ParisÂ
14/03/2005 -Â
Avec ses dread locks plaquées en arriÚre, la star de Pointe-à -Pitre affiche
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Rfi musique : Vous revenez dans les bacs avec Plézi, une longue et douce ode à la sensualité. Comment avez-vous écrit cet album ?
Patrick Saint-Eloi : Au dĂ©part, je devais enregistrer un best of avec quelques chansons inĂ©dites. Et puis, au fur et Ă mesure, jâai Ă©cris pleins de nouveaux textes. Du coup, je suis entrĂ© en studio pour faire un vĂ©ritable nouvel album. Concernant, les thĂšmes, jâen avais marre de cette image caricaturale que lâon donne de moi avec uniquement ce cĂŽtĂ© lover. MĂȘme si câest pas une critique, je voulais aborder dâautres sujets que lâamour. Depuis que je suis rentrĂ© vivre aux Antilles, je suis davantage en contact avec les gens au quotidien. Sans avoir un discours rĂ©barbatif, je me suis rendu compte quâil y a plein de sujets de sociĂ©tĂ© qui nous prĂ©occupent tous, comme les problĂšmes dâenvironnement. Par exemple, sur le titre Ni assĂ©, je parle des cataclysmes et autres tremblements de terre que nous avons connus. Nous devons rĂ©flĂ©chir ensemble pour trouver des solutions. Car nous sommes tous sur la mĂȘme petite terre et il est important de savoir si chaque habitant de la planĂšte vit correctement dans un certain bonheur. MĂȘme si jâhabite en Guadeloupe, je suis avant tout un citoyen du monde.
Ce dernier album est marqué aussi par la présence de deux compatriotes, le pianiste Ronald Tulle et le DJ Didier Daly. Comment se sont effectuées ces rencontres ?
En ce qui concerne Ronald Tulle, il Ă©tait en concert eu Guadeloupe pour dĂ©fendre son album. Ronald a entendu que jâĂ©tais en studio, il est passĂ© me voir et mâa demandĂ© de jouer sur le titre Anvi vi. Jâai tout de suite acceptĂ©, car ce jeune artiste a un touchĂ© de piano fabuleux. CâĂ©tait pas calculĂ© ! Idem pour, Didier Daly, qui offre un bel alliage ragga-zouk sur la chanson RespĂš. Ce junior est en plein boum. Nous nous sommes rencontrĂ©s lors de lâenregistrement de son propre compact sur lequel jâai participĂ©. Mais surtout, ce DJ sâest fait remarquĂ© dans le film Negâ Marrons de Jean-Claude Flamand Barny, aux cĂŽtĂ©s de Stomy Bugsy et Admiral T. Il incarne Ă merveille le rĂŽle de Silex. Ce gars dĂ©gage beaucoup dâĂ©motions. Ces retrouvailles nâauraient pas pu se faire, si jâavais travaillĂ© en mĂ©tropole. Bien que la musique rapproche les gens, les grosses productions parisiennes ne tiennent pas compte de la dimension humaine. Aux Antilles, les choses se font simplement, naturellement tout en Ă©tant aussi efficaces. Franchement, la rĂ©alisation de mon disque, chez moi, nâa Ă©tĂ© que du bonheur, que du plaisir. Câest pour cela que je lâai titrĂ© ainsi. (rire)
Le zouk tient-il toujours le haut du pavé dans le paysage musical des Antilles françaises ?
Quand vous sortez dans les discothĂšques, le public danse toujours sur le zouk. Câest impensable dâaller dans une boĂźte et de ne pas entendre notre musique ! Par contre, sur les antennes de radios, nous sommes victimes de lâintoxication amĂ©ricaine. La musique anglo-saxonne est diffusĂ©e Ă profusion. Câest grave, sur le plan culturel ! On est en train de nous resservir notre zouk en version r'n'b. Aux Etats-Unis, ils ne savent plus quoi inventer. Alors, ils prennent notre rythme en le travaillant Ă leur sauce avec un gros son. Il faut rĂ©agir. Car, je ne veux pas quâon me vende quelque chose qui mâappartient !
Au regard de votre longue carriĂšre, vous affichez une certaine sĂ©rĂ©nitĂ© aujourdâhui. Vous semblez ĂȘtre dans un autre Ă©tat dâesprit depuis que vous ĂȘtes rentrĂ© en Guadeloupe?
Il nây a pas eu que des bonnes choses dans ma vie dâartiste, mais il faut savoir aller au-delĂ . Maintenant, jâarrive Ă gĂ©rer ma famille et mon travail. Cet Ă©quilibre reprĂ©sente ma rĂ©ussite personnelle. Je nâai pas vu grandir mon fils et jâen ai souffert, car jâĂ©tais tout le temps absent Ă lâĂ©poque de Kassavâ. DĂ©sormais, je mâorganise et je suis en harmonie avec moi-mĂȘme. Câest un choix. Un choix dâhomme qui nâa pas Ă©tĂ© facile mais que jâassume totalement. Jâai passĂ© des annĂ©es Ă courir pour le business, la notoriĂ©tĂ© et le blĂ©. JâĂ©tais mal Ă lâaise. Aujourdâhui, jâai fais une croix sur la gloire, car jâai envie de mener une existence paisible. Câest pour cette raison que jâai Ă©cris Anvi viv, un morceau qui veut simplement dire que jâai envie de vivre.
Alors quelle est désormais la vie de tous les jours de Monsieur Saint-Eloi sur son ßle ?
Je suis un papa poule. Le rĂ©veil sonne Ă 6 heures du matin. Je prend mon petit cafĂ© tout seul sur la terrasse. Jâaime ĂȘtre tranquille au dĂ©but de la journĂ©e. AprĂšs, je rĂ©veille ma fille afin de la prĂ©parer pour aller Ă lâĂ©cole, comme tout un chacun. Ensuite, je mâoccupe de mes affaires. Par exemple, en ce moment, je passe voir les disquaires puisque mon album vient de sortir. Et puis, je vais chercher ma fille quand les classes sont terminĂ©es. Le week-end, nous allons Ă la plage et Ă la pĂȘche. Jâadore pĂȘcher, câest ma thĂ©rapie, mon calmant. En plus, notre congĂ©lateur est toujours plein de bons poissons. Tout le monde est content, surtout mamie !
Daniel Lieuze
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