dicale
02/03/2007 -
04/04/2005 -
27/12/2002 -