Paris
24/05/2005 -
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Si le grain de folie des années 70 ou 80 a disparu, les fins connaisseurs du groupe ne seront cependant pas déroutés par ce style aéré dit "acoustique". D’abord parce que la voix d’Omar Pene, particulièrement bien mise en valeur, est toujours aussi expressive, chaude et profonde. Ensuite parce que le Super Diamono a toujours eu l’habitude d’explorer différents genres et habillages musicaux, du jazz au mbalax, le style vedette au Sénégal depuis le début des années 80, en passant par le blues ou le reggae. Et enfin parce que Myamba, auquel participent des musiciens extérieurs au SD (comme le Camerounais Jules Bikôkô), est la reprise d’une dizaine des... six-cents chansons qui ont jusqu’ici émaillé la carrière du groupe. "Il a fallu faire un choix, un peu comme un entraîneur de foot qui a vingt joueurs et ne peut en disposer que onze sur le terrain. On a du écouter, réfléchir... Je ne sais pas si on a choisi les meilleures... ", commente Omar Pene, toujours aussi peu imbu de lui-même.
La plus connue de ces dix compositions revisitées est sans doute Soweto, devenue aujourd’hui Mandela. Figurant sur l’album People, enregistré en 1987, elle reste l’un des morceaux phares de l’époque où Omar Pene officiait avec les chanteurs Mamadou Maïga et Moussa Ngom. "L’Afrique n’oubliera jamais ceux qui sont tombés à Soweto pour la peau noire qu’ils portent", dit-elle en souvenir du massacre des écoliers de Soweto par le régime de l’apartheid, en 1976. Autre hommage musical réussi, celui rendu au musicien Baila Diagne. "Il est mon père spirituel. C’est à lui qu’on doit l’avènement du Diamono. On vivait chez lui, on y répétait. Aujourd’hui encore, il suit le groupe avec beaucoup d’intérêt et reste le grand frère, le conseiller", explique Omar Pene, fidèle. Mais Baila, c’est surtout celui qui, le premier, a découvert la richesse vocale du leader du SD, au tout début des années 70. Leur rencontre s’est faite par hasard dans le quartier où Omar et ses copains, alors adolescents, avaient pris l’habitude de chanter et de taper sur de vieux bidons pour occuper leurs soirées. Sans son flair et son insistance, Omar Pene n’aurait sans doute jamais quitté les terrains de foot, sa seule passion à l’époque.
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Ce n’est donc que temporairement que le Super Diamono migrera au cours des mois à venir : en juin et juillet prochains, le groupe sera en effet en tournée à travers les Etats-Unis d’Amérique, le Canada et l’Europe. Comme à son habitude, il n’en oubliera pas pour autant son public sénégalais : sa dernière production nationale – l’enregistrement du concert événement qui a marqué ses trente années d’existence, en décembre dernier – continuera pendant ce temps de circuler au Sénégal.
Omar Pene Myamba (Discograph) 2005
Fanny Pigeaud
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