Chronique album
Paris
04/03/2005 -
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Plouc, un titre revendiqué : "parce qu’on l’est tous un peu et que c’est très proche de populaire". Un qualificatif rural qui lui sied aussi à ravir : "Chaque fois que je suis allé à la campagne, je suis reparti en courant ! Je pensais qu’il me fallait du bruit de l’agitation pour trouver l’inspiration. Ma créativité aujourd’hui se nourrit de lumière de montagne, de ciel. Ce n’est pas un disque souffreteux sur mes solitudes, pas un disque sur moi, mais sur le milieu où je vis, très inspiré des petites Pyrénées qui sont mon quotidien. Je me rends compte qu’il y a autant de poésie ici qu’à Paris". Un milieu accueillant, puisqu’on est invité d’entrée, avec Accordons. Les joies et les mots simples d’une fête populaire rythmée par les Bandas (ensembles de cuivre régionaux). Ensuite, Dick Annegarn décline toutes les possibilités offertes par le tuba et le cor d’harmonie, deux instruments jusque-là largement mésestimés. Avec la complicité de Barnabé Wiorowski et Jean-Pierre Soulès, ils deviennent orchestre complet, fanfare et même section de violon. Un travail d’exploration tout en épure absolument remarquable.
Une clé dans chaque chansonTout en dissertant sur les joies de la campagne, le "Hollandais chantant" commence alors à céder : "C’est vrai, depuis que je suis installé à Saint Gaudens, je me suis peut-être apaisé un peu. Je n'ai pas fait grand chose, mis à part couper du bois, faire des tours dans la nature, bricoler". Mais ne vous y trompez pas, Dick Annegarn conserve toujours son côté facétieux. Potron-minet, titre aérien à la gloire des levers de soleil, se révèle, après quelques questions, beaucoup plus sexuel. "Le matin, quel homme se lève en toute innocence ?" se justifie-t-il, hilare.
Né en Hollande, élevé en Belgique et résident en France, il conserve de tous ses déplacements ce phrasé incomparable. Une diction, entre "j’ai la bouche pleine de madeleines" et "j’exagère quand j’articule", tout bonnement envoûtante : chaque chanson prend alors un tour inattendu, quasi-surréaliste. D’autant que dans son écriture, Dick Annegarn s’attache autant au son qu’au sens. Il joue avec la texture même des mots. On atteint des sommets avec L’arborescence : une voix, une guitare pour un blues à faire pâlir les musiciens du Delta. Avec L’eau est là, autre perle de ce chapelet, Dick nous parle, toujours simplement, de la pluie. Celle-là même qui rend maussade les habitants du Nord de la Méditerranée, alors qu’au sud, elle est célébrée comme une fête.
Les derniers bluesmen du sud-marocain
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Dick Annegarn s’offusque mais ne se résout pas. Si Plouc marche bien, il sortira tout seul Rways de Tiznit (déjà en écoute sur son très bon site web). Il prépare également la deuxième édition de son festival du Verbe prévu en juin 2005 tout en élaborant un site web pour un jeune slammeur toulousain. Le tout dit d’un ton modeste, comme pour s’excuser de ne pas en faire assez. Au pied des Pyrénées, Dick Annegarn a certes trouvé un plaisir de vivre mais pas le repos. Et on s’en félicite…
Dick Annegarn Plouc (Tôt ou tard) 2004
Ludovic Basque
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