Chronique album
Paris
14/04/2000 -
Plus de trois ans après l'album Eden, Daho expose rêveries pastel et sentiments aux couleurs vives. Sa voix installée au premier plan, il est plus serein que jamais. Co-réalisé par les Valentins, duo rock français qui compagnonne avec Daho depuis des années, ce disque comporte aussi une première : la rencontre avec Vanessa Daou, chanteuse pop à l'univers singulier, pour un duo anglophone. Rencontre avec un chanteur qui semble ne plus songer qu'aux plaisirs de son métier.
RFI Musique : Dans ce nouvel album, on entend votre voix de beaucoup plus près, y-compris dans ces instants tout juste justes, où vous flirtez avec la limite de la fausse note.
Pensez-vous au paysage musical de l'époque quand vous préparez un disque?
Le moment où je faisais mon disque précédent, Eden, était pour moi une période de reconstruction. Je vivais à Londres et je sortais beaucoup, alors que la scène électronique anglaise explosait. Ça a beaucoup influencé l'album, même si les chansons resteront des chansons composées, que je pourrais chanter accompagné par un piano ou une guitare. Pour cet album, je n'ai pas été très sensible à l'extérieur. Il y a des ambiances, des petites touches d'électronique, parce que je ne peux pas m'en empêcher. Mais c'est vraiment un album orchestral, avec cinquante musiciens.
Cet orchestre ne sonne pas si "gros", finalement. On est surpris par l'impression d'espace qui s'en dégage.
L'arrangeur Will Malone a très bien compris les chansons. Je lui ai demandé de laisser de l'espace autour de ma voix, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. Avant, on faisait souvent des jolies backing tracks qui nous plaisaient beaucoup, avec des fréquences qui étaient très proches de celles de ma voix. Ici, l'idée de base était que les arrangements ne prennent pas trop de place. Ce n'est pas parce qu'on est au studio d'Abbey Road avec un orchestre conséquent qu'il faut en rajouter quatre tonnes ! L'idée était de ne pas faire de surenchère, mais de faire les arrangements justes, construits autour de la voix. Pour le mixage, j'avais demandé à Tom Durack que ma voix soit très naturelle, même dans sa fragilité, avec toutes ses basses.

Et maintenant?
Maintenant, j'ai la vie que j'ai envie d'avoir, ce qui est un luxe dingue. Être là depuis vingt ans, être toujours créatif, avoir fait un disque que j'aime...
Bertrand Dicale
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