Paris
16/12/2004 -
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Fils d’un architecte et d’une commerçante de la commune de Matete à Kinshasa, il part à Paris en 1985 et s'inscrit en sciences économiques à l’université. Tout en poursuivant ses études, il écrit des textes pour les deux ténors de la rumba, Wemba et Olomidé. Il est ainsi l’auteur, sans être crédité par le Grand Mapao, de bon nombre de ses plus grands succès dans les albums Koweit, rive gauche et Noblesse oblige entre 1991 et 1993. De 1993 à 1995, il met son talent au service de Papa Wemba et contribue alors à l’écriture de chansons des albums Foridoles et Pôle position.
Diplômé, il entreprend des cycles de conférences dans les universités où il montre l’apport d’un intellectuel à la musique : "Les gens aiment bien savoir pourquoi quelqu’un qui pourrait travailler dans un bureau fait de la musique. Parce qu’on a une autre idée de la musique en Afrique. On pense qu’un artiste, c’est comme un athlète aux États-Unis, c’est-à-dire quelqu’un qui aurait raté ses études. Être considéré comme un musicien peut être dévalorisant pour un intellectuel. Mais je veux démontrer qu’être artiste n’est pas une situation qui conduit à la débauche."
Dans la musique congolaise, il fallait, pour faire preuve de sagesse dans ses chansons, recourir systématiquement aux paroles des aînés. Chaque région a ses adages. Des artistes comme Franco, Rochereau ou Simarro reprenaient des proverbes qui existaient déjà. Un peu comme si, en France, pour montrer son érudition, un chanteur citait Jean-Paul Sartre, Paul Valéry ou Chateaubriand. "C’est pourquoi je me suis dit, explique Wazekwa, que je devais créer mes propres proverbes. C’est ce que j’ai fait avec Koffi et Wemba : des paroles pas uniquement dansantes. Il fallait les retenir pour être à la page. C’est un peu comme lorsqu’on écoute une chanson de Cabrel. On s’attend, en plus de la mélodie, à avoir des conseils sur la vie amoureuse ou les enfants. Moi, je suis un peu le Cabrel du pays."
Concept novateur
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Son septième album, Et après ?, sorti cette année, a été réalisé avec l’arrangeur-producteur Edgar Yonkeu. Il a la particularité d’être commercialisé avec un DVD : "Quand je sors un album, au niveau des paroles, des mélodies, c’est bien. Mais beaucoup de gens veulent connaître mes pas de danse. Et il y avait toujours un décalage entre la parution de l’album et celle des clips. Comme condition à la sortie de l’album, j’ai demandé à mon producteur, Kiki Touré, l’ajout d’un DVD. C’est pourquoi l’album marche très bien. Il y a la musique et les images." Dans ce nouvel opus, Wazekwa innove avec une nouvelle danse qui détrône le ndombolo. On l’appelle nzoto ya mama elengi, ce qui signifie "le corps de la femme est accueillant", et le DVD joint à l’album permet d’en découvrir toutes les subtilités. Un concept novateur de la part de cet artiste congolais qui pourrait faire des émules parmi ses collègues européens.
Félix Wazekwa Et après ? (Kiki Productions/Atoll) 2004Pierre René-Worms
24/10/2003 -