15/12/2004 -
Un temps négligé par les maisons de disques, le support numérique est aujourd’hui plus qu’un prolongement naturel du CD, à qui il grille régulièrement la priorité. L’homogénéisation de la qualité (généralisation du son en Dolby 5.1, tournage en caméra numérique...) et la baisse relative des prix expliquent en partie l’engouement pour la déclinaison musicale du disque versatile. D’autant que certains ne voient pas dans le DVD uniquement sa dimension marketing, mais cherchent encore à en explorer les potentialités, à donner un sens à l’image ou à proposer des bonus dignes de ce nom. En pleine saison des best of, coffrets collector et autres albums en édition spéciale, les DVD musicaux s’offrent logiquement une place de choix en tête de gondole des disquaires.
La nouvelle scène française squatte le DVD
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Au rayon live, on notera également les concerts de Thomas Fersen, du déjà largement salué en ces pages, Cali (l’excellent Plein de vie, dont les bonus comptent une décoiffante leçon de stage diving* administrée par le chanteur de Dionysos), et Dominique A, qui signe là son premier enregistrement en concert, relevé d’une poignée de titres inédits – démos et autres – en guise de bonus (En solo aux Bouffes du nord).
La variété en vidéo
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Autre adepte de la valeur ajoutée, Axelle Red livre sur French Soul, en plus d’une intégrale de clips à l’intérêt limité, un deuxième disque contenant un concert en formation réduite. Avec en guise d’assurance groove la présence des soul brothers Lester Snell et Michael Toles, deux collègues d’Isaac Hayes. Saluons également le double disque Fan de Pascal Obispo, écho fidèle à son spectacle et exemplaire en tous points, contenant des bonus en cascade. Moins généreux malgré son titre à rallonge, le Gothique flamboyant pop dancing tour de Laurent Voulzy semblera un peu sec en comparaison, avec pour seul menu le live de l’Olympia. L’écueil est néanmoins relatif, puisque le film intègre de nombreux commentaires et scènes backstage entre les chansons. Une fantaisie qu’on ne trouve pas sur le très classique Bonsoir amis, où Henri Salvador croone avec le savoir faire de rigueur, mais dans un écrin numérique sage (mise en scène sobre du concert et bonus de consommation courante).
Nostalgie numérique
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Déjà rompu au genre, Indochine décoche pour sa part son quatrième DVD, mais se tourne pour la première fois vers le passé via une intégrale de clips (28 vidéos au total couvrant la carrière du groupe de Nicola Sirkis), tandis que feu Téléphone frappe fort avec un double disque fourni proposant un documentaire d’une heure, des extraits de concert et le film Téléphone public réalisé par Jean-Marie Perrier, disponible jadis au format VHS. Enfin, autre formation dissoute à profiter de l’embellie du DVD, Il était une fois se rappelle aux bons souvenirs de ses fans avec un documentaire assez complet et très largement musical.
Live, docu et bonus
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Mention spéciale enfin à M (Matthieu Chedid) qui, non content d’être l’initiale la plus en vue du paysage musical français, endosse le rôle de prof de guitare en habits numériques. Réalisées par sa soeur Émilie, ses Leçons de musiques interactives décortiquent les riffs chedidiens avec force ralentis et options multi-angles sans jamais se montrer austères ou rébarbatives. Du caviar pour les M-ophiles, qu’ils soient ou non piqués à la six cordes.
À noter, parmi les sorties non testées, les DVD de Yannick Noah (Quand vous êtes là), Iam (Live aux Docks des Suds), Maurane (L’Heureux Tour), Charles Aznavour (Bon anniversaire Charles).
*Plongée du chanteur dans le public
Loïc Bussières