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RÉGINE MADE IN PANAME

La reine de la nuit revient à la chanson


Paris 

26/05/2004 - 

La reine de la nuit vient de présenter aux Folies Bergère, son nouvel album Made in Paname tout en gouaille parisienne. De nouvelles chansons à la mesure du personnage, écrites par Renaud, Marc Lavoine ou des amis-écrivains. Un vrai retour à la chanson.



Régine, la femme d’affaires, a décidé de tirer un trait sur la nuit, de liquider ses clubs privés aux quatre coins de la planète et de revenir à ses premiers amours. C’est dans le temple du kitch que la Rousse, toujours aussi flamboyante, a choisi d’arpenter la scène, sur ces quelques notes de musique qui lui collent à la peau, celles des P'tits papiers, composé par Serge Gainsbourg. Campée sur de hauts talons aiguilles, dans un imper en skaï noir, façon Romy Schneider, dans Max et les ferrailleurs*, Régine débute son récital aux Folies Bergère avec Un jour je quitterai tout.

Lourdes tentures roses constellées de paillettes, candélabres à huit branches façon méduses, rien n’est trop beau pour son retour. A commencer par ce Made in Paname sur lequel se sont couchées les plumes de Marie Nimier et Jean Rouaud, écrivains, Claude Posternak, publicitaire, Renaud et Marc Lavoine, chanteurs, et le compositeur Alain Lanty. Treize nouvelles chansons inédites taillées sur mesure par des auteurs et compositeurs de talent qui ont capté avec justesse la personnalité de Régine. Un album dans lequel la chanteuse se dévoile un peu plus, de l’amour d’une mère pour son fils, de ce Juste qui a sauvé la vie d’une jeune juive lors de la seconde guerre mondiale, aux relations sentimentales orageuses (Ils sont infâmes/les hommes qui tapent les femmes/…), ou la vie d’une boîte de nuit. Régine adopte le ton juste, même si la voix n’est pas toujours assurée, elle est tout simplement vraie, avec ce qu’il faut de solennité sans en faire trop. Cette chanson qui lui ressemble, Diaspora, qui fait ajouter à la chanteuse, visiblement émue : «Il faut connaître la valeur des mots, la diaspora ne s’applique pas uniquement à la communauté juive mais à toutes les minorités».


Cette fille de boulanger venu de Pologne, née en Belgique, de son vrai nom Sylberberg, a connu une enfance mouvementée. Régine a 7 ans lorsque sa mère quitte le foyer pour partir en Argentine en promettant de revenir la chercher. Elle échappe de peu à la déportation en se cachant dans un couvent. La pugnacité ne la quittera jamais plus. Régine débute dans la chanson en 1965 aux côtés de Henri Salvador et Charles Aznavour, qui lui écrit La femme à barbe. Puis viendront les Serge Gainsbourg, Paolo Conte et déjà des amis-écrivains dont Françoise Sagan et Patrick Modiano. Régine aura enregistré quelques 300 chansons parmi lesquelles quelques succès seulement, comme La grande Zoa, Azzuro, et Je survivrai, la version française de I will survive de Gloria Gaynor. Mais sa grande fierté, c’est de savoir que Les ptits papiers sont enseignés dans les classes primaires et que l’on explique aux enfants que celle qui la chante a inventé les discothèques! Toujours autant d’énergie, (le temps passé à dormir est du temps de perdu), Régine reste toujours très active au sein de l’association SOS Drogue International qu’elle a créée, il y a une vingtaine d’années.

"Bon ceux qui déconnent, c’est comme dans mes boîtes, je les vire!" On sent la patte de l’humoriste Pierre Palmade, dont la mise en scène enlevée et les enchaînements entre les chansons collent parfaitement au personnage de Régine, reine de la nuit à la réputation d’emmerdeuse. C’est vrai qu’elle a la gouaille pour elle, Régine, un franc-parler toujours vert, même à 74 ans, lorsqu’elle évoque les chansons que lui a composées l’ami Serge, dont "Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras, ça glissera mieux…" en se demandant pourquoi il ne l’avait pas plutôt proposée à Nana Mouskouri! Dans la salle, Annie Girardot, Josiane Balasko, Calogero. Bref tous ses amis du show-biz, étaient là pour la soutenir.


Sous le ciel étoilé des Folies Bergère, émouvante car on assiste là à quelque chose de rare, Régine chante pour les amoureux, les mains écartées le long de sa robe noire, un peu à la manière d’une Edith Piaf (les Américains l’appellent Happy Piaf) puis reprend sa chanson fétiche Les p'tits papiers. Le clou étant sa version anglaise, qu’elle lit phonétiquement, une feuille à la main, ce qui amuse beaucoup la galerie, même si on la préfère toujours en version originale: "Laissez brûler les p'tits papiers/Papier de riz ou d’Arménie/que le soir, ils puissent/Papier maïs/vous réchauffer…"

Comédienne également, Régine devrait remonter sur une scène de théâtre pour le rôle de Madame Rosa, l’héroïne de La vie devant soi, le roman de Romain Gary, dans une adaptation d’Alfredo Arias. C’est sûr, la noctambule risque encore de faire parler d’elle.

* film de Claude Sautet, 1971

Régine Made in Paname (Warner jazz) 2004

Pascale  Hamon