Paris
10/01/2005 -
|
|
Les Nuits acadiennes commencent doucement grâce à Pascal Lejeune, nouvel espoir aux textes mi-figue, mi-raisin et à l’humour certain, très influencé par des artistes comme Richard Desjardins, Plume Latraverse et Georges Brassens. Sorte de Cabrel acadien dans la voix, Danny Boudreau, tape dans un registre plus commercial à la prose plus homogène. Originaire de Petit Rocher, au Nouveau-Brunswick, une région à 38 % francophone, Danny est encore peu connu au Québec malgré trois albums à succès en Acadie. "Car, hélas, le Québec s’intéresse peu à la francophonie canadienne et les artistes acadiens n’ont d’autre choix que de s’exporter", explique Marie-Renée Duguay de la très sérieuse SNA (Société national des Acadiens), sorte d’ONG-fédération qui met tout en oeuvre pour représenter au mieux les valeurs du peuple acadien.
Le sens du rythme et de la fête
|
|
Ces joyeux drilles seront précédés de la jeune "violoneuse" de dix-sept ans, Dominique Dupuis. Ceux qui l’ont vue et entendue au Stade de France, lors de la Nuit celtique organisée en mars dernier, ou au Festival interceltique de Lorient l’année passée (où l'on fêtait aussi les 400 ans de l’Acadie) s’en souviennent encore. Assurément, cette virtuose de l’archet n’en est qu’à ses débuts. Originaire de Memramcook, elle a déjà beaucoup bourlingué dans différentes formations : membre à part entière du groupe Shaïda, elle s’octroie aussi une carrière solo.
La dernière soirée permettra de claquer des doigts et taper à nouveau du pied avec les musiciens de Vishten. Ils sont sur scène pour jouer une musique de fête, qu’ils appellent des "party de cuisine", et qui marie allègrement influences écossaises et irlandaises. Assis sur leurs blocs de bois dont ils se servent comme d’une caisse de résonance, les membres de ce groupe de l’Ile-du-Prince-Édouard, qui compte 5 % de francophones, jouent depuis quatre ans une musique traditionnelle.
Avec le bagout qu’on lui connaît, le chansonnier Roland Gauvin, vieux routier de la scène aux accents roulants, originaire du Nouveau-Brunswick, clôt ces soirées acadiennes au son du blues des bayous. Créateur de trois groupes qui ont fait date en Acadie, à savoir 1755, le duo Roland et Johnny et Les Méchants Maquereaux…, il reçoit en 1999 le prix Hommage au Gala du Millénaire pour sa contribution à l’épanouissement de la culture acadienne. "Quand un Roland Gauvin chante : “J’ai pas d’job”, il parle d’une réalité universelle mais qui a des échos particuliers chez nous", confirme Marie-Renée Duguay.
Ce que, lors des après-spectacles, ne manquera pas aussi d’illustrer Fayo, tout en verve, qui manie le chiac de sa province, ce mélange d’anglais et de français que l’on parle au Nouveau-Brunswick.
Les Nuits acadiennes, du 10 au 12 janvier 2005, La Maroquinerie, Paris.
Pascale Hamon