Chronique album
Paris
26/08/2005 -
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La jeune musicienne avait décidé de mettre en route la composition de son second album quand Luc Jacquet est venu lui demander de réaliser la bande originale de son film. "Quand il me l’a proposée, j’étais justement en train de réaliser la chanson Ice Girl. J’y faisais une recherche sur les sons évoquant le froid, en enregistrant des glaçons dans un verre, en captant le bruit que ça faisait en utilisant ce verre comme un shaker. J’échantillonnais le bruit que font les pas dans la neige." Le réalisateur Luc Jacquet et le producteur Yves Darondeau, revenant de l’Antarctique, avaient pensé à elle, sans avoir entendu parlé d’Ice Girl au préalable. Le hasard a bien fait les choses : l’artiste a réussi à façonner un album torride et glacial à la fois, tempétueux et rock n’roll sur Songs Of The Storm, cristallin aussi sur All Is White ou The Frozen World. Ce bain glacé de jouvence, au milieu d’un paradis d’animaux blancs et noirs, est un travail sur le fond (la mise en abyme d’images documentaires à travers des chansons) et sur la forme (l’interprétation du froid par des sons). Cette riche expérience, qui s’est déroulée de février à novembre 2004, lui a permis de se retrouver seule pour composer à partir du travail d’un autre artiste.
Instruments rares
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La voix permet de renforcer la part onirique du projet, mais le chant ne prend jamais trop de place sur La Marche de l’empereur : "Je ne savais pas si c’était une bonne idée que je chante sur la bande originale. Luc Jacquet voulait quelque chose de surprenant, inqualifiable." Et le résultat est très surprenant. À l’image des manchots, serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud par une température de -40°C et composant lors de leur rassemblement hivernal une forme de choeur harmonieux, la musique d’Émilie Simon nous emmène au beau milieu de l’univers de ses jolis animaux. "Il y a une forme de poésie créée par le souffle et la démarche des manchots. En composant, je m’imaginais au milieu d’eux, entendant la glace craquer sous leur marche. J’ai essayé de me projeter, sans avoir jamais mis les pieds en Antarctique." Un voyage réussi, que la chanteuse n'hésite pas à considérer véritablement comme son deuxième album et qu'elle tient à défendre sur scène lors de sa prochaine tournée.
Émilie Simon La Marche de l'empereu (Barclay/Universal) 2005
David Glaser
27/07/2006 -