publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Menu

Chronique album


Barbara, pour offrir

Réécouter, relire et revoir Barbara.


Paris 

22/11/2002 - 

Hommage, cinq ans aprĂšs sa mort, et prĂ©paration des fĂȘtes de fin d’annĂ©e : le disque, l’édition et la vidĂ©o cĂ©lĂšbrent Barbara. Universal, hĂ©ritier de Philips, sa maison de disques, publie dĂ©but dĂ©cembre un nouveau coffret de treize CD, alors que rééditions, DVD ou livres sont dĂ©jĂ  en magasin depuis quelques semaines.



AprĂšs qu’il a Ă©tĂ© annoncĂ© pour le dĂ©but du mois de novembre, Universal nous a fait la surprise de reporter la sortie du coffret L’Aigle noir au 2 dĂ©cembre. Mais l’essentiel est qu’arrive enfin la nouvelle intĂ©grale de Barbara, qui remplace au catalogue le coffret Ma plus belle histoire d’amour... c’est vous, paru en 1992. PlutĂŽt que treize volumes serrĂ©s par ordre chronologique, le parti pris cette fois-ci est de prĂ©senter tous les albums studio de la longue dame brune avec leurs pochettes originales, certains de ces disques Ă©tant augmentĂ©s de quelques titres supplĂ©mentaires (en gĂ©nĂ©ral parce qu’ils Ă©taient sortis uniquement en single), avec en outre un CD entiĂšrement inĂ©dit. Ainsi, on retrouvera, par ordre chronologique : Barbara chante Barbara (1964), Barbara N°2 (1965) avec quatre titres bonus (Tu ne te souviendras pas, Attendez que ma joie revienne, Le Verger de Lorraine, Ce matin-lĂ ), Barbara chante en allemand (1967, sans doute le plus rare des 33-tours de Barbara), Ma plus belle histoire d'amour... c'est vous (1967), Le Soleil noir (1968) avec titre bonus (Moi, je me balance), Madame (1969) avec quatre titres bonus (Les Amis de Monsieur, La Vie d'artiste, Elle vendait des p'tits gĂąteaux, La Chanson de Margaret), L'Aigle noir (1970), Amours incestueuses (1972), La Fleur d'amour (1972), La Louve (1973) avec un titre bonus (L'Homme en habit rouge), Seule (1981) et Barbara (1996).



Hambourg 1966

Et, pour conclure ce coffret, un CD prĂ©sente seize enregistrements inĂ©dits de 1964 Ă  1967 : sept chansons avec Michel Gaudry Ă  la contrebasse et Joss Baselli Ă  l'accordĂ©on, rĂ©alisĂ©s en novembre 1966 Ă  Hambourg pendant les sĂ©ances de l'album en allemand Barbara singt Barbara, une version au texte trĂšs diffĂ©rent et Ă  l’instrumentation trĂšs dĂ©pouillĂ©e d’A mourir pour mourir, deux versions de travail de Sans bagages et Le Bel Age, Une petite cantate en piano-voix, deux alternate takes d’A chaque fois, Parce que je t’aime dans deux orchestrations diffĂ©rentes, une belle prise inĂ©dite de Madame...


Le livret accompagnant ce coffret est imposant, avec notamment un long texte, nourri de nombreux tĂ©moignages de musiciens, par la biographe de Barbara, Sophie Delassein, et consacrĂ© au travail de Barbara en studio, un texte de l’écrivain et critique JĂ©rĂŽme Garcin sur ses pochettes des disques, un tĂ©moignage de Claude Dejacques, son directeur artistique de 1964 Ă  1970, un tĂ©moignage de son ingĂ©nieur du son Roger Roche, une interview de Nadine LaĂŻk, assistante personnelle de Barbara entre 1964 et 1973.

Pantin 1981


En revanche, on trouve dĂ©jĂ  chez les disquaires le double CD RĂ©cital Pantin 81, premiĂšre réédition digitale du fameux double 33-tours enregistrĂ© en public au cours d’une mythique sĂ©rie de concerts sous chapiteau en pĂ©riphĂ©rie de Paris, du 28 octobre au 21 novembre 1981. Deux chansons lĂ©gendaires furent composĂ©es pour l’occasion : Regarde, Ă©voquant l’arrivĂ©e au pouvoir de François Mitterrand au printemps prĂ©cĂ©dent, et Pantin, créée le soir de la derniĂšre et cĂ©lĂ©brant son exceptionnelle rencontre avec son nouveau public - "Pantin espoir Pantin bonheur/Qu’est-ce vous m’avez fait lĂ ". En final, cette réédition inclut le 45-tours rĂ©servĂ© Ă  l’époque Ă  la promotion et intitulĂ© Barbara et son public, Ă©tonnant medley de chansons de Barbara chantĂ©es par son public, et la chanteuse lui rĂ©pondant - un document saisissant sur l’ambiance Ă  ses concerts et la ferveur de sa relation avec ses spectateurs.


On peut en avoir un autre tĂ©moignage avec le DVD de ce mĂȘme rĂ©cital Ă  Pantin, paru Ă©galement ces jours-ci. Il s’agit de la captation du dernier concert, rĂ©alisĂ©e et montĂ©e par Guy Job sous la supervision de Barbara elle-mĂȘme, ce qui explique que l’ordre des chansons Ă  l’écran ne soit pas le mĂȘme que sur scĂšne. Mais c’est une Barbara impressionnante que l’on dĂ©couvre, avec ses gestes fantasques, ses poses exagĂ©rĂ©es, sa danse habitĂ©e. Et la rĂ©alisation est d’une modernitĂ© Ă©tonnante, avec des angles de vue inhabituels et une passion avouĂ©e pour la chanteuse.

Quelques livres


Cette passion se prolonge Ă©videmment par les livres. Tout d’abord, Barbara par elle-mĂȘme, avec la parution en Ă©dition illustrĂ©e, en grand format (chez Fayard), d’Il Ă©tait un piano noir, ses mĂ©moires interrompus dĂ©jĂ  parus en 1998. L’iconographie est riche de documents rares, dont quelques photos d’enfance et de jeunesse de la jeunesse. HĂ©las, il n’y a pas de lĂ©gendes et il faut se reporter Ă  la page des crĂ©dits photographiques (d’ailleurs classĂ©s de maniĂšre trĂšs peu pratique) pour avoir quelques dĂ©tails. De mĂȘme, si quelques-unes des erreurs flagrantes du texte original ont Ă©tĂ© corrigĂ©es, il reste trop de fautes d’orthographe dans les noms propres ou de petites erreurs factuelles pour que l’on aille jusqu'Ă  fĂ©liciter l’éditeur de son travail.

Pour la rigueur et la prĂ©cision, on se reportera plutĂŽt Ă  Rappelle-toi Barbara, nouvelle version de la remarquable biographie Ă©crite par Sophie Delassein, journaliste Ă  l'hebdomadaire, le Nouvel Observateur, qui paraĂźt en format de poche (chez 10/18). Beau travail nourri par une enquĂȘte d’une spectaculaire ampleur, ce rĂ©cit de la vie de Barbara est sans doute l’outil le plus indispensable au fan.

Bertrand  Dicale