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VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2004

Kyo et Mickey 3D


Paris 

01/03/2004 - 

Face Ă  l’inexistence de vĂ©ritables Ă©missions musicales dans le paysage audiovisuel français, on ne pouvait que se rĂ©jouir d’assister Ă  un Ă©vĂšnement comme les dix-neuviĂšmes Victoires de la musique : un show mettant en avant la performance live et la jeune gĂ©nĂ©ration. Les grands vainqueurs de cette Ă©dition : Kyo et Mickey 3D.



Tout avait pourtant bien commencĂ©. Les deux prĂ©sentateurs de choc et de charme de la soirĂ©e, Guillaume Durand et Jean-Luc Delarue, nous annonçait fiĂšrement que la cĂ©rĂ©monie allait se dĂ©rouler "en direct". Information non nĂ©gligeable puisque depuis quelques jours, France 2 avait Ă©mis l’idĂ©e de diffuser l’évĂ©nement avec un lĂ©ger diffĂ©rĂ© de 10 minutes afin d’éviter tout incident intempestif comme l’irruption de seins sur le plateau ou l’apparition d’un intermittent dĂ©nudĂ© sur scĂšne 
 ou l’inverse ! Bref, aprĂšs que Jean-Luc nous ait rappelĂ© subtilement pour la dixiĂšme fois que la soirĂ©e se dĂ©roulait bien "en direct", la charmante Carla Bruni est venue ouvrir le bal. La 19Ăšme cĂ©rĂ©monie des Victoires de la musique Ă©tait lancĂ©e.

Premier chanteur rĂ©compensĂ©, Calogero, Ă©lu artiste masculin de l’annĂ©e et qui "ne s’y attendait pas du tout". "Nous non plus", avait-on envie de lui rĂ©pondre aprĂšs qu’il ait gentiment remerciĂ© son patron Pascal NĂšgre, PDG d’Universal. Et puis Kyo est arrivĂ© 
 NommĂ© dans cinq catĂ©gories, ce jeune groupe originaire des Yvelines a raflĂ© pas moins de trois trophĂ©es : album rĂ©vĂ©lation, rĂ©vĂ©lation scĂšne et groupe rĂ©vĂ©lation. La cĂ©rĂ©monie s’est ensuite un peu enlisĂ©e Ă  cause des performances sans surprises de Pascal Obispo (rĂ©compensĂ© pour le spectacle de l’annĂ©e), Lynda Lemay et ChimĂšne Badi.


Entre temps, Mickey 3D, Ă©tait venu chercher sa premiĂšre Victoire de la soirĂ©e pour Respire, Ă©lue chanson originale de l’annĂ©e. Premier groupe Ă  remercier son public avant sa maison de disques, le trio de Saint Etienne s’est aussi fait le porte parole des intermittents en s’adressant Ă  la nouvelle "mascotte" des cĂ©rĂ©monies de remise de prix, le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon. VĂ©ritable fil rouge de cette soirĂ©e, la cause des intermittents a Ă©tĂ© abordĂ©e Ă  moult reprises. Sanseverino, reprĂ©sentant les musiciens, est venu demandĂ© au ministre d’accepter le contre protocole d’accord sur le rĂ©gime d’assurance chĂŽmage des intermittents, tout en souhaitant une "bonne chance Ă  tous les exclus parce que c’est un peu leur annĂ©e!" Une noble intervention qui n’a cependant rien arrangĂ© au climat morose de la cĂ©rĂ©monie.

Heureusement, certains artistes ont rĂ©ussi Ă  apporter un peu de piquant Ă  cette soirĂ©e monotone grĂące Ă  leurs prestations explosives. Les Wampas tout d’abord, fidĂšles Ă  eux-mĂȘmes, ont rĂ©veillĂ© le public du ZĂ©nith Ă  coup de grosses guitares grĂące Ă  leur tube Manu Chao. Le groupe Dyonisos a enfoncĂ© le clou quelques minutes plus tard avec leur interprĂ©tation trĂšs Ă©nervĂ© de Song for a jedi. Le chanteur, non content d’avoir subtilisĂ© les lunettes de Jean-Luc Delarue, a dĂ©montrĂ© qu’il maĂźtrisait l’art de la cascade avec brio. Dans un autre registre, Corneille nous a livrĂ© une trĂšs belle version acoustique de son dernier morceau, Parce qu’on vient de loin, et a mĂȘme rĂ©ussi l’exploit de faire lever la moitiĂ© du public prĂ©sent. Point commun de tous ces artistes: aucun d’entre eux n’a remportĂ© de Victoire. CoĂŻncidence ou fait surnaturel?


Ce que l'on peut regretter, c’est le peu de place accordĂ© Ă  la diversitĂ© musicale. Les artistes hip hop par exemple, Ă©taient cantonnĂ©s Ă  une seule catĂ©gorie, comme s’il Ă©tait impossible de faire du rap et d’ĂȘtre aussi la rĂ©vĂ©lation ou l’artiste de l’annĂ©e. Et c'est l'incontournable Diam’s qui emporta cette Victoire. On peut aussi s'etonner de l'attribution de la Victoire de l’album de musiques Ă©lectroniques/groove/dance Ă  Emilie Simon. Une catĂ©gorie fourre-tout dans laquelle concourraient aussi la house de Bob Sinclar, les expĂ©rimentations de Bumcello et le r’n’b de Willy Denzey. Point commun de tous ces artistes : heu, je ne vois pas 


La soirĂ©e s’achevait aux alentours de minuit en consacrant l’artiste interprĂšte fĂ©minine de l’annĂ©e. Plus aucun applaudissement ne retentit lors de l’énumĂ©ration des nommĂ©es, Ă  croire que tout le monde Ă©tait dĂ©jĂ  parti. A la non-surprise gĂ©nĂ©rale, Carla Bruni est venue chercher son trophĂ©e en prĂ©cisant qu’elle avait trouvĂ© cette cĂ©rĂ©monie "incroyablement chaude et swingy et amusante et merveilleuse". Le doute m’envahit alors : avais-je bien suivi la mĂȘme cĂ©rĂ©monie que Carla ou m’étais-je trompĂ© de chaĂźne ?

Benjamin Roux

PalmarĂšs complet :

- Le groupe ou l'artiste interprÚte masculin de l'année : Calogero
- L'album reggae/ragga/world de l'année : Voz d'amor Cesaria Evora
- Le spectacle musical/la tournée/le concert de l'année : Pascal Obispo "Fan" en tournée
- La chanson originale de l'année : Respire Mickey 3D
- L'album révélation de l'année : Le chemin Kyo
- L'album rap/hip hop de l'année : Brut de femme Diam's
- Le vidéo-clip de l'année : Respire Mickey 3D
- L'album de musique originale de cinéma ou de télévision de l'année : Good bye Lenin Yann Tiersen
- L'album de musiques électroniques/groove/dance de l'année : Emilie Simon Emilie Simon
- L'album pop/rock de l'année : Tu vas pas mourir de rire Mickey 3D
- Le groupe ou l'artiste révélation de l'année : Kyo
- L'album de chansons/variétés de l'année : Les risques du métier Bénabar
- Le groupe ou l'artiste révélation scÚne de l'année : Kyo
- Le groupe ou l'artiste interprÚte féminine de l'année : Carla Bruni