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Pascal of Bollywood

Un conte de fées en technicolor


Paris 

26/11/2004 - 

Natif de la région parisienne, Pascal Héni, rebaptisé Pascal of Bollywood réalise à 40 ans son rêve : enregistrer en Inde un album (éponyme) sous la direction de Pyarelal, un des plus grands compositeurs de musiques de films du sous-continent indien.



Plutôt que de vivre leur vie, certains la fantasment et s’imaginent paradant dans les palais viennois au bras de Sissi la belle impératrice, d’autres dévalent des cascades à fond de rouleau tel un 007 éternellement jeune. Pacal Héni, lui, est arrivé à conjuguer rêve et réalité. À 40 ans, il publie un premier album éponyme enregistré en Inde avec un grand orchestre dirigé par Pyarelal, un compositeur et arrangeur de premier plan, auteur de nombreuses partitions (plus de 500) pour les comédies musicales du sous continent indien. "Je suis né aux Batignolles à Paris en 1963 dans une famille pieds-noirs. Il n’y a donc aucun atavisme. Mes parents ne connaissaient rien aux musiques indiennes, ni moi-même d’ailleurs, avant de me rendre en Malaisie en 1987", confie-t-il. "C’est là sur un marché de Kuala Lumpur qu’une cassette m’a attiré l’oeil. Car c’est bien son graphisme, son esthétique qui m’a séduit avant même d’écouter la musique et de devenir fan. Johnny d’Jono, une des chansons que je reprends sur mon album, figurait sur cette cassette. Très vite, je l’ai fredonnée en inventant des paroles françaises proches de la phonétique initiale."

Pascal Héni succombe aux charmes de ces mélodies envoûtantes et joyeuses, de ces voix haut perchées, de ces univers pas si kitsch que ça. Bien sûr, le miel y coule à flot, les couleurs y sont éblouissantes et les arrangements totalement exotiques. Habitué à chanter les poètes français (Rimbaud, Verlaine), mais aussi des textes de Dante en italien, ou des poésies allemandes ou turques, Pascal se familiarise peu à peu avec ces nouvelles sonorités en écoutant de nombreuses cassettes. Par goût, il se focalise sur le répertoire des années 50 à 70, "l’âge d’or des B.O. des films indiens", ajoute-t-il. En effet, depuis les années 70, les musiques de films ont subi de plein fouet l’arrivée des synthétiseurs, réduisant considérablement le nombre de grands orchestres en exercice à Bollywood.

"Je veux donner de la joie par le son"


Au final, Pascal of Bollywood propose treize premiers titres, dont une version réorchestrée de La Vie en Rose déjà insérée au sein de la compilation Indomania produites par Béatrice Ardisson et Mozart India, une adaptation très libre de la Quarantième de Mozart. Pour le reste, il a plongé dans le vaste répertoire des B.O. et en a ressorti quelques perles de l’Inde éternelle. "J’ai énormément travaillé afin d’être le plus près de la prononciation exacte de l’hindi, du tamoul ou du bengali." Une première tournée indienne a été organisée avec le soutien du service culturel de l’ambassade de France à New Delhi et ce disque enregistré avec le soutien de la Sacem. "Sans le savoir, Pascal remplit un vide dont personne n’avait conscience", témoigne dans le dossier de presse Sushmita, une jeune femme qui travaille dans une agence de pub à Delhi. "Ces chansons n’existaient pas en disque en Inde ou dans des versions de piètres qualités." Ajoutez à cela l’accent frenchy de Pascal, qui doit faire autant sourire les Indiens, que nous, celui de Pétula Clark ou Jane Birkin, et vous avez les raisons de l’engouement qu’il suscite à l’autre bout du monde.

Ici, le charme exotique de ces chansons devrait indubitablement séduire. "Ce que j’aime avant tout dans cette musique, c’est sa capacité à donner de la joie." Un titre comme Jalwa Jalwa aux rythmes entraînants pourrait devenir un tube en club. "Des remixes sont envisageables", précise le principal intéressé. Cette pratique fort répandue en Inde impulserait une nouvelle dynamique à cet album qui pour l’instant supporte très bien l’écoute en salon. Enregistré avec le Bollywood Film Orchestra (un grand orchestre : plus d’une trentaine d’instruments à cordes et presque autant de choristes et quelques solistes de premier plan), Pascal of Bollywood renoue avec une tradition oubliée, avec "ce “trop” délicieux" comme il appelle cette exubérance sonore. "Quand le tout Bombay a su que Pyarelal enregistrait à l’ancienne avec moi, cela a motivé certains à retourner vers cette façon de faire. C’est la première fois de ma vie que je suis in", ajoute-t-il avant de préciser qu’au printemps prochain, il défendra son album sur scène. Une nouvelle aventure démarre.

Pascal of Bollywood (Naïve) 2004


BOLLYWOOD : LA MECQUE DU CINEMA INDIEN

Souvent oublié au palmarès des cinémas mondiaux, Bollywood (contraction de Bombay et Hollywood) n’a rien à envier à sa consoeur américaine. Ces romances aux multiples rebondissements s’érigent sur la plus haute marche du cinéma au niveau mondial pour son nombre de films. Très populaires sur tout le continent asiatique, ces histoires d’amour où la musique et la danse constituent une sorte d’espéranto sont depuis longtemps fort bien implantées en Afrique où elles charment les publics du Maghreb comme ceux des pays subsahariens. Il n’est pas rare d’ailleurs d’entendre sur les radios ou dans les échoppes des vendeurs de cassettes les titres phares des B.O. de ces films. En Europe, c’est naturellement en Angleterre, pays dont l’Inde fut une colonie, que ces films et leurs musiques sont le plus largement diffusés. La France "s’indianise" peu à peu. Dès les années 80, des concepteurs visuels comme Pierre et Gilles s’inspirent de ces univers délicieusement sucrés. Plus tard, les Rita Mitsouko réaliseront à la sauce Bollywood le clip du Petit Train. Résidant à l’époque dans le quartier parisien de la Gare du Nord, ils ont peut-être tout simplement découvert ces films dans les premières boutiques des immigrés du sous-continent indien qui s’installent alors dans ce quartier. Depuis, véritable concentration des communautés indiennes dans la capitale, ces rues alimentent tous les passionnés du genre. Pascal of Bollywood s’y rend régulièrement et vous recommande deux adresses : Sonima Music au 99, rue du faubourg Saint-Denis pour ses films sous-titrés en français et Pandi UDO un peu plus loin.

Squaaly