ParisÂ
29/04/2005 -Â
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RemarquĂ© Ă©galement David El Malek ! Pour son exigence artistique quasi obsessionnelle et un parcours cette fois autodidacte. Un trajet fulgurant hors des conservatoires et autres sentiers balisĂ©s. Car David, câest une toute autre histoire que celle de Baptiste. Câest lâĂ©lectron libre, amoureux fou de la combinaison du quartet, formation de base par excellence en jazz. Il sâagit rappelons-le, de la formule piano, contrebasse, batterie, saxophone. Les albums sâappellent Organza (2001) et Talking Cure (2003), saluĂ©s respectivement par ses confrĂšres Ravi Coltrane et Mark Turner, autre leader de la nouvelle gĂ©nĂ©ration des saxophonistes amĂ©ricains, se rĂ©fĂ©rant Ă Coltrane lui aussi, sans se priver des ambiances feutrĂ©es ou intimes. Grand prix du disque AcadĂ©mie-Charles-Cros avec le trio de Laurent Cocq en 2002, fidĂšle du quintet de Pierre de Bethmann, autre "bĂȘte" du piano, David El-Malek est parti prenante du projet Music from Source avec lâOrchestre National de Lyon. Les mĂ©lodies du folklore israĂ©lien de son enfance nourrisse tout autant son imaginaire que lâĂ©clectisme de sa discothĂšque. Baptiste Trotignon et David El Malek sont les duettistes dâun quartet nouveau, je les rencontre une fin dâaprĂšs-midi Ă Paris, lendemain de concert oblige !
Lorsquâon vous dĂ©couvre ensemble, sur disque ou en concert, on a le sentiment que vous avez toujours jouĂ© ensemble, comment vous ĂȘtes-vous rencontrĂ©s ?
Baptiste Trotignon : En 1997, dans les clubs parisiens.
David El-Malek : Et prĂ©cĂ©demment au SIM (...), mais il ne sâen souvient pas (Ă©clats de rires) au cours dâune jam session, il Ă©tait au piano et je cherchais un pianiste !
Quelle a été ta premiÚre impression ?
DEM : La qualitĂ© de son jeu, la prĂ©cision, le toucher, câĂ©tait plus que ce que lâon entend habituellement dans le jazz. Jâentendais du jazz diffĂ©rent. Son parcours classique lui donne une prĂ©cision technique incroyable... et puis il me fallait quelquâun ! Nous avons fait quelques concerts sous mon nom en 1998, et mĂȘme une maquette, devenue collector, elle nâest jamais sortie ! Un Live au cafĂ© des arts Ă Bordeaux.
BT : Câest vrai que je ne me souviens absolument pas de la premiĂšre fois ! En revanche, je me rappelle trĂšs bien que lâon se croisait pour des jam sessions chez moi Ă la Villette quand jâĂ©tais Ă©tudiant au conservatoire.
DEM : Ce nâĂ©tait pas un hasard, câĂ©tait parfaitement pensĂ© par moi puisque je cherchais Ă monter un quartet !
Est ce que la fréquentation des clubs parisiens a été formatrice ?
BT : Pendant quelques annĂ©es, je suis effectivement beaucoup sorti au Sunset, au Club des Lombards, au Petit Opportun, câest vraiment nos 20/30 ans, pour David aussi. Et puis chacun de nous a dĂ©veloppĂ© ses propres projets et on savait trĂšs bien ce que faisait lâautre.
Dans quelles conditions vous ĂȘtes-vous retrouvĂ©s ou tout du moins trouvĂ©s ?
BT : LâĂ©tĂ© dernier, nous avons Ă©tĂ© invitĂ© sur la tournĂ©e Friends dâAndrĂ© CĂ©carelli (pour ses 60 ans, le batteur a rĂ©uni diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations du jazz, association rĂ©ussie qui a donnĂ© lâalbum Carte blanche), nous avons fait les grands festivals, câest notre tournĂ©e retrouvailles !
DEM : Nous cherchions tous les deux un nouveau projet, nous avons eu lâidĂ©e dâun quartet avec quatre solistes ! Le casting a Ă©tĂ© Ă©vident, nous voulions Darryl Hall Ă la contrebasse et DrĂ© Pallemaerts Ă la batterie.
Vous avez composé cinq morceaux chacun, comment passez-vous de la composition de vos morceaux à la scÚne ?
DEM : Moi, quand je joue, câest au sens propre du jeu musical, câest aussi le plaisir du verbe jouer ! Câest la magie de lâimprovisation sans cesse renouvelĂ©e en jazz !
Ce qui est frappant sur scĂšne, câest lâĂ©nergie qui se dĂ©gage du quartet, extrĂȘmement portĂ© sur la rythmique, câest vraiment trĂšs fort, presque violent parfois !
BT : Je pense quâil y a effectivement une forme de violence proposĂ©e en musique, dans Beethoven ou Bartok, dans le rock. Moi, je le revendique comme un Ă©lĂ©ment important de la crĂ©ativitĂ©.
DEM : Oui, câest le rythme, comme un percussionniste peut parfois donnĂ© un coup de "tam-tam" agressif. Câest charnel, super important.
BT : Thelonious Monk disait que ce nâest pas le batteur qui fait le rythme. Dans ce quartet, nous sommes tous une partie de la rythmique.
DEM : Jâai totalement confiance dans ce quartet.
Nous aussi, David.
Baptiste Trotignon David El Malek (NaĂŻve) 2005
Concert : Carte blanche à Baptiste Trotignon pour les 50 ans de l'ADAMI le 13 mai à Paris pendant le Festival l'Esprit Jazz - Théùtre de l'alliance française.
Valérie Nivelon
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