26/04/1999 -
De théâtre en rond parisien en scènes périphériques, Jean Guidoni poursuit, entre théâtre et music-hall, une carrière davantage scénique que discographique. Il s'installe donc au théâtre Silvia Monfort soutenu par une formation de facture plus classique (six musiciens : piano, cordes, percussions) que lors de ses précédent spectacles : ceux du Casino de Paris en duo avec Michel Legrand en 1996, la Manufacture des Oeillets d'Ivry en banlieue parisienne en passant par "Le Malbonheur", son dernier spectacle dans son théâtre fétiche l'Européen.
Presque vingt ans après, Guidoni ouvre avec "Je marche dans les villes", chanson-manifeste que le chanteur interprétait à ses débuts sur la piste du Théâtre en rond (redevenu aujourd'hui l'Européen). Et parce que Jean Guidoni passe de l'horizon d'un seul à celui de tous, il enchaîne avec "Plein vol", véritable odyssée aérienne dans laquelle il fait du pied à sa passion pour les variétés, en truffant la composition de citations de chansons ("L'hôtesse de l'air", "Dimanche à Orly", "Ça plane pour moi"). Lorsqu'il chante "Toulon", la ville où il est né, il effleure du bout des lèvres sa jeunesse tourmentée de garçon-coiffeur dans les quartiers chauds de Marseille.
Violence dans les mots, tourments dans les textes, Jean Guidoni n'a d'indulgence pour personne. A commencer pour lui-même. S'arrête un instant pour égrener dans "Je ne me souviens pas" la longue liste d'une centaine de gloires éphémères de la chanson. Sans oublier de s'y inclure. Et parce qu'à une époque où l'on ne parlait pas encore de "visibilité homosexuelle", Jean Guidoni fut un des premiers à chanter les amours illicites, il n'oublie pas aujourd'hui d'évoquer la mort qui rôde au coin de l'amour. Comme le sombre message de cette fin de siècle.
Pascale Hamon
13/04/2007 -
29/10/2004 -