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Liane Foly

Chanteuse swing


Paris 

29/03/1999 - 

La plus jazzy des chanteuses françaises, Liane Foly, affiche une sérénité retrouvée. Grâce à son sixième album "Acoustique" déjà disque d'or, et au succès de sa reprise de "la Vie ne m'apprend rien" de Daniel Balavoine. Liane joue la légèreté en renouant avec simplicité et dépouillement sur un album composé d'anciens titres, d'inédits et de deux reprises. Une formule efficace dans laquelle la chanteuse enchanteresse retrouve toute sa spontanéité. D'une voix enjôleuse. Démonstration à l'Olympia les 30, 31 mars et 8 avril.





Comment expliquez-vous ce succès retrouvé ? Plus d'humilité, une bonne alchimie dans le choix des chansons, à mi-chemin entre le best of et le live ?
Ce n'est pas un best of, même si ma maison de disques m'avait proposé d'en faire un, car je pense que le public attend d'un artiste qu'il se remette en question en lui proposant de nouvelles chansons. A l'heure des musiques dites très évoluées, très produites, comme le rap par exemple, le fait d'amener sur le marché quelque chose de plus sensible, comme cet album enregistré dans l'esprit d'un live, a je crois, touché le public. La reprise de "la Vie ne m'apprend rien" y a grandement contribuée.

Le choix de la chanson de Balavoine comme single s'est donc avéré fructueux...
L'une des raisons de mon choix, c'est aussi que le texte collait parfaitement à ce que je vivais en ce moment, et qu'il était porteur d'espoir notamment pour les jeunes. Adolescente, j'ai toujours beaucoup aimé Daniel Balavoine. Et lorsque je l'ai rencontré plus tard et que je lui ai raconté mon désir de chanter, il m'avait toujours encouragée et m'avait donné l'espoir de réussir dans cette voie. C'est drôle parce que nous avons eu un peu le même parcours puisque nous avons tous les deux commencé en chantant dans les bals et les orchestres du samedi soir. Il avait une vraie originalité avec ses coups de gueule perpétuels et j'aimais bien ce côté-là chez lui. A l'époque, cette chanson "la Vie ne m'apprend rien" m'avait bouleversée et elle était particulièrement ancrée en moi. Et puis treize ans après sa mort, il était temps de lui rendre un hommage. Cela m'a permis aussi de rencontrer ses enfants qui sont très fiers que la chanson de leur père revive.

Un autre hommage, celui-ci dédié à Barbara, avec un inédit Dame brune...
C'est une femme que je vénérais. Elle m'a donné des exemples toute ma vie. Enfant, elle me fascinait. Je l'ai toujours vue comme une amie, comme une sœur, comme si elle me montrait le chemin. Je me souviens, avec mes parents, on ne ratait jamais ses passages à Discorama ou au Grand Echiquier (ndlr : émissions de télévision françaises). Des années plus tard, pour ma première scène à Bobino en 1989, j'ai reçu un télégramme de félicitations de Barbara. On s'est rencontré par la suite, on s'envoyait souvent des fax, je voulais qu'on fasse une émission de télévision ensemble mais elle ne voulait plus se montrer sur les écrans. En véritable fan, j'ai même vu son dernier concert à Tours. Je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas lui avoir demandé une chanson.

Vous vous réclamez d'artistes comme Billie, Ella, Sarah, Barbara... Ce sont des femmes qui ont influencé votre carrière ?
Je me reconnais dans ce qui m'a fait. Tous ces courants musicaux comme le jazz, le blues, le gospel et bien sûr les Brel, Brassens, Ferré que nous écoutions en famille et qui ont fait que j'ai aimé la musique et que j'ai désiré très fort faire ce métier. Les personnalités artistiques très fortes de ces chanteuses m'ont bien sûr influencée énormément. J'ai été en quelque sorte initiée par ces femmes-là. Ce sont elles qui m'ont construite. Ce sont mes colonnes.


Vous revenez à l'Olympia, sur une scène à dimension plus humaine, après l'annulation de votre dernière tournée et le succès mitigé de Caméléon...
Pour certains, mon opération du nez a été beaucoup plus importante que l'album Caméléon sur lequel j'avais travaillé pendant un an aux Etats-Unis. Il aurait fallu expliquer que c'était un album plus difficile, parce que plus produit que les précédents. Il s'agissait au départ d'un projet ambitieux, qui au départ devait être enregistré en plusieurs langues, et qui finalement n'a pas vu le jour. Les gens n'ont pas très bien compris, faute de transparence peut-être. Par manque de chance, j'ai eu affaire à un producteur trop ambitieux qui a réservé trop de dates et dans des salles trop grandes. Le pire dans cette histoire étant que ce producteur a fait un dépôt de bilan en laissant trente personnes au chômage. Au troisième Zénith, cette personne a carrément pris la fuite et provoqué l'arrêt de la tournée. J'estime que si je prends un producteur, je dois pouvoir lui faire confiance. Ce n'est pas mon métier. Heureusement que j'avais une équipe soudée autour de moi, bien qu'à l'époque ma maison de disques ne m'ait pas du tout aidée. Je suis restée après ce fameux Zénith cinq mois dans un silence total alors qu'il aurait été si simple d'expliquer les choses.

On vous a beaucoup reproché votre volonté de développer une carrière internationale... Avez-vous souffert de ce manque de compréhension ?
Mais qu'est-ce qu'une carrière internationale ? Moi je passe ma vie à penser à mon job, je me lève le matin et je ne pense qu'à ça. Je vais au Japon, en Afrique, dans les pays scandinaves, je vais chanter en Angleterre, cela s'appelle comment ? Faire une carrière internationale, ça veut dire signer un contrat ailleurs qu'en France et faire une sortie dans une langue étrangère. Point. C'est ce que démarre Lara Fabian, c'est ce qu'a brillamment réussi Céline Dion. Serait-il présomptueux de le dire ? En France tout est mal pris, tout est petit mais ce n'est pas grave maintenant j'en ai pris mon parti même si je ne voyais pas les choses comme cela. Des gens comme l'acteur de cinéma Jean Reno, Christophe Lambert ou Juliette Binoche en ont souffert de la même manière. Si Juliette Binoche avait dit qu'elle allait gagner un Oscar, on lui aurait ri au nez... Non, maintenant mes projets je les garde pour moi et l'on verra bien. Pour le reste, je continue à travailler avec la même sérénité, mais je trouve cela bizarre que l'on n'ait pas assez d'ambition et que tout soit systématiquement critiqué.

Vos rapports avec votre maison de disques sont donc revenus au beau fixe ?
On dit qu'un artiste passe par des hauts et des bas, bien sûr nous ne sommes pas des saints mais il y a un entourage, pourquoi serait-ce toujours à l'artiste de payer les pots cassés. Si ça marche, c'est grâce à la maison de disques, si ca ne marche pas, c'est la faute de l'artiste. J'ai beaucoup souffert de cette histoire.

Vous avez tout de même trouvé des appuis dans la profession ?
Une seule personne m'a aidée dans ce métier, c'est Gilbert Coulier, producteur entre autres de France Gall et de Céline Dion. J'avais déjà travaillé avec lui par le passé, et pour lui j'étais une chanteuse de scène. Donc il m'a remis le pied à l'étrier, après cette malheureuse parenthèse, en organisant une nouvelle tournée. Je suis donc sur les routes depuis le mois de septembre, via l'Olympia. Et je chanterai de nouveau début octobre au Palais des Sports de Paris.

Liane Foly Acoustique (Virgin) 1998

Pascale  Hamon