Paris
06/11/2003 -
Il y a sur cet album une chanson superbe, J’te lâche plus, qui est très intemporelle…On remarque aussi, sur votre nouvel album, trente-sept ans après Inch Allah, une nouvelle chanson sur les drames d’Israël, Mon douloureux Orient…
On peut se demander pourquoi, moi qui suis catholique d’éducation, je suis resté fidèle à une émotion de 1966 que j’ai traduite d’une façon qui a été malheureusement mal interprétée dans pas mal de pays arabes où j'ai été interdit. Cet été, le 15 août, pour la première fois depuis cette époque, j’ai pu chanter dans un pays arabe, en Tunisie. J’ai chanté Mon douloureux Orient et les gens applaudissaient à certains mots pendant la chanson. J’ai voulu dire qu’il est temps que ces deux peuples vivent en paix. On ne leur demande pas de s’aimer, mais d’arrêter de s’entretuer. Avec le recul, je me suis rendu compte de quelle strophe avait valu mon interdiction: «Sur cette terre d’Israël/J’ai vu des enfants qui tremblent». On m’a dit que c’était choisir un camp. Mais je voulais parler de la terre biblique tout entière, Israël et Palestine ensemble. Je n’ai pas fait cette nouvelle chanson pour «rattraper» quoi que ce soit, mais pour avoir la conscience en paix.
D’ailleurs, vous faites régulièrement état, dans vos chansons, de vos indignations ou de vos inquiétudes de citoyen.Vous écrivez énormément de chansons d’amour mais, malgré des centaines d’interviews, vous parlez très peu de vos propres sentiments en la matière…
Mes chansons d’amour, je n’ai rien à en dire. Quand on écrit ce type de chanson, on essaie de rester le plus pudique possible. Mes mains sur tes hanches est une chanson humoristico-amoureuse et je peux en discuter, mais je ne peux pas parler d’une chanson comme Je te dois. Ce sont parfois des chansons d’inspiration autobiographique. Et j’ai dans mes tiroirs une chanson que je n’ai toujours pas enregistrée et dont je sais que c’est une de mes plus belles chansons. Mais elle est trop personnelle.
Vous êtes un des grands Belges de la chanson française. Les Français se demandent parfois ce que ça signifie, au fond, qu’être belge ?Et la Sicile ?
Quand je vais en Sicile, je sens une appartenance lointaine. J’ai envie d’y retourner plus souvent que ces quinze dernières années, mais je ne me vois pas quitter la Belgique.
Vous êtes réputé pour votre grande culture musicale. Continuez-vous à écouter beaucoup de disques ?
En ce moment, j’écoute beaucoup de ce qu’on appelle la nouvelle chanson française, et notamment Bénabar. Je trouve qu’il a un immense talent, beaucoup d’humour, une immense sensibilité. Sa chanson Je suis de celles est magnifique.
CD Zanzibar (chez Polydor-Universal),
Triple-CD C’est ma vie (chez Capitol-EMI),
Recueil de textes : A ceux qui rêvent encore (Albin Michel),
Biographie C’est sa vie /Thierry Coljon (Kiron-Le Félin).
Du 7 au 9 novembre au Casino de Paris.
Bertrand Dicale
17/12/2008 -
16/03/2004 -
24/09/2001 -