Paris
25/06/2003 -
Fondé en 1993 par le producteur sénégalais Ibrahima Syllart, véritable dénicheur de talent, Africando est aujourd’hui une institution, dont le but est de fédérer les cultures noires à travers la musique afro-cubaine. Une histoire qui est née de la rencontre entre des musiciens cubains installés à New York et des chanteurs sénégalais passionnés de salsa. La suite n’est qu’une succession d’albums réussis malgré les changements périodiques de l’équipe initiale. Rencontre avec la voix béninoise, Gnonnas Pedro, qui officie dans l’orchestre depuis 1996.
Rfi musique: Le tout nouvel album d’Africando se nomme Martina. Pourquoi avoir choisi un prénom féminin pour titrer ce sixième enregistrement de votre groupe ?
Gnonnas Pedro: Etant donné que je fais partie des chanteurs d’Africando, je suis un peu le porte-parole de tous les solistes qui interviennent sur cette dernière production. Du premier au dernier morceau, nous avons constaté que, tous, nous clamons la beauté de la vie africaine. Or, comment magnifier notre continent sans faire référence à la splendeur de la femme africaine. C’est tout simplement comme cela que nous avons trouvé ce titre Martina qui n’est autre que le prénom d’une femme.
Martina a été enregistré entre Dakar, Abidjan, New York et Paris. C’est une manière de rappeler qu’Africando est un véritable trait d’union transatlantique ?
Vous savez Africando signifie l’Afrique en marche, l’Afrique unie, l’Afrique et toute sa diaspora, main dans la main… Pour nous, le fait d’enregistrer cet album a été vécu comme un moment magique. Nous avons réussi à nous retrouver ensemble pour ce projet, malgré les emplois du temps de chacun en dehors du groupe. En ce qui concerne les différentes sessions d’enregistrement, nous avons simplement profité de la technologie d’aujourd’hui. C’est-à-dire que techniquement, il est possible de faire une prise à Abidjan, une autre à Dakar, et de réaliser la mise en boîte à Paris, avant de finaliser le tout à New York.

En ce qui concerne les membres permanents d’Africando, c’est un travail d’équipe où chacun apporte son savoir-faire ?
Tous les artistes regroupés dans Africando sont en fait des ambassadeurs de leur pays respectif. Le Sénégal est représenté par Medoune Diallo, le Burkina-Faso s’illustre par Amadou Balaké, la Guinée-Conakry brille grâce à Sekouba Bambino, les Etats-Unis sont gratifiés par Ronnie Barro et moi, je défend les couleurs du Bénin. Mais il ne faut pas oublier deux autres personnalités, sans qui le groupe n’existerait pas: l’orfèvre malien de l’arrangement Boncana Maïga et le talentueux producteur sénégalais Ibrahima Syllart.
Le style d’Africando estampillé salsa africaine symbolise le rapprochement culturel de l’Afrique et de Cuba. Que représente pour vous ce cousinage ?Un mot sur Azo Nkplon, le titre sur lequel vous êtes le chanteur leader ?
Dans ma langue parlée au Bénin, Azo Nkplon, pourrait se traduire par «je vis du métier que j’ai choisi». Bref, cela veut dire que je n’envie pas mon prochain, je suis satisfait de gagner ma vie grâce au métier que j’ai appris…
Daniel Lieuze
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