Paris
26/01/2005 -
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Autre activiste qui ne semble pas souffrir d'une quelconque baisse d'activité, DJ Grégory : ce trentenaire n’est jamais ou presque dans la capitale française en fin de semaine. En janvier 2005, il sera derrière les platines de clubs à Dubaï, au Bahreïn, à Hong Kong ou encore à Sydney. "Il y a une espèce de fascination pour les DJ français, les gens nous demandent comment nous faisons pour avoir ce son, pour produire de tels disques." Car la clé pour s’exporter semble bien résider dans cette évidence : pour devenir un DJ globe-trotter, il faut d’abord être reconnu. Et cette reconnaissance ne s'obtient qu'en réunissant certaines conditions. "Un DJ ne peut pas tourner s’il n’est pas producteur", résume Bob Sinclar, qui totalise un million de disques vendus. À l’heure d’Internet et du téléchargement – légal ou pas – de musique, les titres circulent plus vite et plus loin. Lors d’une récente soirée donnée dans un club à Bogota, Bob Sinclar s'est aperçu que les danseurs chantaient le refrain de son tube The Beat Goes On. Pourtant, ce morceau ne s’est pas vraiment vendu en Colombie, et les maxis vinyls n’y existent pas...
Développer une image d'artiste
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En concert ce soir à Cannes avec les autres artistes du label Pschent pour clore la 39e édition du Midem (Marché international du disque et de l'édition musicale), le Belge Charles Schillings s’est d’abord fait connaître sur la scène internationale dans les clubs ou lors de défilés de mode, puis par ses productions. "Je n’ai jamais vraiment eu l’étiquette French touch," confie-t-il. "J’étais un peu isolé par rapport aux réseaux de DJ et d’agents." De Londres à New York, en passant par Rome – des villes dans lesquelles il a successivement habité –, il multiplie les rencontres, essentielles dans ce milieu. Car la meilleure publicité, ce sont souvent les DJ eux-mêmes qui la font, en diffusant les disques des uns et des autres. Et les productions françaises s’exportent toujours autant sur les platines des discothèques du monde entier.
"C’est branché d’inviter un DJ français. Nous avons une image glamour et fashion", confie Bob Sinclar. "Contrairement aux Américains, qui signent beaucoup de titres sous de nombreux pseudonymes", ajoute-t-il, "nous avons toujours voulu développer notre image d’artiste." Et les disc jockeys français n’ont jamais été autant demandés que depuis ces trois dernières années. Les tarifs de leurs prestations sont conséquents : 1500 euros au minimum par soirée. Les négociations sont assurées entre les clubs et les artistes par des agents – appelés aussi bookers – qui travaillent chacun sur un territoire géographique délimité.
Parmi les pays les plus demandeurs, l’Afrique du Sud figure en bonne place. DJ Grégory y a reçu le meilleur accueil, Charles Schillings aime le côté décalé des danseurs sud-africains, et Bob Sinclar, avec son projet Africanism, avoue s'y sentir presque comme chez lui. Autres pays d’adoption : la Russie, les Émirats Arabes Unis ou la Chine, plus particulièrement Hong Kong. En musique comme en géographie, ces ambassadeurs francophones de l'électro ne semblent décidément pas connaître la notion de frontière.
Bob Sinclar Enjoy (Yellow Prod/Warner) 2004
Charles Schillings Not Correct (Pschent/Wagram) 2004
DJ Grégory In the House (Defected/Pias) 2004
Nicolas Dambre
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