Chronique album
ParisÂ
07/05/2004 -Â

Quâest ce que cela vous fait dâĂȘtre considĂ©rĂ© encore comme la «Petite Elsa» Ă trente ans passĂ© ?
(rires) Dâabord, je crois que câest trĂšs affectueux de la part de ceux qui me surnomment ainsi. Ensuite, je pense que les gens ne mâont pas vu depuis longtemps et que, peut-ĂȘtre, en me voyant maintenant, ils nâauront plus cette image. Câest vrai quâils se sont arrĂȘtĂ©s Ă cette figure dâadolescente et quâaprĂšs, il y a une sorte de flou. Pour ma part, il y a eu une envie de faire un break. Ce qui serait plus embĂȘtant, câest quâaujourdâhui, en faisant un nouveau disque, jâai toujours cette image. LĂ , il y aurait un problĂšme. Mais rester dans le souvenir des gens aprĂšs tant dâannĂ©es, cela est Ă©norme. Maintenant, je nâai pas Ă me justifier du fait que jâai grandi et changĂ©, je crois que cela se voit.
Cette volontĂ© de break avec la musique a Ă©tĂ© prolongĂ©e par vos dĂ©mĂȘlĂ©s avec votre ancienne maison de disque avec laquelle vous Ă©tiez en procĂšs.
Quand on est pris dans un engrenage de procĂ©dure, on perd de son influx, de sa motivation, il mâest arrivĂ© Ă un certain moment, de ne plus avoir envie de revenir Ă la musique. Quand ce nâest pas de son propre fait, câest encore plus difficile Ă vivre, Ă accepter. JâĂ©tais extrĂȘmement prĂ©occupĂ©e par ces histoires et leur issue. On laisse pourrir le projet que tu apportes. On est considĂ©rĂ© comme un produit et juste comme un produit. Il nâest pas question dâartistes et Ă la limite, il nâest mĂȘme plus question simplement dâĂȘtre humain. Je me suis mĂȘme demandĂ© si je nâallais pas arrĂȘter et je me suis dit «Mais merde, je ne vais quand mĂȘme pas abonder dans leur sens et me dire quâils mâauront foutu ma vie en lâair!». La maison de disques avec laquelle jâĂ©tais en procĂšs avait virĂ© Indochine, Marc Lavoine⊠et donc je me suis dit rĂ©trospectivement que jâavais eu raison de mâentĂȘter.
Nâavez vous pas Ă©tĂ© tentĂ© de vous rĂ©fugier dans le septiĂšme art ?
Dans le milieu du cinĂ©ma, ce nâest pas mieux parce que ce sont de plus en plus les tĂ©lĂ©s qui financent les films et qui dĂ©cident. Sâil nây a pas les tĂȘtes dâaffiches quâelles souhaitent, le projet ne se fait pas⊠Câest aussi dur⊠peut-ĂȘtre mĂȘme plus dur en ce moment dans le cinĂ©ma que dans la musique.

Parlez-nous de vos collaborations sur cet album. Elles sont nombreuses. Franck Pilant comme chef dâorchestre parce que jâadore Aston Villa. Asher Ash, un auteur avec lequel jâavais travaillĂ© sur mon prĂ©cĂ©dent projet avortĂ© et avec qui jâavais vraiment envie de continuer. Benjamin Biolay qui mâa apportĂ© deux chansons Mon amour et Ne dis pas que tu mâaimes que jâai tout de suite trouvĂ© trĂšs bien. Et puis Etienne (Daho) avec lequel je chante Lâor et la poussiĂšre. Etienne, câest surtout quelquâun que jâaime humainement et artistiquement. Je me retrouve pleinement dans ce quâil fait, dans son Ă©criture. Câest un ĂȘtre tellement doux. Il est la gĂ©nĂ©rositĂ© mĂȘme, il est fin, Ă©lĂ©gant.
Daho, câest lâancienne gĂ©nĂ©ration, maintenant. Biolay, la nouvelle vague. Que pensez vous de cette nouvelle vague de la chanson française ?
Je ne sais pas ce que câest que la nouvelle vague. Aujourdâhui il y a tellement des choses diffĂ©rentes entre Overhead, Mickey 3D, Carla Bruni, BĂ©nabar⊠oĂč est la nouvelle vague ?
Moi, Ă la maison quand jâĂ©coute de la musique, je vais plutĂŽt vers le rock, mais pas français. Coldplay Radiohead, Joseph Arthur, LĂ©nine. La musique française, je ne suis pas trĂšs fan. Jâaime bien M pour ses influences anglo-saxonnes et Aston bien sĂ»r.
Les Star Academy et Pop Star, vous ĂȘtes fans ?
Je trouve cela trĂšs lĂ©gitime - quand on a envie de faire ce mĂ©tier et sachant la difficultĂ© que cela reprĂ©sente - de vouloir tenter sa chance dans ces Ă©missions. Maintenant, câest le systĂšme que je dĂ©plore. La maniĂšre de faire de la tĂ©lé⊠Câest trĂšs difficile quand on a eu une pĂ©riode de gloire dâĂȘtre lĂąchĂ© dans la nature. La descente peut ĂȘtre trĂšs violente et lâon ne les y prĂ©pare pas forcĂ©ment. Il ne suffit pas de chanter les chansons des autres dans un chĂąteau. Ăa tout le monde peut le faire.
Je regrette surtout quâil nây ait plus dâĂ©missions de variĂ©tĂ©s Ă la tĂ©lĂ©. Toutes les Ă©missions oĂč les artistes pouvaient vraiment sâexprimer, apparemment, nâintĂ©ressent plus. Câest fini le temps des TararataâŠOn dit que cela nâintĂ©resse pas les gens. Faut voirâŠ
Frédéric Garat
Â
22/09/2008 -Â