Chronique album
ParisÂ
22/04/2005 -Â
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Tu nâas pas lâair en forme sur la pochette, câest lâĂąge adulte ?
Sur les autres, jâĂ©tais noyĂ© dans lâenvironnement de la pochette. LĂ , je voulais apparaĂźtre physiquement. Paolo Reversi, un portraitiste trĂšs connu, a fait les photos sans aucun maquillage, avec les seuls Ă©clairages. JâĂ©tais aussi crevĂ© par lâenregistrement. Jâen suis trĂšs content parce quâelle est exactement en phase avec le disque. Plus brut, triste, sans fioriture, avec moins dâhumour et de sĂ©duction que les prĂ©cĂ©dents.
Tu te disais déçu des ventes de lâalbum prĂ©cĂ©dent, comment as-tu envisagĂ© Michel ?
De par ses arrangements, la qualitĂ© des chansons, jâavais tous les moyens de passer au stade supĂ©rieur. Je trouve ça un peu frustrant par rapport Ă dâautres trucs vendus comme Ă©tant de ma famille qui marchent et que je trouve moins bien. Inconsciemment je pense avoir une petite contrariĂ©tĂ©, une aigreur. MĂȘme si jâassume complĂštement 2000, il y avait une sorte de sĂ©duction, comme une fille qui avant dâaller en soirĂ©e, se maquille, met des bas, choisi justement ses vĂȘtements, mais ne rencontre personne. La fois suivante, elle dĂ©cide dây aller comme elle est. Ce disque est plus brut. Je lâassume Ă©normĂ©ment.
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Tu as lâhabitude de voyager pendant la composition. Avant lâAfrique, aujourdâhui lâEurope. A-t-elle eu une influence sur le disque ?
Je ne crois pas. Quâelle soit Ă©crite Ă Melun, Ă Ouagadougou ou Oslo, la chanson est la mĂȘme. Si je pars ce nâest pas pour ramener une couleur locale, mais pour me retrouver en danger. Avec une mission Ă accomplir, celle de faire un nombre dĂ©fini de chansons. MĂȘme Ă Paris, je reste connectĂ© aux diffĂ©rentes communautĂ©s. Je suis tout le temps fourrĂ© dans le quartier japonais, chinois, indien... A nâĂȘtre quâavec des français, jâĂ©touffe.
Entre la pochette et le DVD, lâimage crĂ©e un changement radical dans ta relation au public. As-tu peur de ce changement ?
Sur les disques prĂ©cĂ©dents, jâentretenais un certain mystĂšre, brouillant les pistes avec un personnage plus BD, mis en scĂšne, toujours habillĂ© pareil. LĂ , jâinvite les gens Ă venir chez moi. Câest trĂšs impudique. Jâai trĂšs peur, moins Ă lâĂ©coute du disque que de ce quâils vont voir.
Pascal Bagot
Â
02/10/2002 -Â
13/10/1998 -Â