Cannes
26/01/2005 -
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Plus tard, au Carlton, le Suisse Thierry Romanens chante avec beaucoup d’humour devant un public clairsemé. Bien accompagné par une violoniste et un guitariste, il pousse ses petites musiques du coeur, des femmes absentes au rendez-vous… Mais il manque encore un peu d’assurance, de compositions relevées pour convaincre tout à fait.
19 heures, apéritif électro. Ce soir, l'ambianceur s'appelle DJ Philippe Cohen Solal, l'initiateur du Gotan Project, plus de 850 000 ventes dans le monde avec leur premier album La Revancha Del Tango. DJ Cohen Solal enchaîne des remixes de morceaux latino, hip-hop, jazz, dans le même esprit que son CD Inspiración – Espiración qui vient de sortir. Un peu tôt pour apprécier ce mélange savant des sons et des genres.
La nouveauté française arrive beaucoup plus tard dans la soirée sur la scène Méditerranée du Palais des Festivals : Playground, guitares bien en place, rythmique d'acier et chanteur soigneusement débraillé, prêt à couvrir la déflagration sonore qui l'entoure. Car le son est absolument énorme. Nom anglais, paroles en anglais, l'objectif est clair : arriver à égaler les autres groupes de rock anglo-saxons qui font l'actualité musicale en ce moment (Libertines, Strokes…). Dino, guitariste, compositeur et arrangeur, arrive à glisser quelques accords hors des sentiers archi-rebattus du genre. Son passage par le conservatoire et un long travail sur le jazz donnent de l'assurance à son jeu. Seule baisse de tension : les morceaux avec guitare électro-acoustique, notamment le single 94, ne sont pas ceux qui passent le mieux.
Le quart d'heure franco-anglais continue dans une boîte de nuit en sous-sol. Là, les filles de Nouvelle Vague, Camille et Mélanie Pain, entonnent à tour de rôle les refrains de la new wave des années 80. Accompagnées simplement d'une guitare et d'un clavier, elles s'approprient Guns Of Brixton (Clash), Love Will Tear Us Apart (Joy Division), Marian (Sisters Of Mercy)… Chantée "façon cabaret" avec beaucoup de sex-appeal, I Just Can't Get Enough (Depeche Mode) retrouve dans ce dépouillement toute sa force. La version particulièrement déjantée de Too Drunk To F*** (Dead Kennedys) par Camille prouve que Nouvelle Vague est, au-delà du concept à l'allure marketing, un vrai projet musical qui existe en concert. Le public étranger ne s'y est pas trompé : Nouvelle Vague a déjà beaucoup tourné, en Europe et en Amérique du Nord.
Jean-François Danis