Chronique album
Paris
20/05/2005 -
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La première surprise, pour les Français, c’est le nom du groupe. "A la base, Karl Tremblay et moi formions un duo spécialisé dans la chanson humoristique : des parodies de chansons western comme il y en a beaucoup au Québec, avec des chanteurs inconnus mais fascinants. Nous nous sommes fait connaître sous le nom de Cowboys Fringants et, quand on s’est demandé si on n’allait pas changer de nom, on s’est dit que ça ne nous empêchait pas de faire ce qu’on voulait ensuite."
Ce qu’ils voulaient ? C’est un mélange de chanson, de country, de rock et de musique traditionnelle québécoise à la puissance dansante énorme, mais aussi porteuse d’une parole politique – "un côté sérieux et un côté plus bon enfant." Car les Cowboys Fringants cumulent l’engagement séparatiste québécois et une solide conscience altermondialiste. Après des années de variétés québécoises dégagées des problèmes politiques, cela marque le retour à un certain engagement. "La chanson politique, la chanson engagée socialement connaît un essor, confirme Jean-François Pauzé, comme dans les années 60-70 avec Félix Leclerc, Robert Charlebois, Gilles Vigneault. Au cours des années 80-90, ce type de chanson s’était un peu éteint, tout comme d’ailleurs le peuple québécois qui était dans un état de latence et laissait faire les politiciens. Actuellement, il y a une espèce d’effervescence politique au Québec, des manifestations très fréquentes, des gens dans la rue, et nous faisons partie de ce mouvement-là."
Gagner le public
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Exemplaire dans son essor, le groupe est aussi exemplaire dans son fonctionnement. Une démocratie ? "Oui. Ça fait dix ans qu’on est ensemble. C’est sûr qu’il y a des petites querelles à l’occasion mais, à la base, on est des amis de longue date. Quand il y a une crise, ça se règle rapidement – et encore plus maintenant que jadis. Nous sommes tous à l’aube des trente ans et il n’y a pas de nuages à l’horizon. Au Québec, on a souvent vu des guerres d’ego conduire certains groupes à leur fin. Chez nous, tout est au beau fixe : même quand on n’a pas de spectacle, on fait des soirées ensemble."
Dans ces conditions, attaquer le vaste marché français, celui qui a fait triomphe à Louise Attaque ou – historiquement – à Renaud, "c’est très, très motivant. Ce qu’on aimait le plus à nos débuts, c’était faire des spectacles devant des salles pas motivées, avec une majorités d’abonnés de la salle, par exemple. Et on finissait toujours par les gagner : à la fin du spectacle, ils dansaient. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vécu ça au Québec : là, notre public est déjà gagné. Maintenant, on va pouvoir refaire ce chemin, on va essayer de gagner les Français à coup de spectacles et de tournées."
Les Cowboys fringants La Grand-messe (Exclaim) 2005
Concert au Zénith de Paris avec Robert Charlebois le 20 mai, 20h00
Bertrand Dicale
29/10/2003 -