Chronique album
ParisÂ
10/10/2003 -Â
Le but de ce nouvel album, câest de faire encore plus distinctement une passerelle entre Cuba et la JamaĂŻque ?
La semilla escondida a Ă©tĂ© enregistrĂ© dans les CaraĂŻbe, peut-on considĂ©rer vos disques comme autant de notes de voyages, dâalbums photo en musique ?
Vous imaginiez-vous par exemple que des fans cubains seraient prĂȘts Ă monter un fan club Ă Guantanamo, comme câest le cas aujourdâhui ?!
Câest assez incroyable, dâautant que câest le premier qui existe officiellement! En France, comme je chante lâessentiel de mes chansons en espagnol, les gens ne comprennent pas le contenu - dâailleurs il y a les traductions sur mon site web - et restent sur le cĂŽtĂ© groupe festif etc. Mais dans des pays comme lâAmĂ©rique du sud ou Cuba, les textes prennent une autre dimension. Je me suis aperçu de ça en voyageant: quand je suis arrivĂ© Ă Cuba et que jâai vu quâil y avait le fan club, les gens disaient «on aime Sgt Garcia, parce que ce quâil dit dans ses chansons, câest notre philosophie, câest ce quâon a envie dâentendre!».Ăa te touche quand mĂȘme, câest impressionnant!

Est-ce que dâune certaine maniĂšre votre musique prend sa vraie dimension hors des frontiĂšres hexagonales ?
Dans un sens, mais la plus grosse partie de mon public est en France. Câest la base, et câest ici Ă Paris en particulier, quâest nĂ© ce projet, parce que câest une ville qui inspire ce genre de chose. Câest une ville super cosmopolite, une ville de mĂ©langes, de musique. Il y a Ă©normĂ©ment de musiciens ici. Donc câest un projet qui devait naĂźtre ici. Mais câest clair que le message est assez universel⊠Quâon est peu de temps sur terre, et quâil faut essayer de le vivre le mieux possible, le plus dignement possible. Câest pour ça quâon se bat.
Votre activitĂ©, câest aussi Radio Timbo, votre propre station sur internet. Comment est venue cette idĂ©e ?
La radio câest quelque chose qui mâa toujours fascinĂ©. Au tout dĂ©but des radios libres, jâavais fait une Ă©mission punk, sur une petite radio en banlieue. Etant musicien, de lâautre cĂŽtĂ© de la barriĂšre, je mâaperçois de lâimportance de tout ça, et je trouve ça gĂ©nial cette façon quâa la musique de voyager. Câest pareil pour les DJs: ils reçoivent des disques de pays diffĂ©rents, ils les jouent dans des soirĂ©es et tout Ă coup, ça prend une dimension qui nâexistait pas avant! Mais Ă la radio, jâentends toujours les vingt ou trente mĂȘmes morceaux. Je me trompe peut-ĂȘtre, mais jâentends beaucoup moins de programmations un peu "parallĂšles", dâanimateurs qui font leur propre programmation, vont chercher des disques pour les faire dĂ©couvrir. Ce cĂŽtĂ© quâavait la radio au tout dĂ©but, on peut le retrouver sur le net. Donc je me suis dit: on va faire une radio sur Internet! Câest assez rigolo parce quâon fait ça chez moi dans mon salon, qui est aussi mon studio⊠Donc des fois, on pousse les instruments, on met la table, les micros et on dit : allez, câest parti. Emission de radio! LâidĂ©e câest de faire dĂ©couvrir des sons, pas forcĂ©ment des choses qui ne sont pas commerciales. Câest pour ça que sur Radio Timbo on retrouve du son mexicain, jamaĂŻcain, cubain, africain, etc. Ce que jâai trouvĂ© intĂ©ressant, câest quâon peut aussi faire des Ă©missions Ă thĂšme, dans lesquelles jâinvite des DJs, par exemple un spĂ©cialiste du reggae, ou un autre copain DJ spĂ©cialiste de musique africaine nigĂ©riane qui va nous parler de lâafro beat, etc. Câest un truc excitant parce que câest du direct, ça va vite, trop vite dâailleurs: je nâai pas eu le temps de remettre la programmation Ă jour!
Propos recueillis par LoĂŻc BussiĂšres
La Semilla Escondida (EMI/Labels)
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