

Paris
11/01/2005 -
Artiste impertinent et intermittent du spectacle, comme il n’a pas manqué de le rappeler lors de sa rentrée parisienne à la Cigale, Henri Texier le militant passionné et passionnant se raconte sans compter, pendant des heures, autour d’un café, au bar (choisi par lui) du cinéma des cinéastes, du côté de la Place Clichy. La voix est douce, le débit rapide.
|
|
Dès la lecture, Henri Texier entend des percussions, le rythme de la quête d’un couple en mal d’enfant, parti adopter à l’international, au Cambodge. Bientôt, Jacques Gamblin et Isabelle Carré seront choisis pour les rôles titres. Pulsation des coeurs qui battent la chamade, gonflés d’un trop plein d’amour et usés par le parcours du combattant imposé à l’adoptant au sein d’une société cambodgienne pauvre, corrompue et meurtrie, les percussions entendues par Henri Texier ne peuvent être celles du jazz, ni même de l’Afrique qu’il connaît si bien... À vouloir exprimer une immense tendresse, ce love stream si cher à Casavettes, les oreilles du compositeur s’arrêtent sur la musique de cour cambodgienne, mais, décidément, ce n’est pas l’atmosphère du film. Et, finalement, c’est dans les morceaux populaires khmers qu’il trouvera son inspiration, au son des tambours des temples boudhistes. Une musique qui, elle aussi, a voyagé, car "du Rajasthan au Cambodge, on retrouve le souffle de la musique indienne, modale". Comme la plupart des grands jazzmen contemporains (Davis et Coltrane), Henri aime colorer sa palette de cette musique-là.
Métallophone
|
|
La double actualité d’Henri Texier, c’est aussi la première livraison du Strada Sextet. Une photo du potos de toujours, Guy Le Querrec, en noir et blanc sur la pochette, deux amoureux black/beur contre un mur abîmé et sublimement tagué (V)ivre. Après douze années d’Azur Quartet, devenu quintet "un beau et long moment" avec ses complices Bojan Z, Glenn Ferris, Tony Rabeson, puis Sébastien Texier, fils et père ont imaginé un orchestre "fanfare, tendre, violent, résistant, intermittent". Avec (V)ivre, tout semble permis. Exit le piano, bonjour la guitare électrique du jeune Manu Codjia (28 ans), les rythmiques tribales de Christophe Marguet, les cuivres de Sébastien texier, tout juste primé au 13e Django d’or, le trombone retord de Guéorgui Kornazov, "un jazzman d’aujourd’hui avec la connaissance de toute l’histoire du jazz… Le talent en plus". Autrement dit, une bande de révoltés – c’est ainsi que l’album devait s’intituler – qui expriment leur rage de vivre l’ivresse d’une musique libre.
Henri Texier Holy Lola (Label bleu) 2004
Henri Texier Strada Sextet (V)ivre (Label bleu) 2004
Valérie Nivelon
28/02/2007 -
08/12/2005 -
06/11/2002 -