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Starr system

Le Who’s the boss? de Joey Starr


Paris 

14/10/2003 - 

Douze mois avec Joey Starr : l’idĂ©e a de quoi faire fuir certains mais tel est le programme du DVD Who’s the boss, qui suit l’ex-NTM, aujourd’hui chef de bande du label B.O.S.S. Enregistrements en studio, sound systems dĂ©bridĂ©s, Ă©mission de radio diffusĂ©e depuis la cave de son pavillon de Saint-Ouen: le film, sans se montrer trop laudatif, esquive le Joey Starr mauvais garçon pour se pencher sur l’artiste et son quotidien essentiellement musical. Rencontre avec la figure tutĂ©laire du hip hop français.



Quelle est l’idĂ©e de dĂ©part de Who’s the boss ? Exprimer les choses que vous avez Ă  dire ?
Ce n’est pas tant des choses Ă  dire que des choses Ă  montrer, parce qu’on est polyvalents, que toutes les disciplines du hip hop nous intĂ©ressent encore, quinze ans aprĂšs, bien qu’on ait arrĂȘtĂ© de danser parce que le physique ne suit plus !(rires) La premiĂšre dĂ©marche, c’est de montrer ce truc de soirĂ©es itinĂ©rantes, cette histoire de sound systems avec la tournante entre DJs qui est une vraie performance pour nous. Et puis surtout montrer la cohĂ©sion qu’il y a entre nous, autant quand on fait de la prod, que lors de nos Ă©missions de radio etc. On est super contents de faire tout ce que l’on fait, et d’exister Ă  l’heure d’aujourd’hui. Ce DVD est lĂ  pour montrer que B.O.S.S est une vraie entitĂ©, pas juste un mec Ă  la radio qui programme des imports avec un autre qui anime... et puis montrer que quoiqu’on fasse, on a la banane parce que c’est un luxe d’ĂȘtre encore au coeur de la mouvance quinze ans aprĂšs. Ça va bientĂŽt faire deux dĂ©cennies d’ailleurs. James Brown en a traversĂ© quatre, je veux bien faire comme lui !

Le DVD doit ĂȘtre pris comme une carte d’identitĂ© de B.O.S.S ?
Tout Ă  fait ! C’est en fait ce qu’on voulait faire passer dans 60 jours 60 nuits*, mais il y a eu un problĂšme de concordance avec ce que eux (les producteurs de l'Ă©mission : ndlr), voulaient montrer
 Du coup, on a fait nos mauvaises tĂȘtes. Mais lĂ  c’est notre histoire, ce n’est pas juste des mecs avec des baskets, des baggy, des jeans
Les baskets et les jeans, on les a aussi dans nos tĂȘtes ! Mon cerveau porte aussi un baggy !!!

Votre but avec ce DVD, c’est de recentrer le dĂ©bat, de rattraper les erreurs de l’émission diffusĂ©e par Canal + ?
Tu sais quoi ? J’ai failli ne pas la faire parce qu’ils m’ont parlĂ© de mon capital sympathie
et je leur ai dit "je vous emmerde !". Je ne travaille pas dans ce sens-lĂ . L’envie de la production, c’était justement de montrer autre chose que ce que l’on est. Par exemple, le premier jour, comme par hasard, on s’est fait serrer par les flics, et puis pas qu’un peu
 Ils se sont dit "ça va ĂȘtre terrible !", mais ça ne s’est pas reproduit, donc ils Ă©taient déçus. Nous, on avait plutĂŽt la volontĂ© de montrer ce que l’on fait, l’urgence dans laquelle on se met pour les prod’, les sound systems 
 En plus, il y avait de l’actu Ă  ce moment-lĂ . Mais ça ne les intĂ©ressait pas. Ce qui intĂ©resse les producteurs, n’intĂ©resse pas forcĂ©ment le vrai public. A un moment donnĂ©, il y a donc un dĂ©calage.


En parlant de dĂ©calage, une grande partie du public retient moins votre travail de musicien que les mĂ©saventures qui vous doivent d’apparaĂźtre rĂ©guliĂšrement dans la rubrique "faits divers" des quotidiens. Cela vous chagrine ?
Ceux qui savent qui on est, se formalisent un peu moins je pense. Je ne suis pas Ă  leur place, donc je ne peux pas l’affirmer. Mais ça, ça me dĂ©range moins. Maintenant, j’ai une famille -les membres du B.O.S.S entre autres. ForcĂ©ment, ce qui me dessert ne les arrange pas pour autant. Et puis je ne pense pas qu’en musique, ce soit vraiment une bonne publicitĂ©. Pour vendre un disque, oui, mais ce n’est pas ça qui va me rendre plus crĂ©dible aux yeux du mouvement hip hop ou du monde musical. Et c’est ce qui est pour moi le plus important. Je prĂ©fĂšre avoir plus de crĂ©dit par ma musique et mes faits et gestes au travers de ça que le reste, que je ne souhaite Ă  personne.

Ça fait partie du domaine extra professionnel

Regarde ce qui se passe pour le mec de Noir DĂ©sir : on en vient Ă  critiquer sa musique Ă  cause de ce qui s’est passé  Or Noir DĂ©sir, c’est quatre mecs, pas juste un. Ce qui est dĂ©plorable c’est qu’à un moment donnĂ©, ça rejaillit sur la musique.

Âčpour Boss Of Scandalz Strategyz

ÂČ60 jours, 60 nuits, l’émission de TV-rĂ©alitĂ© diffusĂ©e par la chaĂźne française Canal + dĂ©but 2003, qui dĂ©taillait surtout les frasques extra professionnelles de Joey Starr.

Joey Starr et le B.O.S.S. Who’s the Boss (Wild Side Video/Universal)


Loïc  BussiÚres