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Tahiti 80 s'exporte

SuccÚs, tournée et nouvel album.


Tokyo 

16/01/2003 - 

Le nouvel album du groupe normand Tahiti 80, Wall Paper For The Soul, arrive ces jours-ci en France aprĂšs ĂȘtre sorti aux Etats-Unis et au Japon fin 2002. Dans l'archipel nippon, le groupe rencontre un joli succĂšs depuis leurs dĂ©buts. A l'occasion d'une mini-tournĂ©e en dĂ©cembre dernier, le correspondant de RFI musique a rencontrĂ© le quatuor.



RFI Musique : Vous arrivez d’une tournĂ©e aux Etats-Unis. Comment s’est-elle passĂ©e ?
Tahiti 80: On Ă©tait dĂ©bordĂ©s! On a fait trois semaines, tous les soirs. C’était une tournĂ©e de remise en route pour tout le monde et le premier pays pour l’album. On a fait un circuit qu’on connaissait dĂ©jĂ  et mĂȘme si les morceaux Ă©taient nouveaux pour le public, il Ă©tait prĂ©sent et il a bien accrochĂ©.

C’était donc un peu de l’échauffement pour le Japon ?
En fait, il faut bien commencer par quelque part ! Le public amĂ©ricain est trĂšs ouvert ce qui force Ă  avoir une interaction. Il en est assez demandeur. Et puis les dĂ©placements aussi sont fatigants, les routes sont longues pour aller d’une ville Ă  une autre. C’est trĂšs dur sur plusieurs points mais c’est une bonne Ă©cole.

Avec le publicjaponais, vous retrouvez aussi cette interaction ?
C’est un peu diffĂ©rent car pour communiquer (en anglais comme on le fait aux Etats-Unis) c’est un peu plus compliquĂ©. Au Japon, avec le public on parle en anglais bien sĂ»r, quelquefois en français et quand on est assez en forme pour le faire, en japonais !
Le public japonais c’est une autre mentalitĂ©. Il y a un cĂŽtĂ© assez naĂŻf: quand on dĂ©boutonne la chemise tout le monde crie, quand on saute toute la salle retient son souffle ! Mais Ă  cotĂ© de ça, les Japonais sont trĂšs Ă©duquĂ©s musicalement ce qui explique, je crois, notre succĂšs ici. Les gens comprennent oĂč on veut en venir avec nos arrangements, nos mĂ©lodies. Ce paradoxe fait que c’est trĂšs intĂ©ressant de jouer ici.


Chanter en anglais justement, c’est important pour avoir du succùs ?
C’est surtout que ça se vend mieux(rires)! On fait un genre de musique qui est totalement anglo-saxon donc ça vient naturellement, ce n'est pas comme si on avait des chansons en français qu’on aurait traduites. La langue française a une certaine musicalitĂ© mais en mĂȘme temps elle entraĂźne une rigiditĂ© au niveau du chant. Tu ne peux vraiment pas te servir de ta voix comme d’un instrument. Avec la pop, tu peux jouer sur le sens des mots bien sĂ»r mais aussi avec ta voix. D’ailleurs dans notre musique, je pense que la voix est peut-ĂȘtre l’élĂ©ment le plus important car c’est elle qui donne la mĂ©lodie des morceaux. En français, on ne pourrait pas y arriver. L’utilisation d’une langue qui n’est pas notre langue maternelle entraĂźne des rĂ©flexes diffĂ©rents, elle permet d’inventer, de crĂ©er complĂštement autre chose. C’est ça qui est intĂ©ressant.
Aux Etats-Unis par exemple, ce que le public aime chez Tahiti, c’est ce cĂŽtĂ© un peu familier. Pour les AmĂ©ricains, le genre de musique qu’on fait est partout mais notre façon d’aborder les textes n’étant pas typique, ça nous permet aussi de sortir un peu du lot, d’avoir en tout cas une carte Ă  jouer. Le truc c’est de trouver la balance entre le fait qu’on soit français et le fait qu’on fait une musique anglo-saxonne.

Comment les mĂ©dias des diffĂ©rents pays oĂč vous vous produisez vous recoivent-ils en gĂ©nĂ©ral ?
C’est assez rigolo car chaque pays a ses questions de prĂ©dilection alors finalement, on prend un peu le pli. Par exemple, il n'y a pas si longtemps encore, les Allemands insistaient souvent sur nos Ă©tudes! Ils voulaient savoir ce qu’on avait fait (rires) et quand on leur disait qu’on avait arrĂȘtĂ© un peu en cours de route, on les sentait un peu... enfin... ça ne plaisante pas lĂ -bas !
Au Japon,les questions sont assez sĂ©rieuses et l’attitude analytique. Ils cherchent vraiment Ă  comprendre le pourquoi du comment des chansons. On a souvent des questions assez prĂ©cises sur les morceaux.
Les Etats-Unis ont un cÎté trÚs segmenté. Quand on est invité pour quelque chose, il faut rester à sa place! Il y a des interviews trÚs bien mais parfois on tombe aussi un peu dans le fast-food !
En France, c’est assez particulier car parfois on a l’impression que les journalistes ne comprennent pas trop oĂč on veut en venir, peut-ĂȘtre parce qu’on n’a pas les mĂȘmes rĂ©fĂ©rences musicales, je ne sais pas. Quand tu fais la musique comme la nĂŽtre, il y a forcĂ©ment un apprentissage. Toutes nos influences, on les a cherchĂ©es, elles n’étaient pas Ă  portĂ©e de main, il a fallu creuser. Parfois quand on parle avec les journalistes, on a l’impression de ne pas ĂȘtre sur la mĂȘme longueur d’ondes. Ceci dit, il y a aussi des interviews trĂšs bien!


Vos projets Ă  court et moyen termes ?
AprĂšs le Japon, mini tournĂ©e europĂ©enne en dĂ©cembre (Allemagne, Belgique, Hollande et Autriche), ensuite break et cadeaux de NoĂ«l! On espĂšre repartir aprĂšs assez vite sur les routes et puis aussi prĂ©parer rapidement un nouvel album. Le premier, on avait pris du temps pour le faire mais pour ceux Ă  venir, ce serait bien d’avoir une sorte d’urgence pour les composer !


L’album Wall paper for the soul sera dans les bacs en France en janvier 2003.

Cyril  Coppini