New York
26/10/1999 -
Les portes s'ouvrent et c'est quelques 3000 personnes qui s'installent confortablement prêtes à accueillir celui qui a été nommé par l'organisation des Nations Unies, "Ambassadeur de la paix" à travers le monde. A ma droite on parle hébreux. Un peu plus loin, arabe. Rien d'étonnant lorsque l'on sait que l'artiste de ce soir est né à Constantine en Algérie.
Aux premiers rangs, les invités. Parmi eux, l'Ambassadeur d'Algérie, Abdallah Baali, accompagné de sa femme et Alain Dejammet, Ambassadeur de France. Puis soudain un discret mouvement de foule se crée au milieu de la salle, deux gardes du corps escortent un petit monsieur en complet noir, qui sourit et salue les gens qui l'interpellent sur son passage. Le Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies lui même, Kofi Annan, est venu écouter son ami, son frère. Les premiers mots du chanteur seront pour lui.
Les lumières se tamisent, la tension monte alors que les musiciens s'installent sur la scène pour laisser place à celui dont l'apparition est alors synonyme d'applaudissements et de cris hystériques. L'ambiance est donnée, la soirée sera ainsi : agréablement mêlée de joie et de larmes d'espoir lorsque qu'il est question de paix, encore de paix et toujours de paix.
J'ai quitté mon pays
"Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux de vous annoncer que le Président Abdelaziz Bouteflika m'a invité personnellement à retourner chanter en Algérie. Heureux de pouvoir retourner fouler le sol de ma terre natale que j'ai dû quitter il y a beaucoup trop d'années."
Les "you-you" se déchaînent alors dans la salle. Sur scène c'est un homme heureux, ému, et touché du geste de son président qui tient à nous faire partager cette joie incommensurable. S'ensuivent- alors le classiques, "Les filles de mon pays", " L'Oriental", "Non je n'ai pas oublié", "Paris tu m'as pris dans tes bras"… tous rythmés par les applaudissements d'une foule cosmopolite. Ces mêmes classiques qui hier emportaient une autre foule, celle qui s'embarquait par centaine sur les bateaux qui traversaient la Méditerranée, laissant derrière elle, un pays, un soleil, une mer bleue… Ce soir les souvenirs se réveillent bien après les adieux.

Il est 22h30, 3000 personnes rejoignent maintenant la sortie où les taxis jaunes attendent en rangs serrés. La tête encore pleine des sons des guitares orientales, je regarde s'éloigner une jeune femme, cette même jeune femme que je n'ai cessé d'observer toute la soirée, assise au dernier balcon, fermée, sans expression, sans un mouvement non plus, prenant soin de ne surtout pas laisser dépasser, les mèches de cheveux que dissimule un foulard…De cette femme je n'aurai vu que les yeux !
Myriem Wong
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