Paris
19/11/2003 -
Quelle a été votre source de motivation pour cet album ?
Le point de rencontre entre Sinatra et vous, c’est votre façon d’utiliser le micro au même titre que les instruments de musique ?
C’est Nat King Cole, que j’ai connu, qui disait qu’il avait une voix de velours. J’ai travaillé le micro dans ce sens-là, très longtemps pour m’en rapprocher. Plus on se rapproche de ces gens-là, plus on va à la perfection, même si cette dernière n’existe pas. Mais je m’en suis rapproché le plus possible, et je crois que…il est pas mal mon disque ! On verra si ça va plaire au public, mais pour ma part je prend mon pied en l’écoutant ! (rire)
Qui plus est vous avez une implication importante sur ce disque: vous avez écrit la majoritédes musiques…
Oui. C’était aussi une petite vengeance: avec Chambre avec vue, j’ai voulu donner la chance à des jeunes, comme par hasard j’ai fait un gros succès et ils se sont octroyé ce succès. Moi, ça m’a vexé. J’ai été les chercher, certains ont même signé des contrats ailleurs grâce à mon succès… Ce qui m’a déplu, c’est cette inélégance de leur part, cette manière de s’approprier ce succès. Ils ont parlé de résurrection de Salvador mais moi j’ai toujours existé. Je n’avais pas fait de disque depuis cinq ans. Quand je pense que Voulzy, par exemple, en a mis neuf pour faire son disque… Résurrection, faut pas charrier ! Ça m’a fait mal aux chevilles ! (rire)
On peut se demander quand vous trouvez le temps d’écrire: vous avez enchaîné cet album, une tournée, un album live…
Tout le temps! Ça chante, j’ai un petit oiseau qui chante dans ma tête et j’ai un studio à la maison, alors quand j’ai un moment, je vais vite au piano et je mets sur magnétophone des départs ou des mélodies que je trouve. Quand j’ai besoin de faire un disque, je n’ai qu’à écouter et j’ai le matériel !

Vous devriez donner des conférences à la Star Academy où on ne jure que par la valeur travail !…
Je vais vous dire: je suis un professionnel alors quand vous parlez de Star Academy… Faut pas m’en parler! C’est un concours d’amateurs. Que ça existe, je comprends très bien, mais si les gens avaient compris le système…Ce qui se passe, c’est que le métier du disque va très mal. Les ventes baissent, il y a le piratage, donc ils ont trouvé cette combine chez Universal pour essayer de vendre des disques. On fait un truc avec la télé, on en parle, on fait des photos partout… On ne peut pas créer un artiste en trois mois, ça n’existe pas ça. Le talent, c’est une chose innée, si on ne l’a pas, ce n’est même pas la peine d’insister.
Vous avez l’habitude de dire que vous avez eu plusieurs carrières: chanteur pour enfant, amuseur, etc. Aujourd’hui, c’est du bonus ?
Je suis satisfait, parce que c’est une jolie fin pour moi. Pour un chanteur. Je finis en beauté quoi! Je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire et je suis bien content.
Loïc Bussières
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