Paris
24/02/2005 -
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Ses dernières élucubrations discographiques en date l’avaient vu tutoyer la blue note, avec le très fréquentable Wunderbar Drei ("un objet un peu cohérent, un peu jazzy sur les bords. Au bout du compte, c’était presque un exercice de style"). Le bougre s’était même vu remettre la Révélation électro-jazz 2002 par l’Adami ! De quoi conforter ceux qui pensaient voir le sieur Steiner (Fred Landier à la ville) en émule de St Germain. Ceux-là n’avaient probablement pas vu les live du Rubin Steiner Quartet, nettement plus débridés que ceux de son (faux) frère de sample ! Avec Drum Major!, sa nouvelle livraison, Steiner confirme son penchant pour une électro libre, à l’abri des chapelles et des querelles d’écoles. "Il n’y a ni contrainte ni règle : tout est spontané", avance Landier à propos de Drum Major! "Jusqu’à ne pas trop bosser les morceaux pour garder une certaine fraîcheur…Cette espèce de truc qui fait que tu ne sais pas trop pourquoi tu fais les choses, alors que quand tu bosses trop sur un morceau, tu sais pourquoi tu les fais ! Là, il n’y a que des choses qui ont été faites très rapidement".
Sampling et spontanéité
Aux antipodes de la "musique papier-peint" ou d’une scène électro-jazz qu’il fustige au même titre, Steiner esquive le formatage. Quand certains misent sur l’attitude, ou donnent dans les beats à usage unique (la house exclusive aux clubs, l’électro de boudoirs etc.) l’inventeur du nonsensique "Lo-Fi" (en opposition au son Hi-fi !), opte, lui, pour le tout ludique. "Je fais de la musique comme d’autres des jeux vidéo. Il n’y a que ça qui m’amuse, et je ne réfléchis pas trop à ce que j’ai envie de faire !". D’où un retour avec ce Drum Major!, au bouillonnant et aux collages foutraques qui définissent son univers - autant dire un périmètre rythmique à géométrie variable ! Une sorte de bricolage musical inspiré, ou sampling rime avec spontanéité. Et où les titres sonnent, malgré leur constance manifeste, comme autant de clins d’oeil second degré (du premier extrait Your life is like a Tony Conrad concert à Put your horn in your ass and pull off - qu’on se gardera bien de traduire...). "Au départ, je me fais plaisir à moi. Après, si ça plait à des gens…tant mieux ! Mais je n’ai pas de cahier des charges, ou de comptes à rendre" poursuit Steiner, presque surpris aujourd’hui encore que son goût pour le bizarre et l’étrange se retrouve gravé sur CD et vinyle.
"Proposer autre chose que des disques"
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Rubin Steiner Major Drum! (Platinum/BMG) 2005
Loïc Bussières
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