Chronique album
Paris
08/10/1999 -
Pour certaines, le pari est réussi : "Pour me comprendre, il faudrait savoir le décor de mon enfance, le souffle de mon frère qui dort, la résonnance de mes premiers accords" ouvre l'album, une chanson écrite en 1973 après le départ de Véronique et qui figure sur l'album "Cœur brisé". Magnifique interprétation de Véronique Sanson (servie par de belles envolées de cordes) et dont chaque vers, composé par Michel Berger alors en pleine tourmente, est lourd de sens. Emue, Véronique a dû l'être en enregistrant dans sa voix "le Paradis blanc", sublime chanson et ô combien prémonitoire, de son dernier album studio en 1990 : "Je m'en irai dormir dans le paradis blanc/où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps". Mais pour tous ceux qui ont écouté et réécouté le titre original sur leur platine, il sera difficile d'oublier la première version.
Et c'est là que le bât blesse. D'autant que figure dans cet album la reprise de trois des plus grands succès du compositeur dont "le Prince des villes" et "Diego, libre dans sa tête". L'intention reste louable malgré tout, car on ne doute pas un seul instant que Véronique Sanson ait éprouvé le besoin de rendre hommage à celui qui avait accompagné ses débuts et les premiers moments de sa vie amoureuse.
Pourtant, on sait que la chanteuse éprouve des difficultés à se remettre au piano et renouveler ses compositions, ayant même fait appel à un autre compositeur, Bernard Swell sur son précédent album "Indestructible". Avouant avoir mis là pour la première fois son orgueil de côté. Une attitude tout à fait défendable puisque Jean-Jacques Goldman ou encore Michel Jonasz avouent, eux aussi, avoir déjà donné le meilleur d'eux-mêmes. C'est peut-être tout cet ensemble qui fait que "D'un papillon à une étoile" est assez inégal. Non pas que les mélodies choisies ne soient pas assez accrocheuses mais le tout a un goût d'uniformité.
Cependant, en fan de toujours, on continue. Allez Véro ! Malheureusement sur "le Prince des villes", on a grand peine à reconnaître Etienne Daho aux chœurs (ou la sous-modulation de sa voix mais est-ce vraiment un problème technique ?), le crédit du livret est alors d'un grand secours... Pour apprendre qu'Alain Chamfort fait, lui aussi, le joli chœur sur "le Paradis blanc"... Des participations qui n'ajoutent pas grand-chose si ce n'est que Daho et Chamfort font aussi partie de cette même famille de voix, un ton en dessous. Forcément après ça on décroche un peu. On se réveille avec "L'amour est là" grâce à une orchestration plus rock puis on retombe dans la mélancolie pour ne plus en ressortir. Est-ce la tonalité que voulait donner Véronique Sanson à son douzième album ? Cela y ressemble fort, cette douce mélancolie à l'image des mélodies de Michel Berger.
Pascale Hamon
26/11/2010 -
28/09/2004 -