20/11/2002 -
La voilà pimpante, Mireille, dans ce grand hôtel parisien dans lequel elle a donné rendez-vous aux journalistes venus l'interviewer à l'occasion de la sortie de son nouvel album. Blazer rouge et lunettes noires, elle commande un citron chaud avec du miel. On la sait en pleine préparation de l'Olympia et très pro, elle se doit de prendre soin de sa voix. Très avenante, elle se prête avec entrain au jeu des questions et répond avec une spontanéité et une sincérité apparente. Le nouvel album : "Avec EMI, on a décidé de faire un nouvel album. Le 21 novembre, je fête mes 37 ans de carrière. C'est mon 37ème disque français original et mon 7ème passage à l'Olympia. Je souhaitais vraiment faire ce disque et surtout avec le producteur n°1 qui est Mick Lanaro (ndlr : producteur de Patrick Bruel ou Nougaro pour Nougayork). Il a fait une présélection de chansons qu'il m'a ensuite fait écouter. Il ne m'a pas dit qui étaient les auteurs et les compositeurs. On est souvent influencé par des noms. Donc ce n'est pas moi qui les ai choisis. C'était donc une surprise. J'ai quand même décidé dans cette présélection de ce que j'allais chanter. Tout est basé sur le feeling, sur ce qu'on ressent. En plus, dans ce disque il y a six textes d'une femme qui s'appelle Caroline Cabat. J'en suis ravie. Pour le public, elle est inconnue. Ça va peut être permettre de la faire connaître. Elle a baigné dans le show-business parce que son papa Léon Cabat était le patron des disques Vogue dans les années 60. J'aime beaucoup ce qu'elle écrit. J'avais sollicité quand même un auteur qui est Francis Lai. C'est mon premier accordéoniste. Il a fait mon premier disque. Je tenais à faire un titre avec lui."
La solitude : "La chanson de Gérard Presgurvic, La solitude (ndrl : qui ouvre l'album) est une des premières chansons que j'ai écoutées. Je l'ai trouvée superbe. Les mots sont très forts : "Un homme qui vous ment /un ami qui vous vend". Moi, je n'aime pas du tout la solitude, ça me file une angoisse... Ce disque est une palette de mélancolie, de tristesse, de quête du bonheur, de blessures. On a essayé de trouver une couleur pour l'ensemble de ce disque. Ce sont les choses de la vie. Je suis consciente que ce disque n'est pas très gai mais quand j'ai écouté ces chansons, elles m'ont touchée. Je suis contente du résultat". Le succès en France : On ne peut pas dire que j'envahisse le PAF (Paysage Audiovisuel Français : ndlr) ! A la télévision française, les variétés françaises ne marchent plus. Et si ça ne marche plus, c'est qu'on voit toujours les mêmes et qu'ils chantent en playback. Quand je vais en Italie et que l'on chante des duos, on chante en direct.
Tournées. "Je n'en ai pas fait en France depuis 16 ans. Je me promenais plus à l'étranger que dans mon propre pays. Après l'Olympia jusqu'au 24 novembre, je vais en Belgique puis retour en France jusqu'au 19 décembre. Pour moi, c'est important de retrouver la France. Souvent, on a dit, "Mireille Mathieu, elle existe toujours ? "Il y a peu de Français qui ont la chance de faire le tour du monde. Début janvier, je vais chanter à Rome. En 2003, je vais repartir en Chine et en Russie".
Les langues : "Je chante en neuf langues. Pour toutes, c'est du travail. Quand on chante, il y a une osmose entre la musique et les paroles. Quand il s'agit de parler, c'est plus difficile. La langue la plus difficile pour moi, c'est le finnois. J'ai travaillé du matin au soir pendant des jours et des jours. Je travaille sans prompteur quelque soit la langue. Quant j'arrive en studio, il faut que ce soit naturel pour que l'émotion puisse s'en dégager. La première langue que j'ai dû chanter, c'était l'allemand. Ce fut un peu difficile au début mais comme je suis quelqu'un qui articule bien, ça ma beaucoup aidée pour l'apprentissage de cette langue. Je le dois à l'oreille, au travail mais aussi au fait que j'aime ce que je fais. Il n'y a pas de secret".Le métier : "J'ai de plus en plus le trac. J'arrive quatre heures avant le début du spectacle. Plus j'avance dans ce métier, plus j'ai des doutes. J'ai plutôt des interrogations que des certitudes.
Je ne suis jamais blasée, je suis toujours émerveillée. Le public est comme un amour. Pour lui, il faut être la meilleure et être à la hauteur. J'ai eu comme parrain à mes début Maurice Chevalier. Et quand j'ai vu ce monsieur et le respect qu'il avait pour le public... moi si Dieu le veut et le public aussi, je chanterai toute ma vie".
Mireille Mathieu De tes mains (EMI) 2002
Valérie Passelègue