Paris
16/08/2004 -

Groupe de scène par excellence, les noJazz sont furieusement festifs. En tournée pendant deux ans, ils ont rencontré de nombreux artistes et suscité de nouveaux projets musicaux.
Drôles et sympathiques, deux des cinq musiciens se présentent à nous en tenue de ville, car sur scène, tout le monde est déguisé. Guillaume Poncelet affectionne le style paillettes et strass tandis que Spider Mike, comme son nom l’indique, prend d’assaut les plateaux en tenue de Spiderman.
Lorsque le groupe noJazz se déplace, il y a beaucoup de costumes qui suivent ?
Spider Mike: Il y a un camion entier! Beaucoup de costumes, beaucoup de gadgets, beaucoup d’éléments qui viennent habiller la musique sur scène parce qu’on adore ça !
Guillaume Poncelet: C’est ce qui nous différencie peut-être des autres groupes de jazz. Bien que l’on attache énormément d’importance à la musique, on consacre presque autant de temps à répéter qu’à créer nos personnages. C’est notre côté gaminet c’est beaucoup plus drôle comme ça !
Dans le même temps, vous êtes tous des musiciens de haut niveau !Guillaume Poncelet: Capt’ain Slam, le saxophoniste Philippe Selam, a fait parti de l’Orchestre national de jazz (ONJ), il joue avec Paco Séry, Bilbo le batteur Pascal Reva, a accompagné Patricia Kaas, Yannick Noah, Calogéro, et puis moi, j’ai commencé par la musique classique mais dès que j’ai découvert la musique de Maceo Parker, j’ai rêvé d’intégrer une section de cuivre au sein d’un groupe !
Spider Mike: Guillaume, nous l’avons kidnappé au Conservatoire National à trois jours de son premier prix, à la place, il a joué au festival de jazz de Montréal devant 30.000 personnes! Balatman, Philippe Balatier, qui est aux claviers et aux machines a fait une école de musique à Los Angeles. Il a fait aussi énormément de scène jusqu’au moment où l’aventure noJazz a pris trop de place.
Comment pourriez-vous présenter la musique que vous faites, puisque vous avez choisi ce nom de groupe clin d’œil et provoc’ noJazz :
Guillaume Poncelet: La négation contenue dans le nom de notre groupe c’est notre refus de la convention, nous sommes très exigeant avec nos compositions, lorsque nous travaillons, nous jetons tout ce qui nous rappelle les compositions des autres !
Spider Mike: Le pupitre de cuivre donne la couleur au groupe.
Guillaume Poncelet: Nous obtenons un gros son parce que nous avons une base de machines, très importante dans la création, beaucoup de basse. Sur scène le résultat est très présent, dansant.

Vous renouez avec le jazz des origines ?
Spider Mike : Complètement, avec la danse et la fête. D’ailleurs, personnellement, c’est depuis que je joue avec le groupe que je re-découvre l’essence même du jazz, comparable à la "danse" d’aujourd’hui. Moi je viens du hip-hop et de la funk.
Votre vie c’est la scène !
Spider Mike : On est un groupe de scène. Mais on ne pourrait gagner notre vie sur la seule vente de disques. Sans compter le manque à gagner dû au téléchargement. Nous, l’année dernière nous avons été "double disque dur" !
Question méchante, il y a des créations mais aussi des remixes sur cet album, et c’est seulement le deuxième, vous n’avez déjà plus rien à dire !
Guillaume Poncelet et Spider Mike : Et bien oui, on a plus rien à dire (éclats de rires). Les mixes correspondent à chaque fois à des projets, on a travaillé avec le DJ David F pour Médina, avec Ousmane, jeune chanteur judéo-alsacien habité de culture mandingue sur une version de What time is it, ou encore la fanfare funky Zéphyrologie, ce qui donne une nouvelle version de Jungle out.
C’est l’improvisation, inhérente au jazz, qui vous permet déjà, de revisiter certaines compositions ?
Guillaume Poncelet et Spider Mike: Les morceaux ont tellement évolué au fil des concerts, et puis il y une telle envie de rencontrer les autres musiciens, sans oublier que la tournée continue, nous avons fait la fête de la musique en Hongrie, nous serons au Mexique en octobre, et puis le Canada, les Etats-Unis, Israël avec le festival d’Eilat cet été…
noJazz noLimits, Warner Jazz France (2004)
Valérie Nivelon
19/08/2002 -